Faut-il parler d’une crise de l’engagement ? Dans le monde occidental, les associations, les syndicats, les partis politiques, les religions ou certaines professions encore ne se renouvellent plus. Paradoxalement, le temps de loisirs n’a jamais été aussi important, et les citoyens expriment le sentiment de n’avoir jamais été autant occupé. En réalité, c’est l’égoïsme qui prime sur l’altruisme depuis le mouvement dont mai 1968 est le repère.
Pour beaucoup, le problème serait générationnel et viendrait du fait des jeunes qui ne s’engageraient plus. Or, lorsqu’on y regarde bien, les jeunes retraités ne s’engagent pas plus, tandis que les actuels retraités qui aimeraient passer la main étaient déjà engagés lors de leur vie active. Non, l’engagement contemporain doit remplir trois conditions, que l’on peut interpréter des sondages réalisés à l’occasion de la dernière Journée mondiale du bénévolat.
L’engagement doit permettre de se valoriser
Une personne qui s’engage aujourd’hui cherche davantage à « se rendre utile« , avant même « d’être utile« . C’est à dire qu’au delà du fait de « servir une cause » (et pas n’importe laquelle), les personnes qui ont répondu aux sondages reconnaitraient agir d’abord pour elles avant d’agir pour les autres. Ce narcissisme se traduit par exemple par l’étalement de telles activités sur les réseaux sociaux dans un but de différenciation, tout en comportant un motif de fierté.
L’engagement doit être intéressant pour une personne intéressée
Si les bénévoles acceptent de « servir une cause« , toutes ne sont pas mises au même niveau. Ainsi les activités qui se font à plusieurs, ensemble avec d’autres personnes, sont souvent privilégiées par rapport à d’autres tâches plus individuelles. De la même manière, une cause pour laquelle on pourra faire valoir une compétence particulière nous distinguant des autres, sera préférée à un service bloqué dans lequel la mission individuelle ne sera pas forcément reconnue.
L’engagement doit être profitable
Parmi les attentes d’un engagement, celui-ci ne doit pas être une perte de temps, mais au contraire « permettre de développer de nouvelles compétences« . Donc l’engagement ne doit pas être répétitif au point de devenir ennuyeux. Or, tout l’enjeu de telles missions dépend de la constance pour pouvoir mener un projet sur la durée. C’est ici un paradoxe de la société de l’instantané qui veut passer de l’un à l’autre pour pouvoir dire avoir fait ça, le survolant de fait.
Non, tous les bénévoles ne sont pas intéressés comme pourrait le laisser penser cet article. Toutefois, il est intéressant d’appréhender les sentiments que peuvent exprimer certains bénévoles par rapport à leur engagement personnel. Il y aura toujours des personnes qui s’engageront volontiers, peu importe la cause, pourvu qu’il existe un besoin. Mais également toujours des personnes qui refuseront toujours de consacrer un peu de leur précieux temps.

Laisser un commentaire