Les médias français font la gueule depuis qu’ils ont appris la nouvelle. Tous espéraient, au pays de la monarchie républicaine (en Gaule), un duel dynastique. Ils ne parlaient quasiment pas du « socialiste » Bernie SANDERS qui fait des scores impressionnants. Ils tapaient allègrement sur Donald TRUMP, souhaitant le décrédibiliser. Mais au contraire de 2008, où ils avaient participé à la victoire de Barack OBAMA, ils sont cette fois largués.
La France n’aime pas le parti républicain qui est l’objet de toutes ses critiques depuis Richard NIXON. Elle est plutôt largement démocrate quand cette sensibilité qui est au centre-droit aux États-Unis apparaît en France comme un parti de gauche, toujours préférable à ce qui serait un parti d’extrême-droite. Aussi sa presse s’adonne-t-elle à taper sur les candidats républicains, et avec un TRUMP qui suit un MC CAIN et un ROMNEY, elle est servie.
Le succès des candidats hors-système TRUMP et SANDERS
En Europe, il y a un succès pour les partis eurosceptiques du fait de citoyens qui ne veulent pas aller plus loin dans l’intégration européenne au risque d’y perdre leur souveraineté. Dans le monde anglo-saxon, il y a un nouveau souffle pour les hyper ultra-libéraux qui prétendent relancer l’économie avec toujours plus d’ultra-libéralisme, et les candidats dits socialistes comme CORBYN au Royaume-Uni et SANDERS aux EUA qui veulent sortir de ce système.
L’échec de Barack OBAMA
Pourquoi TRUMP plaît aux États-uniens lorsqu’il leur promet de rendre à l’Amérique sa grandeur ? Parce que Barack OBAMA n’a fait qu’assister impuissant au déclassement de son pays face à la Chine, à une remontée de la Russie et à la fin des conflits armées qui fédèrent la population des 50 états américains dans son armée. OBAMA est perçu comme un lâche qui n’aura de fait rien pu faire pour avoir six ans de suite son opposition majoritaire.
Le trop bon client Hillary CLINTON
C’est celle que les médias veulent présidente, quand ils n’ont pas compris que les Américains aussi machistes que les Français préfèrent encore une personne issue de l’immigration qu’une femme. Mais ses premiers scores ne sont pas encourageants. Ils sont deux à concourir, elle est hyper-médiatisée et bénéficient de nombreuses donations, et elle n’y arrive pas ! Même dans les composantes ethniques non WASP (non-blanches) qu’on lui donnait acquis.
Le cas Donald TRUMP
Il incarne la réussite de l’Amérique mais aussi son inculture et tout ce qui fait que les Européens peuvent la détester. Il n’a pas besoin de l’argent des autres (donc du contribuable) puisqu’il a le sien. Il agit populistement et dit aux gens ce qu’ils veulent entendre. Voter TRUMP, c’est pouvoir espérer un jour devenir comme lui : un milliardaire qui se lance dans la course aux présidentielles. TRUMP rappelle que l’élévation sociale est possible !
Duel et faux-duels
En réalité, aucun des candidats ne satisfait pleinement et l’hypothèse de la victoire d’un troisième candidat indépendant comme Michael BLOOMBERG, l’ancien maire de New-York, me parait la plus plausible sauf si Marco RUBIO est candidat républicain.
Concrètement, CLINTON garde ses chances dans des états plus bling-bling et plus côtiers. Mais ses nombreuses difficultés face à SANDERS ne laissent rien présager de bon pour le grand duel du fait qu’elle soit une femme.
TRUMP rassemble un tiers de l’électorat et tant qu’il n’y aura pas une seule opposition face à lui, il sera en tête dans les primaires de son parti. Or, s’il l’emporte, il y aura une fuite d’électeurs républicains qui n’iront pas au parti démocrate.
Si la perception des médias est différente outre-Atlantique, où ils ont plus d’impact sur la population, les États-uniens rejettent malgré eux les candidats du système et de l’établissement. S’ils n’ont pas de rois, et se méfient des dynasties tout en admirant les feuilletons à la Dallas, ils préfèrent mettre en avant des candidats qui ne sont pas du système, les mêmes qu’ils rejetteront lors qu’il vaudra voter à la fin. Amérique, terre de paradoxes.

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