Tandis que les ennuis commencent pour Emmanuel MACRON, désormais attendue sur ses promesses économiques et sa fameuse méthode de gouvernement différencié, c’est le Front national qui se frotte les mains, même s’il ne sera a priori pas le principal parti d’opposition au président élu. Dans tous les cas, il est le parti, qui à « droite » sort le moins cabossé de cette élection, même s’il fait semblant de se remettre en question.
Marine LE PEN qui commence son discours de remerciement en laissant entendre qu’il faut changer le nom du FN… Tant qu’à faire, il serait plus utile qu’elle change son nom et qu’elle prenne celui de son mari. Le père et la nièce qui interviennent pour critiquer la décision. Un coup, c’est pour tout de suite. Un autre, c’est pour après les législatives. Y a pas à dire, ils sont forts pour multiplier les courants et les lignes et que chacun trouve dans ce parti ce qu’il veut.
1ère victoire : 1/3 des voix – 10,6 millions d’électeurs
Il y a encore un plafond de verre qui est incontestable, mais qui petit à petit s’effrite et recule. En 2002, Jean-Marie LE PEN a rencontré un plafond de verre à 4,6 millions de voix. En 2015, aux régionales, le FN a rencontré un plafond de verre à 7 millions de voix. Aujourd’hui, ce plafond est à 10,6 millions d’électeurs et signifie qu’une personne sur trois croisée dans la rue a voté FN ! Peut-être que dans quinze ans, mais le FN, passé de 17 à 34 %, peut l’emporter un jour !
2e victoire : la banalisation du FN
Le FN est au second tour de la présidentielle. Ah oui, on s’y attendait ! On est même déçu parce qu’on pensait qu’il serait en tête et qu’on pourrait encore plus jouer sur l’appel à la terreur. On ne va pas trop faire de concert parce que c’est le risque de perdre un client sur trois. On ne va pas trop manifester parce qu’on se réserve pour l’après, et puis que c’est fatiguant… En quinze ans, la diabolisation du FN n’a amené qu’au doublement des voix du FN qui continue de grossir.
3e victoire : la fin du Front républicain
En 2002, Jean-Marie LE PEN n’avait pas progressé entre le premier et le second tour (il avait juste récupéré les voix de Bruno MÉGRET, autre candidat d’extrême-droite). En 2017, non seulement, il y a eu un accord de gouvernement avec Nicolas DUPONT-AIGNAN, mais des appels au vote d’élus LR, mais surtout un report non négligeable de votes MÉLENCHON. Les électeurs ont surtout compris que la République n’était pas forcément plus du côté de celui qui n’est pas FN.
La vraie victoire du FN est idéologique. Personne n’ose plus s’aventurer sur le terrain des idées qu’il défend ni contester son diagnostic des « oubliés de la mondialisation ». Les Français, en revanche, préfèrent la fuite en avant du libéralisme économique, jusqu’à ce qu’il y ait réellement trop d’oubliés. À défaut que Marine LE PEN ait dédiabolisé le FN, c’est ce qu’on appellera le « Système » qui n’arrive plus à diaboliser ce parti, et c’est ça, le fait nouveau en 2017.

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