Un récent sondage (que tout le monde a repris sans chercher à le comparer à d’autres parce qu’il arrange bien certains) relate l’idée que les jeunes de 15 à 25 ans se sentent mal informés sur le SIDA (seulement 16 % seraient très bien informés). Cela m’étonne dans la mesure où 25,7 % des 85 % des bacheliers d’une génération, ont un bac S, soit 21,8% des jeunes en France, qui étudient le SIDA au programme de terminale S !!!
Alors outre le fait que les jeunes devraient écouter en cours, il me parait tout autant étonnant qu’ils aient manqué une des redondantes journées annuelles de prévention au collège et au lycée qui se traduisent par des discussions avec le personnel infirmier et des spécialistes, des films, des dépliants à emporter et surtout distribution de capotes pour tous ! Au collège, je me rappelle qu’on faisait des ballons ou des bombes à eau avec…
La réalité des chiffres en 2015 (source INVS 2015)
En France, il y a 150 000 personnes séropositives. En 2014, on a découvert 6600 nouvelles personnes atteintes par le VIH. Parmi les différents groupes de personnes touchées, il n’y a que chez les personnes homosexuelles que ce chiffre continue d’augmenter de manière significative (2800 personnes soit 42,4 %). Le VIH reste très fort parmi les hétérosexuels nés à l’étranger (3/4 des découvertes étant faite sur des personnes immigrées d’Afrique subsaharienne).
L’échec de la communication » sortez couverts = baisez »
Récemment, le Gouvernement a tenté une énième campagne choc pour prévenir des dangers du SIDA. Malgré cela, il est probable qu’elle n’ait pas plus d’effet que les précédentes du fait que le SIDA soit devenu un sujet récurrent qui n’est finalement pas si visible que cela (0,003 % de la population est atteinte soit 3 pour 1000). Au contraire, les gouvernements n’ont jamais compris le contre-message qu’ils ont toujours envoyés. Pour qu’il y ait protection, il faut qu’il y ait sexe.
D’une instrumentalisation du SIDA
Le Sidaction médiatique vient de s’achever. Cette association avait reçu 16,5 millions € en 2015 mais semble un peu plus mal parti en 2016. Oui, cette cause est juste mais elle tue moins que d’autres beaucoup moins mise en avant. Ici, les « stars » défilent « pour la bonne cause » et faire parler d’elles et de leurs robes par exemple. Et pendant qu’on voit juste un concert, on ne parle pas des choses qui fâchent comme de la prévention auprès des personnes homosexuelles.
Les jeunes sont globalement informés sur le SIDA, même si certains pensent en effet que la contamination ne se fait que par la sang ou le rapport classique (à distinguer du rapport déviant). Ils pensent juste que statistiquement leurs risques d’être contaminé est faible. Ils n’ont pas de préservatifs sous la main (à quand la Sécu se décidera-t-elle à les rembourser) ou ils sont fatigués d’en mettre un (et pourtant, ils sont censés ne pas avoir les interdits de la religion).
Responsabilisons donc mieux, ce qui n’est pas évident dans un contexte où les trithérapies sont remboursées par la Sécu et où on pense qu’on ne sera pas KO et vivra presque normalement, a contrario des années 1980. Faisons témoigner des vraies personnes malades et expliquons clairement les risques aux jeunes qui les comprennent. Arrêtons cette fausse pudibonderie pour parler sexe ou homosexualité, les cours et les réseaux sociaux le font déjà.
Enfin, parlons du SIDA en français dans la langue de ceux qui l’ont découvert et encourageons réellement la recherche médicale française à progresser dans ce combat. Et ne nous réjouissons pas trop vite des avancées car nous nous doutons qu’à cette maladie auto-immune succédera d’autres maladies auto-immunes qui feront aussi d’autres morts. Bref, un grand gâchis dû aux queutards de la libération sexuelle qui ont cru que 1968 durerait toujours…


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