Après les attentats du 13 novembre 2015, les Français ont découvert que leurs enfants pouvaient jouer avec des armes réalistes, et que ce n’était pas bien, dès fois que cela leur donnerait de mauvaises idées. Personnellement, je pense que mettre une « arme » entre les mains de quelqu’un n’en fait pas un meurtrier potentiel. Par contre, si cette personne rencontre déjà des problèmes psychologiques ou mentaux, alors il vaut mieux éviter.
Je suis surpris de n’entendre que des pédopsychoschtroumpfs favorables à ce retrait des armes factices réalistes des rayons de jouets. Ne faut-il pas que les enfants expriment aussi la violence qu’ils peuvent avoir en eux ? Je pense d’ailleurs qu’ils sont capables de distinguer les armes qu’ils voient à la télévision et qui font du sang sur les personnes, des armes qui, lorsqu’elles sont des jouets n’ont pas les mêmes effets. Sinon, qu’on peut aussi expliquer !
Psychologie de bazar et de comptoir
Le film « La haine » de Mathieu KASSOVITZ est construit autour de la figure de l’arme et des sentiments que provoque sa possession chez des jeunes frustrés. Mais ce n’est pas l’arme qui rend ces jeunes violents et conduit à l’utilisation létale de celle-ci (d’ailleurs par un personnage secondaire), c’est la violence du milieu économique et social. L’arme, dans ce film, n’est pas une cause de la violence, mais une conséquence, qui engendre plus de violence.
D’une certaine idée de la liberté et de la responsabilité
Aux États-Unis, chacun a le droit de posséder une arme à feu et il y a chaque année des accidents. En France, chacun a le droit de posséder des produits ménagers et chaque année, il y a des accidents. Les Hommes ont le droit, et la liberté de posséder des armes, sous certaines conditions. Ils ont aussi le devoir de ne pas les laisser trainer et d’expliquer qu’elles sont dangereuses comme la vilaine plaque électrique sur laquelle on ne met pas les mains.
D’une aseptisation de la société
Nos sociétés ne supportent déjà plus le moindre mort, à commencer par nos armées lorsqu’elles font la guerre. Elles préfèrent bombarder à plus de 10 000 mètres et tuer plus de civils, mais là, on ne voit pas les morts de la même manière. En supprimant les armes réalistes, on s’imagine que les enfants n’auront plus envie de jouer à la guerre, ni même d’être violents. Mais c’est faux, car la pulsion de mort est intrinsèque à l’Homme.
D’un aveuglement face à la violence
En admettant que l’on supprime la violence physique, il restera toujours d’autres violences. Par exemple la violence verbale des mots de ce blog qui peuvent blesser certaines personnes. Ou la violence symbolique d’un maire de Savigny-sur-Orge qui pratique la rétention d’informations publiques. Nier une violence renforce mathématiquement les autres types de violence qui sont des moyens de pression pour permettre d’exister ou de dominer.
D’un besoin de se défouler
J’aime beaucoup certains jeux de FPS (Fight person shooter) et malgré cela, je n’ai encore jamais tué personne. Peut-être parce que je convertis ma violence en mots ou que je la compense par une activité physique ? Comment se fait-il que j’ai toujours distingué les armes factices des vraies armes ? Toute personne a besoin de s’exprimer d’une quelconque manière sans quoi elle se frustre et là, devient dangereuse lorsqu’elle créé une violence incontrôlable.
Je ne suis donc pas certain qu’il soit bon de retirer les armes factices des rayons pour Noël. En revanche, je pense que les jeux avec des armes doivent faire l’objet d’un accompagnement, sinon d’explications spécifiques pour que l’enfant discerne le jeu du réel. Également si la possession d’une arme fait que la personne ne se contrôle plus, il y a aussi un problème à régler dans la relations aux autres qui relève d’autres questions psychologiques.

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