Voilà Daech doit bien jubiler en ayant réussi son coup : on ne va plus parler que d’eux pendant trois jours au moins, et on recommencera au prochain attentat qui touchera l’Europe (parce que ce qui se passe au Mali, en Côte d’Ivoire ou au Nigéria, on s’en fout, c’est trop loin). La question que je continue de poser est de savoir si on attend le prochain attentat ou si on décide de mettre un terme à tout cela…
Alors évidemment, si on se débarrasse vraiment de Daech (encore faudrait-il le pouvoir ; nous ne sommes même pas capables d’éliminer les bandes de pillards du Sahel), le prix du baril va prendre au moins 10 USD, et ça, nos gouvernements ne veulent pas parce qu’on y perdrait un point de croissance. Alors, nous sommes prêts à toutes les forfaitures pour conserver un statu quo qui arrange le plus les puissants de notre monde.
Et si on arrêtait de politiser la lutte contre le terrorisme ?
Nos gouvernements, grâce à l’état d’urgence, sont en guerre. Ils sont au moins sur le pied de guerre. Personnellement, je n’ai pas l’impression que la société soit en guerre. Pendant que nous parlons terrorisme, nous ne parlons ni économie ni emploi. Or, comme je pense avoir plus de chances de trouver un emploi que de risques de perdre la vie dans un attentat terroriste, je pense que le Gouvernement est bien content de politiser plutôt que de résoudre.
Le terrorisme en Europe est dû à la faillite de nos politiques
Regardez le bourgmestre belge au centre des critiques : il a favorisé le communautarisme religieux pour se faire des voix. Mais c’est la même chose en France : selon la proportion de personnes immigrées dans les villes, les maires ont soit une politique qui leur est très favorable soit une politique qui leur est super défavorable. Comme il faut faire des économies, coupons dans les dépenses sociales (je ne parle pas des aides) et abandonnons les populations !
20 ans de problèmes dans nos banlieues : une génération de jeunes adultes en souffrance
Nos banlieues ont fini de connaître l’ascenseur social au début des années 1990. À partir de là, nous avons une majorité de jeunes qui ont grandi en pressentant qu’ils n’auraient que peu d’espoirs de s’en sortir. Aujourd’hui, le terrorisme islamique est un moyen pour une « génération perdue » d’en finir avec cette situation tout en ayant le sentiment de rendre un service à une société en détruisant un modèle pour en imposer un autre qui serait meilleur.
La faillite du système d’intégration
On ne comprend vraiment pas les problèmes actuels parce que les personnes immigrés se sont très bien intégrées jusque dans les années 1970. Mais comme il y a moins de travail depuis la crise pétrolière, les nouveaux immigrés ou les enfants d’immigrés ne s’intègrent plus. Quel dommage que l’assimilation ou simplement l’adhésion à l’idée du pays européen ne suffisent plus… Ajoutez à cela la mondialisation qui étouffe les identités et les racines…
La faillite du modèle éducatif
Lorsqu’on regarde le profil des terroristes, c’est tout le contraire des Tokkōtai (kamikaze) japonais du second conflit mondial, fils de bonne famille dans une démarche intellectuelle philosophique. Ce sont des incultes pressés d’aller baiser les 72 vierges auxquelles ils auraient droit. Mais pourquoi, même s’ils se déscolarisent au collège, ne reçoivent-ils pas des bases qui leur donnent envie de vivre ? Pour leur famille ? Pour leurs amis ? Pour eux ?
La faillite de la politique de la Ville
En France comme en Belgique, des milliards d’euros ont été investis et n’ont finalement servis à rien ! Tout le monde découvre que Sevran ressemble à Molenbeek et que d’avoir repeint les immeubles n’a rien changé. La cité est le lieu que tout le monde cherche à quitter, mais qu’on n’arrive à fuir qu’avec l’argent d’un emploi qui permet d’aller ailleurs. Mais l’État qui doit craindre une contamination (?) ne veut pas casser les nouveaux ghettos communautaires…
L’islam en Europe
Pour autant qu’on ne puisse pas parler d’incompatibilité puisque j’estime à 40 % du total les musulmans qui vivent très bien dans la République, beaucoup trop de musulmans opposent l’État et la religion. Les mosquées sont financées par des pays étrangers. Les imams manquent de formation. Chacun peut donc adapter sa religion à son discours personnel et en finir par réclamer ou prétendre n’importe quoi. La laïcité arrange bien pour ne dire mot.
Qu’est-ce qu’on attend pour détruire Daech ?
Daech a prospéré sur nos lâchetés en Irak et en Syrie. Cela ne sert à rien de former et de fournir l’armée irakienne si on ne la paie pas ; elle ira tout revendre voire se vendre elle-même à Daech. Cela ne sert à rien de taper sur Bachar AL-ASSAD quand il est l’un des seuls à pouvoir . À quoi bon avoir des alliances avec la Jordanie, ou l’Arabie Saoudite si ce n’est pas pour qu’ils se mobilisent aussi et aillent se battre sur le terrain ? Ont-ils aussi des intérêts ?
Je pense que nous avons tous notre part de responsabilités dans ce qui se passe. Soit nous choisissons des dirigeants qui veulent en finir avec les islamistes et nous y arriverons parce que nous y mettrons les moyens, soit nous nous limitons à des condamnations morales et à multiplier les policiers dans nos rues, et nous ne changerons rien.
Je pense qu’il faut ouvrir des vrais débats pour réformer sur le rôle et l’autorité de l’État, la place des religions, le système éducatif, la politique de la Ville, la cohérence de la diplomatie française, l’identité nationale… Je crois que l’Europe a son rôle à jouer pour que nous nous mettions d’accord sur des politiques et des définitions communes.
Je pense que les attentats continueront tant que nous ne nous opposerons pas plus fermement à l’islamisme. Cela ne veut pas dire chasser tous les musulmans, car nous avons eu les mêmes problèmes de terrorisme avec l’extrême-gauche, et que nous les avons résolus sans les chasser. Je crois que c’est à chacun d’exprimer ses attentes et les responsabilités qu’il veut prendre.

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