Quel paroissien engagé ne s’est jamais disputé avec Jean-Marie HENNEQUIN ? Moi-même, je n’arrêtais pas de m’attraper avec lui (sur la formule « Parole du Seigneur », la communion par intinction, la dévotion mariale, le rôle des prêtres et des équipes animatrices…) Jean-Marie est décédé ce vendredi 11 décembre 2015. Ses obsèques auront lieu le jeudi 17 décembre 2015 à 10 h 30 en l’église sainte-Thérèse à Savigny.
Il faut bien reconnaître que Jean-Marie avait un caractère très voire trop entier, à la limite insupportable en certains aspects, mais qu’il était là et qu’il bossait : équipe liturgique, équipe Espérance, sacristie de l’église saint-Martin, travaux divers. Il critiquait aussi beaucoup et disait tout haut ce que souvent, je pensais tout bas, mais il était très serviable et n’hésitait pas à faire ce que personne d’autre ne voulait faire car il était un bon logisticien.
Né le 30 avril 1940 dans les Ardennes, il était tombé malade nourrisson pendant que sa mère fuyait la guerre lors de l’Exode. Elle l’avait alors consacré à la Vierge s’il guérissait, ce qui nous valait la récitation ou le chant d’un « Je vous salue Marie » après chaque messe dominicale. Jean-Marie, c’était aussi le café après les messes du mardi et du jeudi matin… au cours desquelles le ton des conversations pouvait très vite monter car nous étions aussi têtus.
J’appréciais ces moments de confrontation car ils me forçaient à synthétiser ma pensée pour lui répondre, voire à aller chercher des éléments nouveaux pour tenter de lui prouver la justesse de mon point de vue. Au moins, disait-il ce qu’il pensait, en vérité, ce qui faisait du bien dans notre monde parfois hypocrite. Mais cela rebutait aussi certaines personnes et je pense à une certaine jeune femme très timide qu’il avait vexé et qu’elle appelait « le gros » en râlant.
Géomètre de formation, passé par les Beaux-Arts, Jean-Marie était chef de chantier ou de travaux de profession. Il apportait alors systématiquement un point de vue, ce qui était intéressant mais pas toujours pertinent. Il se comportait parfois comme un « inspecteur des travaux finis » ce qui avait le don de m’agacer lorsque je m’occupais de la sacristie de l’église sainte-Thérèse et qu’il venait tout contrôler ou rétorquer que je ne faisais pas à sa sauce.
Passé par Viry-Châtillon et la Touraine, il était revenu à Savigny vers 2012 où j’avais vraiment fait connaissance avec lui. Il s’était notamment impliqué dans la préparation des 80 ans de l’église sainte-Thérèse. Et alors que nous avions prévu une visite guidée du lieu, il était arrivé et avait commencé à parler dans un brillant hors-sujet de la manière dont il aurait bâti l’église ou des travaux qu’il voulait y faire. Sacré Jean-Marie.
Pour les municipales de 2014, il m’avait permis de rencontrer un certain nombre de ses amis et de nouer de bonnes connaissances. Et puis, il m’avait dit avant les départementales qu’il ne voterait plus pour moi parce que je criais avec les loups donc que j’étais comme les autres. Son témoignage était précieux car vrai, et Jean-Marie était très doué pour les relations publiques, passant très bien auprès des différentes instances.
Généreux, il avait rendu énormément de services au père Jean-Louis ABANDA-ABANDA, le véhiculant très souvent. Solidaire, il s’attachait à des personnes dont la morale me surprenait parfois, mais par-delà, il y avait l’acte d’entraide. C’est ainsi qu’on pouvait le rencontrer dans des situations les plus diverses dans tout Savigny tant à un bar que se déplaçant dans le quartier de la gare où il habitait.
Aujourd’hui, je pense très fort à sa femme Liane et à sa fille Anne, à qui je présente mes plus sincères condoléances. Un mois après les attentats et la tension qu’ils ont installé, ce départ est d’autant plus dur qu’il est arrivé à la suite d’un accident de la vie. Adieu, Jean-Marie.

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