Ivan BLOT est un ancien parlementaire français élu sous l’étiquette du FN à l’Assemblée nationale entre 1986 et 1988 et au Parlement européen entre 1989 et 1999. Il fut le premier président du Club (devenu Carrefour) de l’horloge. Ses différents engagements l’ont amené à côtoyer et à bien connaître la Russie, pour en parler dans son dernier livre, préfacé par Philippe DE VILLIERS. Il le présentait ce 12 mai 2016.
Sur l’Histoire russe
Les Russes sont un peuple de résistants qui ont toujours eu à faire avec des envahisseurs : les Vikings (même si les Varègues ont fondé le premier royaume russe) puis les Mongols (dont les Tatars de Crimée sont les derniers représentants), puis les Suédois, puis les Polonais, puis les Français avec NAPOLÉON, puis les Allemands avec HITLER.
HITLER est celui qui a menacé le plus sérieusement la Russie contemporaine, du fait qu’il rouvrait les églises au fur et à mesure de son avancement. STALINE a alors dû utiliser la religion pour se défendre, en obligeant le patriarche à le soutenir publiquement à la radio, en s’adressant aux Russes comme à ses « frères et sœurs » et non plus « camarades » pour mener une « guerre sacrée« . Enfin, STALINE aurait fait survoler la ville de Moscou par l’icône de la Vierge de Kazan.
Sur les relations franco-russes
Les Russes ont sauvé la France trois fois dans l’Histoire : en 1815, lorsque le tsar Alexandre Ier s’est opposé au démembrement de la France napoléonienne vaincue. En 1914, lorsque le tsar a contraint les Allemands à renforcer leur front russe au Tannenberg, les obligeant à dégarnir la Marne et permettant la victoire des Français. Enfin, en 1944, au moment du Débarquement alors que 70 % de l’armée allemande était en train de combattre sur le front oriental.
Sur la politique russe
La Russie a été réunifiée par le tsar Ivan III qui a fédéré les républiques de Novgorod, de Moscovie, et de Pskov. Ces régimes pratiquaient une forme de démocratie directe dans laquelle les gens élisaient les prêtres, les évêques et les princes. À Novgorod, on utilisait une cloche pour appeler au moment de l’élection, qui fut confisquée au moment de la conquête.
La tsarine Élisabeth Ière avait supprimé la peine de mort au début de son règne vers 1742. Le régime de déportation était relativement libre sous les tsars. Tout cela a changé avec les communistes et ensuite avec la République de Russie.
La vraie opposition à POUTINE est le parti communiste (entre 12 et 25 % selon les élections), et non pas les libéraux qui bloquent à 6 %. La Russie est un régime moins jacobin que la France, et plus girondin. Si en France, POUTINE est perçue à droite de l’échiquier politique, voire à l’extrême-droite ; en Russie, POUTINE paraît au centre avec le parti communiste sur sa gauche et les libéraux sur sa droite.
Les Préfets sont élus en Russie. Les maires directement par le Peuple sans l’intermédiaire du Conseil municipal. La Russie n’en reste pas moins un régime oligarchique. Il existe une presse d’opposition relativement libre et bien distribuée, et une liberté de parole. Les Russes étaient largement favorables à l’annexion de la Crimée.
Il existe enfin des comités nationaux (patriotes) dans chaque région qui font pression pour maintenir les traditions, l’Histoire et la culture russe.
Sur l’économie russe
En terme de PIB nominal, la Russie est 10e en 2014 avec 2 096 780 millions USD. En terme de PIB à parité de pouvoir d’achat, la Russie est 5e juste devant l’Allemagne qu’elle a dépassé de peu en 2014. Le PIB de la Russie a quadruplé en quinze ans, et POUTINE profite clairement de l’évolution constatée du niveau de vie. En termes de production d’électricité, La Russie est 4e devant l’Allemagne et le Japon.
La Russie possède peu de PME (petites et moyennes entreprises). Elle est 20e pour le nombre de brevets déposés. Ses besoins en importation sont nombreux, mais tendent à se réduire du fait des sanctions européennes qui l’ont forcé à produire elle-même ce dont elle a besoin. Les Russes constatent néanmoins la diminution de la croissance.
Les Russes sont les derniers en Europe a fabriqué des fusées. Leurs avions développent des systèmes qui brouillent les radars. Leurs missiles sont des plus perfectionnés.
Sur la démographie
Elle augmente de 50 000 personnes chaque année désormais, après plusieurs années de baisse continue. L’État mène une politique nataliste en subventionnant la politique familiale, ce qui a provoqué la division du nombre d’avortements par 5. Les cours de morale sont très présents. On a instauré des fêtes de la Famille, de l’Amour et de la Fidélité, organisées par la femme du premier ministre, sous le patronage de l’église orthodoxe et des saints Fevronia et Piotr.
Un enfant qui nait le jour de la fête nationale est considéré comme « bébé-patriote » et ses parents reçoivent une voiture. À l’école, les enfants (garçons et filles) ont des cours de formation patriotique et militaire avec de l’Histoire et des cours de maniement des armes. On a recréé des écoles de cadets (comme du temps des tsars) et on décore régulièrement les familles méritantes du ruban de saint-Georges.
Sur la culture et la religion russe
Le Peuple russe se fédère autour de trois valeurs : la patrie, la famille et la religion.
Les Russes construisent 250 églises par an. Ils ont déclaré une « guerre sacrée » contre les islamistes. Le crime est considéré par l’État comme un péché. Les Russes se considèrent comme chrétiens et patriotes.
Les Russes ont une grande passion pour la littérature et connaissent pour beaucoup leurs grands auteurs comme TOLSTOÏ ou POUCHKINE.
Sur les 146 millions de Russes, 15 millions sont musulmans mais 6 % seulement se déclarent comme tels.
Sur la géopolitique russe
POUTINE veut renforcer la place de la Russie sur la scène mondiale et faire qu’elle soit de nouveau considérée comme une grande puissance. Cela dépendra du futur président des États-Unis. CLINTON maintiendra un rejet de la Russie tandis que TRUMP dit vouloir en faire un partenaire.
Les Russes se considèrent déjà comme un continent et ne cherchent pas plus à s’agrandir territorialement. En revanche, ils veulent renforcer les liens économiques puis diplomatiques avec les pays voisins et culturellement proches : le Belarus (Biélorussie), l’Ukraine orientale et le Kazhakstan.
- Sur la question des républiques baltes, POUTINE veut surtout faire respecter les droits des minorités russes sans les annexer
- Avec la Chine, POUTINE veut renforcer les liens économiques avec son premier importateur d’armes.
- Sur la question des migrations chinoises, elles sont à relativiser car les Chinois ne sont pas impatients de venir s’installer en Sibérie.

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