Ce dimanche 12 mars 2017, le ministre turc des Affaires étrangères est venu tenir une réunion publique à Metz pour appeler les Turcs expatriés à voter pour la réforme constitutionnelle qui voudrait présidentialiser le régime du président ERDOGAN. Alors la France doit-elle accepter des meetings de politique étrangère sur notre sol ? Et pourquoi la France n’a-t-elle pas réagi quand les Pays-Bas et l’Allemagne ont été traités de nazis ?
Rappelez-vous des élections tunisiennes de 2011. Les Tunisiens expatriés en France avaient placé le parti islamiste Ennahda en tête de leurs résultats (environ 33 %), ce qui m’interroge sur leur sentiment d’intégration en France. Je pense que les 700 000 Turcs vivant en France, même s’ils ne sont que 70 000 électeurs, choisiront largement ERDOGAN, avec d’autant plus de facilité qu’ils ne vivent pas en Turquie donc qu’ils ne subiront pas l’application directe de cette réforme.
La Réforme du président ERDOGAN fait suite au coup d’État manqué (?) du 15 juillet 2016. Elle veut renforcer les pouvoirs du président en plaçant les élections législatives tous les cinq ans (au lieu de quatre) pour élire 600 députés (au lieu de 550). Il n’y aurait plus de Premier ministre mais des vices-présidents. Le président pourrait nommer et révoquer ses ministres, promulguer des décrets et déclarer l’état d’urgence. La Justice ne serait plus indépendante puisque le président nommerait certains haut-juges et procureurs.
La liberté de réunion
La République garantit la liberté de réunion. Potentiellement celle des associations de Turcs qui peuvent se réunir pour dire que ERDOGAN est génial mais qu’ils ne retourneront quand même pas vivre dans son pays parce qu’il y a quand même plus de libertés en France. Mais nous n’avons pas à accepter la venue de représentants gouvernementaux étrangers qui viennent faire leur campagne politique nationale en France, pour des raisons de souveraineté politique !
La liberté d’expression
La France a des règles en matière de liberté d’expression. Les Turcs ont le droit de s’exprimer, mais pas d’enfreindre la Loi. Quand le ministre Turc des Affaires étrangères commence en disant que les Pays-Bas sont des nazis, alors la France doit porter plainte et condamner ces propos. Mais elle ne le fera pas parce qu’elle a trop peur que la Turquie dise : merci à l’UE pour vos six milliards d’euros mais on n’a plus envie d’empêcher les migrants syriens de venir chez vous…
Aucune solidarité européenne
Voilà bien la preuve que l’UE n’est qu’une machine économique et financière qui est nulle au niveau politique notamment diplomatique. Parce que l’Allemagne et les Pays-Bas ont été insultés, alors nous aurions dû rappeler nos principes républicains d’ouverture, parmi lesquels ne figure pas la soumission, et donc refuser d’accueillir les émissaires turcs. Mais comme derrière la « Sublime porte » se tiennent plusieurs millions de migrants qui ne demandent qu’à entrer…
La France peut autoriser des meetings pro-ERDOGAN tant qu’ils respectent les lois républicaines. Les Turcs semblent incapables de les respecter (si on ne les aime pas, et je ne les aime pas, alors je suis un nazi), donc mesure de précaution, on les refoule. Et puis la frontière pour limiter l’entrée des migrants, on la met en Grèce et en Bulgarie et on évite de donner 6 milliards € pour que les migrants n’arrivent plus en Europe que par petites vagues successives.

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