Tout cela pour ça ! Je pensais avoir affaire à une audience de fond pour me défendre des chefs d’accusation de diffamation imputés par le maire de Savigny, et je me retrouve à une audience de procédure pour savoir combien gagne MEHLHORN, combien il paye d’impôts et combien le Tribunal lui impose de montant de consignation pour se constituer partie civile dans l’affaire qui nous oppose. Bref, rendez-vous le 14 mars 2017 !
Or, le 14 mars 2017, je n’aurais pas plus l’occasion de plaider ou de me défendre car ce sera le jour où le Tribunal vérifiera que MEHLHORN a bien versé sa consignation de 4000 € (il doit le faire avant le 28 février), et ensuite seulement une audience de comparution sera fixée soit dans environ six mois, pile au moment des élections législatives, ce sera bon pour ma communication.
Tout avait pourtant bien ou trop bien commencé. J’arrivais largement en avance muni de mes neuf pièces jointes dans un dossier rouge, que je tends naïvement à l’avocat de MEHLHORN (qui heureusement ne les a pas prises, mais qui après me les a redemandées…). Or, celui-ci me dit qu’on ne plaidera pas aujourd’hui… Je découvre !
Il est moins de 13 heures lorsque j’entre dans la Cinquième chambre correctionnelle. Petit à petit, la chambre se remplit. Bien qu’inscrit en quatorzième et dernière place du rôle, je suis invité par l’huissier d’audience à me présenter devant elle, ce qui me fait bondir à la deuxième place. Vers 13 heures 27, c’est au tour d’Éric MEHLHORN d’arriver, accompagné de son avocat et de son fidèle Alexis TEILLET. Incroyable, il est là, en chair et en os, il a bien fait le déplacement !
La première affaire est expédiée. MEHLHORN est alors appelé à s’avancer, d’abord la partie civile. Puis c’est mon tour. Éric MEHLHORN est à ma droite tandis que je suis à la barre. On décline les faits qui me sont reprochés. Puis le président du tribunal demande à MEHLHORN combien il gagne et s’étonne qu’il n’ait pas apporté d’avis d’imposition. L’avocat déclare que MEHLHORN gagne 5600 € par mois. Dans la salle, j’entends tout à coup doucement « Menteur ».
Effectivement, même en prenant les sommes en net, MEHLHORN doit gagner plus que 5600 € et je m’en étonnerai publiquement par courrier devant le président du Tribunal. Le maire de Savigny perçoit en brut 3014,17 € par mois, puis 3459 € en tant que vice-président du Conseil départemental de l’Essonne, puis 1254,46 € en tant que vice-président du GOSB (intercommunalité) et 957,97 € en tant que conseiller métropolitain. Donc il doit même écrêter !
Surprise, à la sortie, je tombe sur un avocat parisien qui est là pour une autre affaire et qui ouvre spontanément la conversation après avoir entendu lecture de mes chefs d’accusation. Il me dit que le président du Tribunal ne doit pas réellement croire qu’il y a diffamation parce que la somme de 4000 € de consignation est très importante. Il m’apprend que j’aurais pu faire offre de preuve, c’est à dire prouver la véracité des faits que j’avance, dans les dix jours…
Je ne le savais pas ; c’est bête. Il appelle un collègue pour vérifier. Il me dit qu’il a traité beaucoup d’affaires de diffamation, et que peut-être, même avec l’aide juridictionnelle, il pourrait me donner un coup de main… Qu’il a plaidé dans l’affaire Urba (une affaire de financement occulte du PS grâce aux entreprises de BTP). Bref, je crois comprendre que ma situation l’a « ému » ; à voir s’il est vraiment prêt à travailler à perte avec moi, car je serai un très mauvais client.
Bref, il jette un coup d’œil très rapide à mon dossier, et me dit que la bonne foi se plaide car il ne trouve rien de diffamatoire de prime abord. Dans le doute, j’ai gardé sa carte car il était vraiment très avenant. Sortent en même temps que moi quelques Saviniens venus pour me soutenir notamment deux membres du collectif Sauvons l’enfance de Savigny, ou l’ancien 1er maire-adjoint Bernard MÉRIGOT. Merci aussi à tous ceux qui m’ont témoigné leur amitié ce jour !




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