Par mon éducation, familiale, scolaire, chrétienne, politique, la peine de mort me semblait être une abomination qu’il fallait combattre à tout prix. Et puis une réalité s’est imposée à moi du fait des attentats terroristes qui se multiplient, dans un contexte où l’impuissance affichée des pouvoirs publics, ne fait que renforcer la détermination de nos assaillants. Alors oui, je suis favorable à la peine de mort pour les terroristes.
La prison comme la peine de mort vise à mettre à l’écart, d’une manière plus ou moins définitive, des individus qui sont nuisibles à la société, cette organisation d’Hommes qui acceptent de vivre ensemble pour autant que leur sécurité individuelle soit assurée. La différence entre ces deux formes de bannissement est que l’une permet à la personne écartée de se racheter et de se faire pardonner tandis que ce n’est pas possible avec l’autre.
La France en guerre
Parce que la France est en guerre, selon ses officiels, alors elle s’astreint à respecter la Convention de Genève relative aux droits des prisonniers. Mais en face, les ennemis de la France respectent-ils la convention de Genève, surtout quand ils leur coupent la tête devant des caméras ? Non, parce que le conflit est asymétrique. Ajoutons que l’augmentation des attentats va proportionnellement avec la perte de puissance de l’État islamique.
Montrer qu’on est une démocratie parce qu’on respecte les droits des prisonniers, si cela rassure nos alliés, ne fait que prouver une faiblesse auprès de nos ennemis. Or, Daech veut nous asphyxier en utilisant la même technique que les Allemands de l’Afrikakorps en 1941, qui pour ralentir la progression des Alliés, leur envoyaient volontairement une partie de leurs supplétifs comme prisonniers de guerre, qu’il allait falloir hydrater en plein désert libyen pour ne pas qu’ils meurent…
Le coût et l’inefficacité de la prison
En 2015, le coût de la prison s’élevait à 92 euros par jour en moyenne. Outre l’anormalité de mieux traiter nos prisonniers que nos propres soldats, la prison n’est pas une solution, vu la forte récidive qu’elle auto-génère. Puisque la perpétuité réelle n’est pas appliquée (22 ans maximum aujourd’hui), nos jeunes terroristes auront 40 ans quand ils ressortiront et pourront recommencer. Ensuite, si cette pulsion de mort est trop forte, comment la canaliser quand la seule psychiatrie ne suffit pas et que les médicaments nient aussi l’humanité de la personne.
Prenons l’exemple symbolique de Patrick HENRY, ce criminel qui a enlevé puis assassiné un enfant de sept ans. À peine le type, qui avait été condamné à perpétuité puisque défendu par Robert BADINTER qui lui avait fait échapper à la peine de mort, est libéré qu’il est repris pour trafic de drogues. La société a-t-elle besoin de Patrick HENRY ?
Dans un autre registre, aux États-Unis, on veut libérer l’homme qui avait tenté d’assassiner REAGAN en 1981, handicapant gravement à vie le garde du corps du président. L’homme a quand même écrit à deux autres meurtriers célèbres au cours de sa détention signe qu’il n’est pas tout à fait net… A-t-il vraiment changé ?
Connaissant la situation de la prison de Fleury-Mérogis, et parce qu’elle a été au centre d’une attention médiatique, on ne va pas pouvoir ainsi « loger » les centaines de personnes qu’on arrête pour une participation à des actes de terrorisme, avec des équipements isolés et une vingtaine de surveillants dédiés. D’autant que pendant qu’on s’occupe du terroriste X, c’est de tous les autres qu’on ne s’occupe pas ! Puisqu’il n’y a pas de moyens supplémentaires…
La peine de mort face aux convictions
Je pense toujours que dans une société moderne et évoluée, il ne doit plus y avoir besoin de la peine de mort. Mais encore faut-il, pour que notre société soit « évoluée« , qu’elle ait un système éducatif et culturel stable, que la famille soit un lieu protecteur qui permette de bien grandir. Car combien de personnes en prison ont eu des problèmes dans leur enfance ? La plupart, en plus d’autres facteurs.
En tant que chrétien, je distinguerai la Justice des Hommes de la Justice de Dieu (miséricordieuse, pour reprendre le thème de cette année jubilaire). Si Dieu peut tout pardonner, il n’en est pas de même des Hommes qui doivent s’organiser pour vivre ensemble. En somme, la peine de mort, qui n’est pas plus chrétienne que la prison en tant que telle, consiste à renvoyer plus vite le terroriste islamiste vers son Dieu qu’il est si pressé de rejoindre.
Aujourd’hui, en 2016, je suis favorable à la peine de mort, pour les terroristes uniquement (ce n’est pas que je sois contre pour les autres meurtriers mais elle est parfois difficile à prouver), sans forcément attendre qu’ils aient commis leur acte, pour autant que la Justice arrive à déterminer leur complicité active comme celle de conduire des terroristes sur le lieu de leur crime. Ce doit bien sûr rester une mesure d’exception pour des situations tout à fait exceptionnelles.

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