Le 15 mars 1944, les différentes composantes de la vraie France, de la France libre, ont adopté un programme d’action pour reconstruire la France libérée. Dans ma conception de la République, ce texte devrait avoir une valeur constitutionnelle. La loi Travail du gouvernement socialiste revient sur les acquis garantis par ce texte. Bien que de droite, je refuse de la cautionner car elle porte atteinte au Travail et aux travailleurs.
Je regardais récemment sur Arte la série Trepalium (pour une fois que le Conseil régional subventionnait un excellent programme). À la fin du dernier épisode, le héros qui avait permis de mettre fin à un régime de développement séparé (les actifs contre les inactifs), appelait de ses vœux le jour où le travail ne serait plus un « instrument d’exclusion » mais un « bienfait qui profiterait à tous« . La loi Travail n’est certes pas de gauche ; elle n’est pas plus de droite.
D’une nouvelle offensive ultra-libérale
Je suis capitaliste et libéral. Je pense simplement que la croissance peut aussi exister sans que les uns écrasent les autres pour générer plus de richesses. M. HOLLANDE pense qu’en écoutant le MEDEF, il va retrouver une large croissance française. Enrichir des entreprises privées, en leur permettant de moins bien considérer les travailleurs, pour qu’au final, elles se débrouillent pour échapper partiellement à l’impôt, ne renchérira pas la France.
Le problème du travail en France
La France manque de travail depuis la désindustrialisation, acceptée au nom de la mondialisation sauvage. Faciliter l’embauche de travailleurs ou rendre encore plus flexible la condition du salarié sur le marché de l’emploi (qui perd encore plus son humanité) ne résoudra pas le problème qu’il n’y a pas de demande ou de commande, une consommation stagnante et des secteurs européens saturés par l’avalanche des produits mondialisés.
Ce qui me déplaît dans cette Loi
Les objectifs de cette loi sont hors du réel. Le problème de compétitivité de nos entreprises vient de la concurrence extérieure. Il ne sera pas résolu en réformant l’organisation et le temps de travail, sauf si nous sommes prêts à vivre comme en Chine ou en Inde. Aider la formation ne changera rien si les formés ne trouvent pas ensuite d’emploi. Favoriser les embauches ne fonctionne pas s’il n’y a rien à faire faire aux apprentis ou aux salariés…
Quelques mesures vraiment contestables
- l’autorisation du plan social (donc de licenciements économiques) sans difficultés économiques
- l’autorisation du fractionnement des 11 heures obligatoires de repos quotidiens
- la diminution du minimum hebdomadaire (24 heures) pour les contrats à temps partiel (loi du 14 juin 2013) qui peuvent de fait redonner naissance à du temps partiel subi
- l’extension du dispositif forfait-jours qui permet de proposer plus d’heures supplémentaires à son patron (ce qui prend le travail d’autres ; attention au burn out)
- la réduction de l’indemnité prud’hommale dans le cas des licenciements illégaux
- les temps d’astreinte qui sont décomptés des temps de repos, donc assimilés…
- les heures supplémentaires qui peuvent perdre leurs avantages en terme de rémunération
La communication débile du Gouvernement
Quand le Gouvernement infantilise les travailleurs et les prend pour des enfants et pour des cons. Après, le président de la République peut bien claironner que « les salariés français ne verront aucun de leurs droits remis en cause. » ce qui reste à prouver dans la pratique, il revient lui-même sur les lois de sécurisation de l’emploi qu’il avait fait voter en 2013… Donc le bilan du quinquennat en terme d’emploi sera vraiment nul en perdant même ce qui était bien.
Ce que je préconise en tant que politique
Je propose, dans le cadre de mon programme aux élections législatives, un protectionnisme raisonné qui se traduise par des taxes anti-dumping social, fiscal et environnemental. Ainsi quand le Français aura le choix entre le tee-shirt à 14,99 € fabriqué en France et le tee-shirt à 14,99 € fabriqué en Chine pour un coût de fabrication réel de 2 €, il fera son choix. Ce faisant, nous permettrons une réindustrialisation de la France et des re-créations d’emplois.
Alors tout n’est pas non plus à jeter dans la Loi comme l’effort de réforme d’un Code du Travail devenu indigeste, la suppression de certains articles mineurs dépassés, la création d’un droit à la déconnexion…Mais ce n’est pas cette loi et ses mesures qui permettront aux chômeurs de trouver de l’emploi et aux patrons de retrouver un peu d’air, surtout s’ils veulent être humain et que la production de richesses n’est pas leur seule priorité.



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