Il y a des moments où je ne comprends pas bien à quoi joue Manuel VALLS, notamment lorsqu’il a déclaré en 2011 « Par ma femme je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël, quand même !« . De fait, je ne comprends pas plus sa sortie du 7 mars 2016 au diner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), dans laquelle il affirme que l’antisionisme est synonyme de l’antisémitisme.
Quelle étrange République laïque que celle où tous ceux qui se crachent sur la gueule le reste de l’année font semblant d’être tous amis le soir d’un dîner où ils sont invités par des religieux, pire de tous proposer la même politique quant au conflit israélo-palestinien. Hier, la plupart des ministres côtoyaient les différents candidats à la primaire de LR. Et naturellement, le Front national n’était pas invité, renforçant un peu plus l’image positive et négative de ce parti.
Réflexion sémantique
Pourquoi parle-t-on toujours de christianophobie et d’islamophobie (qui sont des peurs que les Tribunaux condamnent désormais parce qu’on n’a plus le droit d’avoir peur) lorsqu’on parle à côté d’antisémitisme ? Ce dernier terme est beaucoup plus violent et contient l’idée de la Shoah dont a été victime le Peuple juif pendant la dernière guerre. C’est une inégalité de fait.
Antisémitisme et antisionisme
J’affirme qu’il est possible d’être antisioniste et de ne pas cautionner la politique colonialiste d’Israël dans les territoires palestiniens ou les exactions du Mossad, et de n’avoir par ailleurs aucun problème, aucun ressentiment, aucune mauvaise pensée contre les juifs qu’ils aient réalisé l’alya en Israël ou qu’ils vivent ailleurs dans le monde, notamment en France.
Des politiques amorales des deux côtés
Dans nos petits esprits occidentaux manichéistes, il faut un gentil et un méchant. En elle-même, la politique de colonisation d’Israël ne peut constituer une réponse légitime face à la politique d’agressions répétées de groupes terroristes musulmans qui tirent des missiles à l’aveugle depuis des zones où toute réplique israélienne tuerait (et tue) de nombreux civils.
La part de provocation réciproque
Depuis la guerre de 1973 à l’issue de laquelle les Nations ont admis que la seule solution était deux états séparés, nous pouvons nous interroger sur la position de victime qu’adoptent les deux camps quand aucun d’entre eux ne renoncent à ses prétentions. Or, ce conflit est importé en France et se retrouve être la principale cause de l’antisémitisme contemporain…
La politique israélo-palestinienne de la France
Jusqu’en 1967, la France soutenait plus Israël, y compris pour s’excuser des choix faits pendant la dernière guerre. Puis à partir de 1967, la France a renoué avec ceux qui ont du pétrole, et qui accessoirement n’ont pas trahi leur parole en agressant leur voisin (certes à titre préemptif ce qui justifie l’attaque), quand les diplomates français vantaient le pacifisme des « victimes« .
Dans le discours de VALLS, les juifs de France sont solidaires d’Israël. Je n’en suis pas sûr par rapport à ceux que je connais et qui justement ne veulent pas y aller. Ce que je vois en revanche, est qu’adopter un tel positionnement ne peut que faire détester plus la France par les musulmans, qu’ils soient Français ou étrangers. Si des gens veulent boycotter Israël, qu’ils le fassent librement sans non plus instrumentaliser leur combat.
Il est donc étonnant qu’un homme de gauche (alors que la gauche a toujours été plus solidaire de la Palestine) se comporte sur ce point comme un homme de droite (généralement plus intéressé par Israël pour des raisons économiques et financières), ce qui n’est pas stratégique pour les socialistes dont l’électorat est beaucoup plus proche numériquement des musulmans que des juifs. Enfin, cela si le vote confessionnel était recherché…

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