Au Front National, Jean-Marie est jaloux de Marine qui est plus exposée médiatiquement et qui détient le pouvoir. Il incarne un courant national-libéral quand sa fille est plutôt national-socialiste (ce qui ne veut pas dire nazi). Ce double-discours permet d’adhérer à plus de monde de se retrouver au FN. Au PS, Martine la social-démocrate est jalouse des sociaux-libéraux François et de Manuel mais son double discours est stratégique.
Autour de moi, la très grande majorité des électeurs de gauche trouvent que le Gouvernement ne mène pas une politique de gauche et disent même très simplement qu’ils ne sont pas de gauche. En cause, l’échec consommé des propositions du Parti socialiste relative à la lutte contre le chômage qui les force finalement à essayer d’agir comme la droite, de la manière la plus discrète possible, mais en reniant leur identité fabriquée au Congrès d’Épinay (1971).
Recréer l’espoir au PS
Le message de Martine AUBRY est de dire qu’au PS, tout le monde ne soutient pas la ligne HOLLANDE-VALLS-MACRON-EL KHOMRI et qu’il est encore possible d’espérer un changement de l’intérieur. Donc elle dit aux socialistes déçus – tout en tapant sur HOLLANDE et ses amis – qu’elle comprend le sentiment de cette population désenchantée, mais qu’il ne faut pas quitter le PS sans quoi il ira aussi mal que les PS grecs et espagnols, voire il disparaîtra.
Quelle place pour la social-démocratie ?
Aujourd’hui, les visions politiques et économiques des grands courants sont confondus. La gauche est ainsi par essence anti-libérale. Or, la social-démocratie est coincée entre une gauche assumée et profondément anti-libérale qui est celle de MÉLENCHON et des PG-PCF et une gauche finalement libérale qui est celle du PRG et de beaucoup au PS et à EELV. Martine AUBRY sait bien que sans réactions, le PS ne sera bientôt plus majoritaire fracturé de l’intérieur.
Vers une réorganisation de la gauche ?
Aujourd’hui, le PS l’emporte car il est la référence à gauche, ayant profité de l’effondrement du PC lié à la chute de l’URSS et à l’inexistence des classes sociales donc à la nullité de la lutte des classes et du discours qui y était joint. Trois tendances persisteront, sans le PS, avec une gauche révolutionnaire (BESANCENOT), une gauche antilibérale (MÉLENCHON) et une gauche social-écologiste moderniste et réformiste que l’on trouve pour parties au PRG, à EELV et au PS.
La gauche localement dans le Nord-Essonne
En Essonne, nous avons longtemps été vraiment de gauche avec des personnalités comme Pierre JUQUIN, Marie-Noëlle LIENEMANN et Jean-Luc MÉLENCHON. Mais aujourd’hui, les héritiers de ces gens là comme François GARCIA ou feu François DELAPIERRE ont été écartés par ceux qui aujourd’hui fossoient le PS en pensant que leur nouveau courant de centre-gauche vers lequel tend le PS fera le poids dans le duel gauche-droite. Nous verrons…

Les Français n’ont pas pardonné à Martine AUBRY de ne pas être la fille politique de son père Jacques DELORS. Dans les interventions de la maire de Lille, les journalistes cherchent à y voir des attaques contre HOLLANDE. Ce sont pourtant les meilleurs services qu’elle peut rendre pour essayer de sauver les catastrophes politiques du Chef de l’État. Avec un FN qui occupe l’espace, soit la gauche est à gauche et elle gagne, soit elle est centriste et elle est éliminée.

Laisser un commentaire