Bien que je ne participerai pas à la primaire car je ne comprends pas l’intérêt de militer dans un parti politique si c’est pour que des personnes extérieures en choisissent le candidat, j’ai regardé le débat. Au final, j’ai surtout l’impression d’avoir perdu mon temps car ils étaient comme je m’attendais. Donc je ne suis pas déçu mais je ne suis pas non plus satisfait. Si je ne vote pas blanc en 2017, ce ne sera pas un vote d’adhésion.
Quelques lignes sur chacune des prestations, en essayant d’être objectif. Car autrement, je suis déçu de SARKOZY, plutôt proche des idées de FILLON mais que je trouve trop mou, opposé à JUPPÉ à cause de l’histoire du logement social de son fils mais surtout parce qu’il veut être un CHIRAC bis et qu’il n’a pas été à la hauteur en 1995. Les quatre autres candidats ne sont pas vraiment présidentiables pour moi à ce jour, ou alors sans personne en face d’eux.
Jean-François COPÉ : la bonne surprise
J’ai trouvé qu’il était bon, peut-être le meilleur à l’oral parce qu’il piquait, même s’il s’est effondré lorsqu’il a été rappelé à l’ordre par SARKOZY. Il a rappelé qu’il avait fait le travail avec le parti. Il a évacué assez habilement la polémique sur la campagne interne pour la présidence de l’UMP. Clairement, il n’y aurait pas Bygmalion, il aurait pu faire partie des présidentiables et pourra en tout cas postuler à un grand ministère ou à un rôle éminent dans le parti.
François FILLON : toujours trop faible
FILLON possède le meilleur programme et il s’est montré encore une fois le plus réaliste et le plus pragmatique quand il a parlé de la suppression des 35 heures. Mais ses annonces d’économies de dépenses publiques et ses suppressions de postes dans la fonction publique sentent la casse sociale du fait de l’austérité du candidat. FILLON porte une image du Premier ministre collaborateur qu’il n’a pas réussi à dépasser, c’est pourquoi il ne gagnera pas.
Alain JUPPÉ : une confirmation molle
Un discours cohérent et intelligible. Mais quand je l’entends, je m’ennuie. Il s’est très bien défendu quant à l’affaire du casier judiciaire, même si entre nous, je m’en fous de l’histoire des emplois fictifs à la mairie de Paris, et je m’inquiète beaucoup plus pour ce logement social qu’il avait obtenu à prix cassé pour son fils. Par contre, s’il croit qu’être élu lui donnera une légitimité pour réformer et que la CGT respectera le résultat des urnes, qu’il ne se moque pas de nous.
Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET : une caricature d’elle-même
À première vue, une bonne surprise parce que je me suis retrouvé d’accord avec elle sur le développement du travail indépendant, la protection de ces salariés, et le maintien de l’ISF pour investir dans les PME. Mais à côté, elle a toujours cette arrogance insupportable, et ce mépris par exemple quand il a fallu répondre à la question d’un citoyen. Elle a énuméré ses positionnements qui la marquent à gauche mais n’est pas allé les défendre assez fortement.
Bruno LE MAIRE : une grande déception
Il répétait sans convictions être le renouveau, mais ne le prouvait pas. Il a été repris par COPÉ sur son programme. Il récitait ses fiches comme un bon élève. Il renvoyait vraiment l’image d’une personne trop jeune pour occuper la fonction alors que ce n’est pas une question d’âge. Je n’ai pas retrouvé le tribun de ses réunions de campagne habituelles. Le rebelle sans cravate voulait faire le buzz mais ne montait pas assez au front donc s’est retrouvé étouffé.
Jean-Frédéric POISSON : trop intellectuel
Moment de vrai quand il a parlé de son expérience professionnelle ou des syndicats, de l’espoir du programme de 1993. Mais gros moment de gêne quand il parle de civilisation islamique qui pose problème. Je n’ai toujours pas compris son propos sur les juifs de France sachant que certains sont assimilés et d’autres intégrés, et qu’il le sait autant que moi. Déception pour un candidat qui avait dit avoir structurer sa pensée, parce que je n’arrivais pas toujours à le suivre.
Nicolas SARKOZY : un peu fébrile
Il a montré qu’il faisait toujours partie des grands et qu’il pourrait redevenir président. Mais il n’avait plus la flamme de 2007 et c’est pour cela qu’il va probablement perdre. Je n’ai pas aimé sa manière de rabaisser les autres ou d’attaquer autant Martine AUBRY ; j’ai surtout trouvé qu’il doutait d’être le patron en ayant besoin de rappeler qu’il l’avait été. Je n’ai pas vu le vrai SARKOZY qui n’était pas naturel, et qui donc était moins bon qu’à son habitude.
La suite au débat du 03 novembre, mais vu que les sondages n’ont pas bougé, je pense qu’ils ne pourront qu’au mieux placer FILLON devant LE MAIRE. Moi, j’aimerais un candidat qui n’ait pas besoin de sa minute, et qui puisse en quinze secondes dire une chose intéressante qui reste dans la tête. Je ne pense clairement pas que cela arrivera avec un des sept qui sont tous trop sages, et qui vise un électorat qui veut justement d’une France comme puissance moyenne.

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