Soi disant, les Français ne seraient que 3 % à avoir totalement confiance dans les partis politiques. Soi disant, les Français seraient 78 % à être prêts à voter pour un candidat qui n’appartiendraient pas à un parti politique. Mais comme avec les grandes marques, lorsque les Français seront seuls dans l’isoloir, face à leur conscience, ils finiront toujours par préférer un parti institutionnel, tel un réflexe pavlovien…
Rappelons donc ces quelques mots du général DE GAULLE retranscrits dans ses Mémoires de guerre (Le salut, 1944-1946) : « le régime exclusif des partis a reparu, je le réprouve. Mais, à moins d’établir une dictature dont je ne veux pas et qui, sans doute, tournerait mal, je n’ai pas les moyens d’empêcher cette expérience. Il me faut donc me retirer« . Je pense que les Français sont assez incorrigibles et ne retiennent rien de leurs erreurs passées quel qu’en soient les circonstances.
Oui, des candidats sont élus sans avoir besoin de partis
Véronique BESSE, Jean LASSALLE, Nicolas DUPONT-AIGNAN, Noël MAMÈRE, François DE RUGY, Jacques BOMPARD, René DOSIÈRE… Ces quelques députés seraient réélus dans leur circonscription avec ou sans le soutien d’un parti politique car ils sont soit actifs soit compétents soit populaires soit les trois. Toutefois, la plupart de ces personnes, au moins au début, ont eu besoin à un moment donné d’un parti qui les a mis en lumière.
À quoi servent encore les partis politiques ?
Globalement, les partis ont un rôle d’animation démocratique et de réflexion programmatique, un rôle de formation et de préparation à la gouvernance d’équipes et enfin un rôle institutionnel de pratiques d’investitures et de composition de majorités. Aujourd’hui, les partis ne tiennent plus ces rôles, les citoyens s’en rendent compte et expriment une méfiance. Malgré cela, les partis gardent un poids symbolique dans la société, qui réapparait aux élections.
L’échec actuel des partis politiques
1. Les partis ne pratiquent plus la démocratie en interne
C’est désormais le courant majoritaire qui est le seul à être respecté et suivi : chez LR, c’est la ligne SARKOZY. Au PS, c’est la ligne HOLLANDE-VALLS-CAMBADÉLIS. Au FN, c’est la ligne Marine. Dans ces trois partis qui comptent d’autres personnalités médiatiques qui proposent des programmes alternatifs, les lignes sont strictes et les autres voix sont étouffées.
2. Les candidats élus ne respectent pas les programmes
En 2007, SARKOZY a commencé par des actions qui n’étaient pas dans son programme. En 2012, HOLLANDE a clairement renié son programme sur l’Europe notamment. Il est depuis revenu sur ce qu’il avait promis et accompli comme les mesures de la loi DUFLOT. Pour 2017, le PS ne prévoit même pas de programme. Au FN, LE PEN dit le contraire de son programme…
3. Les partis ne savent plus former leurs cadres
Aujourd’hui, la plupart des politiques n’ont rien à dire et se contentent de suivre la consigne de leur parti. Pourquoi sont-ce toujours la même centaine de députés que l’on entend, et rarement les autres ? Pourquoi localement nos politiques ne répondent plus aux questions qui leur sont posées et se limitent à des attaques politiques de caniveau ?
4. L’échec des équipes gouvernantes
Gauche comme droite, les équipes actuelles ne savent pas comment agir face à la situation actuelle. Alors on change les ministres qui sont trop ou pas assez « techno(crates)« . Le nombre de condamnations de personnes aux responsabilités est ahurissant. Trop réclament du temps, se cachent derrière la communication, mais n’ont pas le courage d’aller plus fort et plus loin.
5. Investitures et majorités
Voilà donc à quoi servent encore les partis. Sauf que quelle que soit leur affiliation, ils se retrouvent ensemble, majorité et opposition, pour sur-intégrer l’Union européenne, pour réviser la Constitution et réduire les libertés individuelles. UDI et LR ou PS et PRG sont théoriquement différents, ils votent pourtant tout ensemble dans des rassemblements…
La catastrophe présidentielle
Chaque année, la défiance augmente et elle est dangereuse car les Français se sentent frustrés, et en ont marre de ce sentiment de déclassement depuis la désindustrialisation et l’échec du rêve socialiste en 1983. Le pouvoir exécutif ne peut rien pour relancer l’économie et l’emploi, alors au lieu d’expliquer les choses, il détourne l’attention sur le vilain FN, monte en épingle la déchéance de nationalité ou rebat les cartes par un remaniement…
Primaires et désillusions concrètes
Les élections primaires déroutent encore plus les cartes car on y vote pour un programme avec une ligne plus que pour une personne qui représentera le parti et ses sensibilités. HOLLANDE a gagné, adieu le programme social-démocrate de AUBRY. De fait, plus possible pour certains électeurs de certaines sensibilités de trouver leur candidat à l’élection régulière. Mais le pire est que même le gagnant ne respecte aucun programme (qu’il soit personnel ou partisan)…
Les Français continuent de voter pour les partis qui les rassurent dans le contexte de l’institution républicaine. Mais ils ne sont pas dupes que les partis ne les représentent plus et ils s’expriment en ce sens. Au moment du vote, la tentation de voter pour les alternatifs existe, mais comme on ne pourra jamais totalement savoir ce que fera quelqu’un qui n’est pas soumis à la bride d’un parti, on préfère jouer prudent et voter pour les mêmes. Une histoire sans fin…

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