À cinq jours du premier tour de l’élection présidentielle 2017, je pense que nous allons nous retrouver avec un second tour Marine LE PEN contre François FILLON ; et j’écris que dans un cas comme dans l’autre, qu’ils seront au dessus de ce que les sondages leur donnent aujourd’hui. En cause, le fameux vote caché, des personnes actuellement encore indécises, qui vont choisir, par élimination précisons-le, FILLON pour l’alternance !
Beaucoup de politistes ne croient pas à l’existence du fameux « vote caché ». Les sondages seraient censés gonfler le score de Marine LE PEN par rapport à ceux qui n’oseraient pas dire qu’ils votent pour elle ; tandis que la population qui ne se prononce qu’à la toute fin, serait proportionnellement similaire à celle qui s’exprime dans les différents sondages. Or, le fait est que la nature des candidatures en 2017 ne peut, selon moi, aboutir qu’au résultat de FILLON.
La campagne de 2017 a pâti d’une couverture médiatique assez hors-sujet. Ainsi aucune dynamique n’a émergé en faveur d’un des candidats les moins médiatisés. Restent donc les cinq candidats représentant prétendument chacun un grand courant politique français : extrême-gauche (MÉLENCHON), gauche (HAMON), centre (MACRON), droite (FILLON) et extrême-droite (LE PEN) avec chacun des forces et des faiblesses qui vont permettre à l’indécis d’éliminer.
Avantages et préjugés sur chaque candidat présidentiable
MÉLENCHON
Avantages : Gauche indépendante
Préjugés : Agressif ; extrémiste
HAMON
Avantages : Frondeur
Préjugés : PS donc héritier du bilan HOLLANDE
MACRON
Avantages : Indépendant
Préjugés : Jeunesse, ancien ministre PS
FILLON
Avantages : Expérience
Préjugés : Affaires, dureté de son programme
LE PEN
Avantages : Seule sur certains positionnements
Préjugés : Absolue, extrémiste
Considérations sur les deux tours de l’élection
Parce qu’il y a deux tours, alors l’électeur ne réagit pas pareil que s’il n’y en avait qu’un seul. Le vote caché intègre que Marine LE PEN sera au deuxième tour de l’élection et qu’il va donc falloir choisir le « moins pire » à placer face à elle. Dans le cas où il n’y aurait qu’un seul tour, on pourrait alors imaginer soit que les votes extrêmes se rassemblent et se renforcent autour du mieux placé. Soit que les faux-extrêmes aient peur, et qu’ils se rallient à des candidats plus modérés.
(1) Sur le rejet du vote extrême
Le choix de maintenir une élection à deux tours est justement faite pour empêcher les extrêmes d’arriver au pouvoir, ce qu’ils pourraient très bien faire autrement dans une élection à un tour, comme celle des européennes. Mais pour que cela fonctionne, il faut encore que ce ne soient pas deux extrêmes qui se qualifient au second tour. MÉLENCHON, qui ne fera pas autant que ce que les sondages lui donnent, échouera pour ne pas risquer une victoire possible du FN.
(2) Sur l’impact de la volonté d’alternance
Dans l’isoloir, l’électeur n’est plus lui-même. Il est pris de bouffées d’angoisse. Il sait que sa voix peut écrire l’Histoire, et il se rêve acteur politique. La gauche a foiré son mandat 2012 – 2017, a minima sur le sujet de l’économie. Parce que le Français est impatient et qu’il n’a pas obtenu ses résultats tout de suite, alors une minorité décisive va rejeter tout ce qui porte une étiquette « PS » ou « gauche » notamment HAMON, mais aussi et indirectement MACRON et MÉLENCHON…
(3) Sur le privilège de l’âge et de l’expérience
Les Français n’aiment pas recevoir de leçons par plus jeune qu’eux. Le Français moyen a 41 ans quand MACRON en a 39 ; et il ne fut pas oublier que l’âge moyen des électeurs est largement au dessus puisque tous les jeunes de 0 à 18 ans sont oubliés. Ensuite, qui est le plus crédible face à TRUMP et POUTINE ? Un gringalet, ministre de l’Économie deux ans, aux résultats mitigés ; ou un ancien Premier ministre pendant 5 ans qui a eu à gérer d’importants dossiers (lesquelles ?)
Par élimination (rejet d’un vote extrême, rejet de la gauche au pouvoir, choix privilégié de l’expérience) et parce qu’il n’y a qu’un seul tour, j’affirme que le vote des indécis ne peut donc que se porter sur François FILLON. Ce ne sera toujours pas un vote d’adhésion, mais le vote pour le candidat le moins pire, et à cause de cette pratique, la popularité du président élu chutera dès qu’il essaiera de mettre en place son programme et les mêmes hurleront à la trahison…

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