À la suite du décès de Fidel CASTRO, trois types de réactions vont se faire entendre dans les prochains jours qui relèveront trop souvent de l’absolu : ceux qui défendront toute l’action du Comandante, ceux qui la condamneront unanimement, et ceux qui feindront de croire que Cuba est redevenu libre. Au travers de cet article, je rappellerais simplement les avancées réelles permises par le Lider Màximo à la fin des années 1950.
Bien sûr, on ne peut pas justifier les dizaines voire les centaines de milliers de morts du régime castriste. Mais il faut quand même regarder ce qu’était Cuba avant la Révolution de Fidel, ce dont le film du Parrain 2 donne une idée assez réaliste : la prostituée des États-Unis. Un pays corrompu, volontairement maintenu dans la pauvreté et l’illettrisme dans lequel les habitants étaient exploités, avec la complicité de l’État, pat les compagnies américaines ou la mafia.
Qu’a vraiment fait Fidel CASTRO en arrivant au pouvoir ?
Il a fait juger et condamner les traîtres qui avaient livré le pays aux Américains. Il a nationalisé les compagnies américaines, qui spoliaient le pays en s’étant appropriées les ressources énergétiques. II a réalisé une réforme agraire puis redistribué les terres. Il a rendu l’accès aux soins gratuit et financé un système de formation des médecins. Il a mené des campagnes contre l’alphabétisation en envoyant des professeurs dans les montagnes et les campagnes.
Un modèle voué à l’échec : des dépenses mais pas de recettes
La révolution a aussi permis le développement d’organes de démocratie locale, qui se sont très vite enrayés, dès que l’économie n’est plus allée. Dès que l’argent des nationalisations a été dilapidé et puisque la santé et l’éducation étaient offertes sans compensation par des impôts ou une sécurité sociale, les gens ont commencé à se plaindre et à ne plus vouloir élire de délégués du Peuple pro-CASTRO, qui ont alors été imposés par la force, et maintenus depuis.
URSS et affiliation au communisme : une géopolitique logique
À partir de là, CASTRO se sachant menacé a développé une dictature, et a fait le choix de s’inféoder à l’URSS pour tenir. Parce qu’il s’était attaqué au géant américain, alors l’Occident l’a diabolisé. Mais s’il n’y a aucune raison de justifier le sang sur les mains de CASTRO, il n’y a pas plus de raison de ne pas dénoncer la colonisation américaine à Cuba, et de reconnaître, que communisme ou pas, les conditions de vie basique des Cubains se sont améliorées grâce à lui.
Sincèrement, qu’on arrête de crier à l’irrespect des droits de l’Homme et du citoyen en Russie ou à Cuba, parce qu’en France, ça régresse franchement dans l’indifférence générale. De nos jours, des scientifiques cubains viennent encore nous faire profiter de leurs compétences, grâce à ce régime qui oui, maintient trop de gens dans la pauvreté, mais investit pour la recherche et la santé et forme certains des meilleurs spécialistes mondiaux (cancérologie, ophtalmologie…).
Je ne sais pas s’il faut se réjouir de la mort de Fidel CASTRO. Je ne suis pas certain que le pourrissement annoncé de l’île par le libéralisme soit une si bonne nouvelle… J’ai la faiblesse de penser que les populations vont rester aussi pauvres tandis que les acquis sociaux de la santé, du logement et partiellement de l’emploi vont quant à eux régresser. Mais on s’en fout ; tant que nos touristes pourront aller faire les beaux au soleil, un peu comme dans les années 1950.

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