Chaque année, de plus en plus d’adultes demandent à recevoir les sacrements chrétiens (baptême, confirmation, eucharistie). Malheureusement, le nombre d’accompagnateurs pour les aider à cheminer ne connaît pas la même évolution, d’autant qu’il y a de moins en moins de chrétiens pratiquants. Bref, comment faire pour continuer à assurer correctement un service d’Église, tout en veillant à la qualité des accompagnements ?
Dans l’idéal, il faudrait deux accompagnateurs pour un accompagné. Dans la réalité, on est parfois à un seul accompagnateur pour un groupe de trois… Ensuite, il faut essayer de réunir des profils de personnes qui partagent des points communs par rapport à l’âge, aux études ou à la profession, voire même à la sensibilité spirituelle. D’où le discernement en équipe d’accompagnateurs avant de confier quiconque à qui que ce soit. Mais quelle difficulté !
Car si nous accueillons les catéchumènes tels qu’ils se présentent, leur trouver des accompagnateurs relève du défi. Par exemple, nous accueillons beaucoup de jeunes dont les parents ont préféré attendre qu’ils attendent l’âge adulte pour choisir leur religion. Sauf que dans l’Église, il n’y a pas pléthore de jeunes adultes disponibles pour les accompagner, et que les anciens catéchumènes (néophytes) qui sont des jeunes chrétiens ne restent pas toujours.
On pourrait malgré tout se dire que les églises sont encore suffisamment pleines pour trouver les personnes qui font défaut dans beaucoup de secteurs pastoraux. Mais c’est faux à cause de la faible disponibilité des gens, de l’effort de formation nécessaire pour exercer ce ministère, et plus que tout des convictions qu’il faut assurer, en vue de la remise en doute personnelle ou de l’évolution de son cheminement que provoquera l’accompagnement d’une autre personne.
Je ne parle pas de la difficulté d’accompagner une personne qui ne parle pas français (même si le portugais est plus facile à traduire que le tamoul). Passons également rapidement sur les situations d’accompagnement que l’on évite de créer comme celles qui mettent un accompagnateur homme avec une accompagnée femme parce que parfois, ils font des bébés (j’ai connu). Pareillement, on évitera les accompagnements à l’intérieur d’une même famille.
Je crois qu’une des principales missions du chrétien est l’évangélisation. Non pas à la manière des croisades : on te tue si tu ne te convertis pas ; parce qu’au bout de 2000 ans, on a fini par comprendre le principe de « résistance de l’esprit » décrit par Épictète – ce que les djihadistes n’ont pas compris. Mais bien à la manière du catéchuménat (certains réclament un catéchuménat à vie) par un cheminement en confiance, qui permette de trouver une joie dans la relation à Dieu.
Dans toutes les religions, il y a besoin d’accompagnateurs parce que nos sociétés sont religieuses, mais surtout parce que l’Homme est profondément religieux, et que le matériel ne peut pas totalement effacer le spirituel. Alors pas besoin d’être un chrétien +++ pour participer à un accompagnement, juste celui de croire que l’Amour ne passera jamais et qu’il y aura toujours un homme pour aimer les autres. Ensemble, partageons cet amour au catéchuménat.

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