Rappelez-vous de Jean-Christophe CAMBADÉLIS, premier secrétaire du Parti socialiste (PS) qui promettait d’exclure les ralliés à MACRON… Aujourd’hui, même Manuel VALLS devrait rejoindre MACRON et toujours pas de réactions de la part du PS. C’est la fin du cycle d’Épinay de 1971 qui unifiait les socialistes : il n’avait pour d’autre but que de donner le pouvoir aux sociaux-démocrates et sociaux-libéraux sur le dos de la gauche.
La primaire de 2017 représente la première fois dans l’histoire récente du PS que les socialistes sont majoritaires sur les sociaux-démocrates et les sociaux-libéraux. Sauf que quand ces socialistes (qui pesaient jusque environ 40 %) perdaient un congrès face à l’union de ces des autres gauches, ils s’écrasaient et soutenaient. Or, à l’inverse, quand pour la première fois, ces deux gauches perdent, elles ne jouent pas le jeu. Pire, elles ne l’auraient en fait jamais joué…
En 2016, le PS n’aurait plus compté que 42 300 adhérents à jour de cotisation. Soit environ 1 par commune de France. Mais en regardant bien ces adhérents, et je ne parlerais que de la huitaine de ceux qui sont dans ma ville, combien d’ouvriers, combien d’employés, combien de ces gens pour qui le socialisme de Jules GUESDE, d’Auguste BLANQUI, de Louis BLANC, de Jean ALLEMANE et de Jean JAURÈS signifie encore et vraiment quelque chose ? Pas beaucoup…
Le socialisme n’a toujours été qu’une réserve de voix que François MITTERRAND savait nécessaire d’extraire de l’emprise de l’extrême-gauche pour permettre à la gauche de l’emporter dans des configurations politiques bien précises. Les vrais socialistes ont adhéré par intérêt d’obtenir le pouvoir sans réellement pouvoir l’influencer. Seuls Jean-Pierre CHEVÈNEMENT et Michel ROCARD auront réussi à infuser quelques idées socialistes…
Or, c’est grâce à ces deux hommes uniquement que le PS a tenu aussi longtemps ; les électeurs restant dans l’espoir de nouvelles mesures aussi symboliques que l’abolition de la peine de mort, la retraite à 60 ans, l’ISF, les 39 heures, la cinquième semaine de congés payés pour tous, le RMI et la CSG. Des mesures obtenues grâce au CERES (le Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste) de CHEVÈNEMENT ou au PSU (Parti socialiste unifié) de ROCARD…
Mais la gauche s’est pervertie avec Lionel JOSPIN qui a fait rentrer tous ses copains trotskystes au PS, avec le soutien de MITTERRAND qui ne faisait cela que pour emmerder les communistes en les vidant de leur jeunesse et la gauche socialiste qui se retrouvait dépassée sur sa gauche. Ces bourgeois révolutionnaires qui se sont emparés de tous les postes à responsabilités au PS, soutenant in fine le libéralisme, pour se distinguer et obtenir des résultats de court terme.
Aujourd’hui, la vraie gauche socialiste, celle de HAMON, de LIENEMANN de feu EMMANUELLI veut se débarrasser des anciens de l’OCI, de cette génération CAMBADÉLIS, qui continue de la droitiser. Mais se sachant condamné à brève échéance, on coule le PS. On fait fuir les sociaux-démocrates et les sociaux-libéraux à qui on explique que l’avenir est au centre. Et comme ils sont majoritaires parmi les adhérents, alors le bateau chavire, sabordé par ses dirigeants.
Pendant 46 ans, les socialistes ont été les idiots utiles du PS. Ceux pour les idées desquelles la gauche votait, mais qui n’avait pas les moyens de mettre en place toutes leurs mesures. Aujourd’hui, il n’y a plus besoin d’eux : face à la montée de l’extrême-droite, les bienpensants de tous bords ont réussi à faire croire que c’est la réunion de la gauche et de la droite au centre qui permettrait de l’emporter. Quelle bande de cons, toujours à raisonner à court terme !
Non, la guerre des fronts que MÉLENCHON a tenté de mener ne l’emportera pas. Non, le front républicain ne vaincra pas le Front national et le paysage politique français ne redeviendra pas gauche/droite après une éventuelle victoire. Mais feignons de le croire, pendant ce temps, les socialistes accepteraient de sacrifier leurs idées et leurs idéaux sur l’autel de tout sauf le FN. sauf qu’aujourd’hui, qui défend les valeurs du socialisme : de plus en plus le parti des LE PEN.
Les socialistes ne peuvent pas gagner tant qu’il n’y a pas la révolution mondiale qu’ils appellent, que l’immigration ne cesse pas parce que le bonheur socialiste fait que les gens restent dans leur pays d’origine pour le vivre. Alors, ils acceptent des compromis et en fait se compromettent. Exclure Manuel VALLS du PS n’est pas un compromis, c’est une nécessité. Changer la direction du PS (et il aurait fallu le faire avant les élections) est autant nécessaire.
MÉLENCHON est sur le point de donner le coup de grâce au PS. Mais là où il a tort est de s’attendre à ce que les socialistes orphelins le rejoignent après l’implosion du PS. Car les vrais socialistes ne se rassembleront plus autour de personnes mais de programmes et d’idées, et ils se diviseront en tant de partis que de courants socialistes… En fait, nous revenons à la division politique de la IIIe République sans l’espoir d’un grand soir. Bref, dans des temps incertains…
La gauche ne pourra alors plus accéder au pouvoir autrement que dans le cadre d’un parti centriste, un parti qui se dira radical-socialiste pour défendre une lignée historique. Mais une gauche qui ne sera plus socialiste. Le socialisme est en danger de mort, parce que l’URSS est morte et qu’il a échoué partout. Qu’il se réforme, il ne sera jamais majoritaire par lui-même car il ne l’a jamais été. Alors qui, qui pour défendre les intérêts des plus faibles et l’égalité ?


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