Brexit, TRUMP, FILLON… Existe-t-il une stratégie de manipulation des masses qui consiste à nous expliquer que la majorité pense telle chose pour qu’on la suive ? En toute honnêteté, je ne le pense pas car le secret de l’isoloir fait qu’il n’est pas possible de tracer le vote des uns et des autres. Après, je trouve malgré tout détestable les moutons qui prennent prétexte des sondages à un instant t, pour suivre le camp alors majoritaire.
Je vais donc me faire le temps d’un article le défenseur des sondages, outils de travail journalistiques, qui sont souvent mal utilisés car présentés comme des vérités absolues. Avec une pensée spéciale dans le cas de la primaire de la droite et du centre pour tous les élus locaux qui ont pris position pour JUPPÉ pensant qu’il serait leur champion dès le premier tour. Bref, à tous les opportunistes visant des places à l’aide d’un pari qui n’avait alors rien d’osé.
Les sondages présentent des dynamiques ou des tendances et non des scores
Oui, aucun sondage n’avait placé Jean-Marie LE PEN à 17 % au premier tour de la présidentielle de 2002. Mais il était passé de 11,5 à 14,5 % les dernières semaines soit une dynamique ascendante, tandis que JOSPIN passait de 19 à 17 %. Pour la primaire, FILLON est passé de 10 % à 19 % tandis que JUPPÉ diminuait de 36 % à 29 %. Le FN l’a compris en axant ses thématiques de campagne et ses sorties médiatiques en fonction des sujets qui font l’actualité en tendance.
Les sondeurs ne renouvellent pas assez leurs panels
Une faiblesse du journalisme est de trop souvent faire appel aux mêmes sources pour gagner du temps. Je crains que les sondeurs ne se limitent trop souvent aux mêmes panels qui ne sont plus représentatifs car dépassés par les évolutions du temps. Mais il ne faut pas non plus nier que les gens mentent aux sondeurs ! Il est plus facile politiquement de dire qu’on soutient CLINTON ou JUPPÉ, mais dans l’isoloir dans l’urne, à l’abri des regards, je fais ce que je veux…
Une inévitable politisation
Comme en journalisme, la question est toujours orientée donc la réponse ne peut pas être aussi objective et manipulable qu’on voudrait pour la réutiliser. Par exemple, dire qu’on est favorable à JUPPÉ ne veut pas dire qu’on va voter pour lui. Il ne faut pas ignorer la politisation des instituts : IPSOS ou la Sofres sont à gauche, Odoxa, au centre-gauche. l’IFOP largement à droite, Donc il faut corriger ensuite mécaniquement en tenant compte de la marge d’erreur.
Moi-même, je garde de la distance avec les sondages parce qu’en tant que politique, je ne suis jamais prix en compte alors que je réalise des petits scores qui se révèlent non négligeables. Ensuite, parce que je vote en fonction de mes idées et non pas pour éviter de paraître ridicule en soutenant tel ou tel autre. Et pourtant, nous les aimons ces chiffres, les écouter en boucle, les écouter commenter et décrypter, trahi et instrumenté, parce qu’ils parlent de nous…


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