Je suis très partagé par le fait d’avoir rendu public les parrainages d’élus à l’élection présidentielle. Je trouve normal et transparent que les électeurs puissent savoir qui leur élu a parrainé mais j’aurais préféré que ce soit les parrains qui l’annoncent et pas qu’ils soient forcés par une loi. D’autant que cette loi n’a été prise que pour mettre la pression sur certains élus partisans et empêcher certains candidats d’avoir leurs 500 signatures…
À une semaine de la clôture du dépôt des parrainages, c’est très mal parti pour Michèle ALLIOT-MARIE, Bastien FAUDOT (MRC – Chevènementiste), Jean-Pierre GORGES, Henri GUAINO, Alexandre JARDIN, Pierre LARROUTUROU, Jean LASSALLE, Charlotte MARCHANDISE, Philippe POUTOU (NPA), Didier TAUZIN, Christian TROADEC ou Rama YADE, pour ne citer que ceux qui, je l’estime, auraient eu leur place dans cette élection parce qu’ils disent quelque chose.
Un faux problème
Lorsqu’on regarde qui parraine habituellement les candidats qui font moins de 5 %, ce sont essentiellement les maires des petites communes de moins de 1500 habitants. Quand on regarde depuis cette loi qui parraine ces petits candidats, ce sont encore et toujours ces mêmes maires non encartés, à la tête de petites villes. Sauf que dans le lot de ceux qui avaient une étiquette ou étaient apparentés, il est probable que ce soient eux qui rechignent désormais à parrainer.
L’excuse des maires
Quand on s’étonne des qualifications de personnes comme Jacques CHEMINADE ou François ASSELINEAU et que les médias vont interroger les parrains, la réponse est toujours la même : c’est pour faire vivre la démocratie qu’ils soutiennent les « petits candidats ». Mais quand on regarde bien qui sont ces maires, ils ne sont majoritairement pas encartés donc n’ont pas la pression d’un parti, qui s’exprime sinon en province au niveau de la communauté de communes.
Renforcer toujours plus le contrôle des partis
Les partis deviennent de plus en plus des machines à sous totalitaires qui ne supportent pas les décisions locales qui ne viennent pas du haut. FILLON est à plus de 2000 parrainages, quand il lui en faut 500. Mais en ne demandant pas d’arrêter, il veut montrer qu’il peut en avoir le plus, et renforcer l’allégeance des élus LR. L’élu LR qui ne parraine pas FILLON devient suspect ! L’élu LR qui parraine un autre que LR est un traître ! Donc le parti n’est plus ouvert ni démocratique.
Ce que les partis politiques ne comprennent désespérément pas avec cette stratégie de pressions est qu’au lieu de ramener des voix des candidats qui ne peuvent pas se présenter, ils augmentent l’abstention et le rejet du système électoral français. Or aujourd’hui, il n’y a plus qu’un grand parti qui est capable d’aller chercher les abstentionnistes : c’est le Front national parce qu’il propose une rupture, et que les gens veulent la rupture pour renverser la table !

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