Puisque François FILLON a gagné la primaire de la droite et du centre, alors François BAYROU fait savoir qu’il n’est pas tout à fait d’accord avec les idées du premier. Bref, il envisage une candidature dissidente pour porter la voix du centre face à un programme très voire trop à droite. Mais qu’on arrête donc de se mentir, François BAYROU n’a jamais rien fait pour le centre (si, il a tué l’UDF) , et n’a toujours œuvré que pour lui-même.
Inévitablement, on ramène toujours BAYROU au troisième homme de la présidentielle de 2007 en se disant qu’il aurait pu être quelqu’un d’important. Mais ce haut score de circonstance (18,57 %) n’est que la conséquence d’un rejet des deux principaux candidats et non la volonté de porter un centriste au pouvoir. Rappelons encore que François BAYROU aurait dû être le Premier ministre de Ségolène ROYAL s’il avait appelé à voter pour elle et l’avait fait gagner.
BAYROU et l’UDF
BAYROU prend la tête de l’UDF en 1998. La fédération de partis centristes s’est pris une grosse claque aux législatives de 1997 (de 196 sièges à 112) et ne peut plus attendre que 2002. Sauf que BAYROU veut absolument aller à la présidentielle tandis que de nombreuses personnalités de son parti préfèrent soutenir CHIRAC. Moyennant quoi, le parti se divise, ne prépare pas les législatives, prend la claque LE PEN de plein fouet et se retrouve avec 27 sièges en 2002 (- 85).
Sur la présidentielle de 2007
Mais pourquoi BAYROU s’est-il refusé de soutenir un quelconque candidat au deuxième tour ? parce son égo surdimensionné lui dit que ce sera son tour en 2012 et qu’il n’a donc pas intérêt à se compromettre avec l’un ou l’autre. C’est donc la fondation du MODEM qui essaie de rassembler jusqu’aux écologistes mais dont la seule vocation est de porter BAYROU au pouvoir. Or, pendant ce temps, le reste du centre se forme en « Nouveau centre » et va soutenir SARKOZY.
D’échecs en échecs
BAYROU navigue alors dans l’opposition. Il vogue trop à gauche et perd ses soutiens de droite. Alors il redresse la barre mais perd ses soutiens écologistes. Il ne peut plus compter que sur les 3 % de vrais centristes. Bref, il perd ses élus dans les régions, à l’Europe, et même à l’Assemblée où il ne réussit plus à rentrer après avoir soutenu la gauche en 2012 par haine de SARKOZY. Alors il s’allie à la droite et regagne dans les villes et les départements. Mais à quel prix ?
Le centre en 2016
Restent quelques groupies qui croient encore que BAYROU est l’homme providentiel. Mais depuis 2012, les voix du centre sont absorbés par la nouvelle fédération UDI qui concurrence et écrase le MODEM. Mais elle aussi reposait sur la personnalité de Jean-Louis BORLOO, tout comme l’UDF originelle tenait grâce à Valéry GISCARD D’ESTAING puis Raymond BARRE. Finalement, sans accords électoraux avec la droite, le centre ne pèse rien dans le système.
Le dernier acte
BAYROU a pris conscience qu’il était impopulaire paradoxalement après avoir repris la mairie de Pau en 2014. Il espère encore mais ne se fait plus trop d’illusions, et JUPPÉ était la bonne excuse pour ne plus y aller et vivre sur ses beaux restes. Alors le Béarnais menace, mais au contraire de 2012, le PS ne soutiendra pas celui qui pourrait prendre des voix à son candidat (en 2012, il en prenait à SARKOZY). Réussira-t-il donc à obtenir ses 500 signatures ?
Le MODEM est un parti moribond ; il n’a quasiment plus d’élus et de très rares militants qui souvent s’y sont placés pour bénéficier des accords partisans. BAYROU a même été abandonné par son fidèle Jean LASALLE qui fait cavalier seul pour la présidentielle. Si on compare le centre de 1998 et le centre de 2016, on ne peut plus observer que les ruines laissées par la frénésie opportuniste de BAYROU. L’avenir du centre est-il avec MACRON ? En tout cas, sans BAYROU.

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