Les jours et les débats se ressemblent et se suivent ; la campagne socialiste est toujours aussi ennuyeuse. Comme seul projet de société, les candidats proposent la légalisation du cannabis, l’abolition de l’article 49 aliéna 3 de la Constitution ou encore le revenu universel minimum. Faut-il donc que la gauche soit si persuadée de sa défaite pour qu’elle ne remette pas le social au cœur de sa campagne ? Croient-ils relever ainsi la France ?
Passé le premier débat qui a permis aux Français qui ne s’intéressent globalement pas à la politique de découvrir les différents candidats de MONTEBOURG et sa marinière à PEILLON et ses rythmes scolaires, que les Français semblent avoir oublié après deux ans, il n’y en a que pour VALLS. Car cette primaire est en fait un plébiscite pour ou contre VALLS qui pour se racheter, surfe sur l’actualité et renie une bonne partie de ce qu’il a fait pendant deux ans et demi…
La prostitution de la gauche est saisissante ! La majorité des élus de gauche choisissent VALLS car ils se disent qu’il est le seul à pouvoir sauver la machine socialiste (donc leur réélection et leurs places financées). Peu importe que VALLS soit celui à cause de qui la gauche a perdu la plupart des élections, de son comportement trop sécuritaire quand il était à l’Intérieur, à son comportement anti-démocratique et pro-libéral quand il est arrivé à Matignon.
Jamais MACRON ou MÉLENCHON ne se rallieront. Ils sont sur de trop bons créneaux qui certes ne leur permettent pas d’accéder au second tour d’une présidentielle face à des familles politiques rassemblées. Mais leur donnent de peser sur le reste de la vie politique française, faiseurs de rois indispensables à un camp comme à l’autre pour l’emporter. Ils sont visibles, ils ont des fans, ils ne s’abîment pas dans l’exercice du pouvoir qu’ils ne cherchent pas en réalité.
La primaire est un cirque. Les trois figurants cherchent à se distinguer comme ils le peuvent. BENHAMIAS fait le show. DE RUGY s’humilie en réclamant une écologie que la gauche a ignorée alors qu’elle est en place. PINEL demande plus d’Europe quand les Français n’en veulent plus. Restent les quatre qui peuvent l’emporter et qui sont désormais au centre de l’attention collective, valant plus par leurs égos que par la crédibilité de leurs programmes infinançables…
Le parti du président n’a même plus 100 000 adhérents. Ils ne doutent cependant pas d’arriver à tenir tous les bureaux de votes ce dimanche. Et pourtant, on ne croirait pas que la gauche est encore au pouvoir. Mais là où un OBAMA abat ses dernières cartes, HOLLANDE achève de renoncer à ce pourquoi il a été élu. Et comment pourrait-il faire autrement ? Son programme était condamné d’avance, comme l’était déjà celui de MITTERRAND en 1981…
La Belle alliance populaire autour du PS n’aura pas fait long feu. Le « peuple » est parti au Front national. La gauche n’est plus composée que de petits bourgeois qui prennent des positions pour se donner bonne conscience. À l’heure où les voisins choisissent le populisme, nous n’en tirons aucune leçon et restons à demander que l’Allemagne paie la facture. La primaire de gauche sera un échec parce que la gauche elle-même est en échec depuis des décennies.
Jusque-là, elle profitait d’une alternance gauche-droite qui l’amenait au pouvoir quand la droite avait fini de faire trop de bêtises. Désormais, c’est le Front national qui occupe cette place de numéro deux, et la rupture en trois courants de gauche n’est pas pour arranger les choses. François MITTERRAND par son charisme était parvenu à rassembler la gauche. Il manque un François MITTERRAND à la gauche moderne pour se rassembler et il n’est pas encore arrivé.

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