J’aime le suspens que mettent les journalistes français lorsqu’ils parlent des élections primaires américaines. Malheureusement pour eux, le système est ainsi fait que les jeux semblent pliés depuis le début : Hillary CLINTON sera la représentante des démocrates car elle est soutenue par les super-délégués du parti. Tandis que Donald TRUMP sera le représentant républicain faute de consensus autour d’un autre candidat…
Force est de constater que le modèle démocratique des États-Unis n’est pas aussi bon que ce qu’il prétend. Pensons à George.W BUSH élu avec 500 000 voix de moins que son concurrent mais 5 grands électeurs de plus. Ou à Bernie SANDERS dont les super délégués des états qu’il gagne en ayant la majorité des voix lui préfèrent Hillary. Ou à Donald TRUMP qu’on fait tout pour éjecter alors qu’il aura le plus grand nombre de super délégués voire les 1237 requis…
Pourquoi c’est plié d’avance ?
Aux États-Unis, il est intéressant d’observer un phénomène communautaire prégnant. Ainsi le vote des communautés penche généralement massivement en faveur d’une seule personne. Hillary CLINTON ayant le soutien des minorités afro et hispaniques, et malgré le phallocratisme américain, on voit mal comment la victoire pourrait lui échapper. Pour comparer, en France, en 1965 et en 1974, François MITTERRAND aurait été élu s’il n’y avait pas eu le vote des femmes…
Bernie SANDERS (démocrate) est rejeté par l’establishment
Un « gauchiste » pour président ? Les classes moyennes bourgeoises ont trop peur pour leurs économies et si SANDERS a pu gagner dans les états à majorité WASP du Nord et du centre, il perdra dans les états côtiers aisés ou à forte minorité afro et hispanique. Il peut encore avoir quelques victoires mais il n’aura certainement pas les états décisifs de New-York ou de Californie. Or, comme la très grande majorité des super électeurs préfère Hillary…
Donald TRUMP (républicain) va profiter du chaos au parti républicain
Marco RUBIO s’étant retiré trop tard et Ted CRUZ paraissant pour un illuminé qui parle à Dieu tous les matins, Donald TRUMP va continuer d’amasser les voix des populistes sensibles à son message de grandeur. Viendra la Convention et comme ils n’arriveront pas à se mettre d’accord sur un unique candidat, y compris Paul RYAN qui ne veut pas aller au casse-pipe contre Hillary, visant 2020, c’est TRUMP qui ira et se ramassera contre Hillary.
Le paradoxe américain
Depuis six ans, les étatsuniens votent républicains à chaque élection intermédiaire ! Et pourtant, même si tous les organes de la représentation nationale sont à droite, ils préféreront une présidente de gauche qui ne pourra peut-être même pas gouverner. Car les démocrates ne se déplacent massivement que pour les élections présidentielles tandis que les républicains privilégient les élections intermédiaires. La cohérence est difficile à comprendre.
Avant donc de vouloir installer son modèle démocratique partout dans le monde, je pense que les États-Unis pourraient commencer par regarder comment fonctionne leur démocratie. J’ose même affirmer qu’avec un Donald TRUMP comme président, ou avec une Hillary CLINTON qui porte plusieurs casseroles, l’antiaméricanisme fortement développé dans le monde, jusque dans mon propos, ne cessera pas… Ils seront juste plus ou moins ridicules.

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