Mes amis savent que je n’aime pas Recep Tayyip ERDOGAN et que je suis farouchement opposé à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Il me semble que la tentative de coup d’état qui s’est produite dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016 tend à prouver que ce pays n’est pas encore prêt à rejoindre les 27. Pour autant, ERDOGAN a désormais les mains libres pour mener sa fameuse réforme constitutionnelle renforçant ses pouvoirs.
Quelle blague que les pays dits démocratiques, ou même les opposants au régime aient appelé au respect des résultats des dernières élections ! Non pas que ERDOGAN ne les ait pas remportées. Mais comme en Russie, ou dans la plupart des pays d’Afrique, il les gagne par défaut face à une opposition divisée qui se révèle peu crédible. Je pense, au contraire, comme en Égypte, qu’un gouvernement militaire transitoire aurait permis de remettre de l’ordre.
Sauver le kémalisme
Actuellement, nous avons à faire à un parti conservateur et islamique qui veut refonder le modèle démocratique turc fondé par Mustpha Kémal (Atatürk) vers une sorte de dictature islamiste. L’armée était sous KÉMAL (ancien général) la garante de l’intégrité du régime reposant sur six piliers : l’étatisme, le nationalisme, le républicanisme, la laïcité, le révolutionnarisme et le populisme. Les purges se succédant, l’armée ne garde plus rien…
Un pays qui va de plus en plus mal
Pas de chance, la politique sécuritaire d’ERDOGAN ne fonctionne pas, ce que prouvent les attentats qui se multiplient. Pire, les Kurdes sont de plus en plus en mesure d’atteindre une certaine autonomie. Ajouté à cela la crise des migrants (la Turuqie accueille plus d’un million de Syriens) et une économie qui vacille, ERDOGAN est décrié mais pas au point de perdre les élections dans la mesure où les oppositions restent divisées, seuls les militaires pouvaient agir.
ERDOGAN renforcé
Je ne participerai pas à la thèse du complot organisé par ERDOGAN pour rebondir. Je pense juste que les militaires ne s’étaient pas préparés et qu’ils ont été dépassés en ne s’attaquant pas assez bien aux médias (à la solde du pouvoir) et au Parlement. Toujours est-il que la réforme constitutionnelle va pouvoir avoir lieu maintenant que l’armée va de nouveau être purgée et que les oppositions ont finalement pris position en faveur d’ERDOGAN…
Fallait-il en arriver à une dictature militaire ? J’ai la faiblesse de penser que oui, pour cet ancien pays composant l’ancien empire Ottoman, qui ne peut pas être gouverné avec la démocratie telle qu’elle est conçue en Occident. Je crains plus une Turquie islamisée avec un homme fort à sa tête (qui ne sait d’ailleurs pas la gérer), qu’une Turquie encadrée par les militaires comme elle était du temps d’Atatürk. Tout le problème est qu’ERDOGAN n’est pas Atatürk.

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