Plus que deux jours à attendre avant de connaître les résultats du deuxième tour des régionales ! Mais au-delà du renouvellement de l’exécutif régional, ces élections ont d’autres enjeux qu’il est intéressant de comprendre et de situer par rapport à la vie politique française. Revue de détail des leçons et des conséquences de ces élections.
Le FN gagnera-t-il une ou plusieurs régions ? Le PS a-t-il eu raison de se retirer dans deux régions et de n’avoir aucun élu pendant six ans ? L’échec des républicains peut-il mettre en cause l’avenir politique de Nicolas SARKOZY ? Quelles conséquences 2015 peut-elle avoir sur 2017 ? Le tripartisme est-il installé dans la vie politique française ?
La démocratie en danger ?
Elle ne l’est pas du fait du vote FN. Les Français (dans lesquels pour le coup je ne m’identifie pas) ont le droit de choisir la voie de la dictature d’un parti qui ne rédige pas de délibération lorsqu’il exclut son président-fondateur, et qui falsifie ses PV en transformant le vote « CONTRE » l’exclusion de Jean-Marie LE PEN de Mme Marie-Christine ARNAUTU en abstention.
Le vrai danger vient du fait que le PS ait retiré deux de ses listes, ne laissant aux électeurs que le choix entre un parti pseudo-démocratique (Les républicains) et un parti qui s’insère plus ou moins bien dans le schéma républicain mais qu’on ne fait pas interdire parce qu’il n’y a pas raison de le faire, et surtout parce qu’il en faut bien un troisième pour éliminer un deuxième.
Il sera donc intéressant de voir qui seront les fidèles électeurs qui choisiront dans le Grand-Est et en Bourgogne-Franche-Comté la liste de gauche, au risque de faire gagner le FN, mais en respectant leurs convictions et le principe du pluralisme démocratique. Ainsi, ils refusent le jeu du FN de constituer l’herpès (LRPS) et préservent la République et la démocratie.
Le FN en régions
Beaucoup de politologues et d’instituts de sondages se sont plantés, même s’ils refusent de le reconnaître. Wikipédia m’en soit témoin, personne ne voyait d’aussi bons résultats pour le Front national. Demain, ils peuvent donc gagner des régions et ce ne serait pas forcément un mal, si le Peuple les a véritablement élu. Ils sont aujourd’hui le premier parti de France…
Je pense que le FN est incapable de gérer correctement une région, en respectant scrupuleusement son programme. Ils peuvent ne pas se planter en mettant les moyens, comme ils font dans les villes prises aux municipales de 2014, mais forcément, ils dérogent à une partie de leurs promesses de campagne.
Une défaite totale en 2015 ne ferait que renforcer le FN en vue de 2017 qui sera probablement au second tour de l’élection présidentielle (à mon avis contre HOLLANDE). Alors que si PHILIPPOT gagnait ainsi le Grand-Est, Marine LE PEN pourrait d’une part s’en débarrasser (puisqu’il énerve tout le monde) et ensuite connaître ses premiers ratés !
SARKOZY dans tout cela
Pourquoi un tel flop des listes LR, même alliées à l’UDI et au MODEM. Parce que les Français ne veulent plus de SARKOZY. En 2012, j’ai voté pour lui dès le premier tour. Dans le contexte de 2012, je le referai ; dans le contexte de 2017, je ne lui accorderai pas ma voix surtout depuis son mensonge d’une promesse d’abrogation de la loi TAUBIRA qu’il maintiendra s’il est élu.
Sitôt les régionales terminées, les républicains vont préparer la primaire de la droite et du centre. Un échec aux régionales, qui existe de fait puisque LR est dépassé en voix par le FN dans nombre de communes et qu’il n’y aura pas de vague bleue, ne peut qu’être imputable à Nicolas SARKOZY et à sa stratégie du Ni-Ni qui ne passe pas, même si je suis d’accord avec lui.
Regardez bien la stratégie de JUPPÉ qui reste en retrait ou au contraire Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET qui s’affirment. Ou les positionnements rassembleurs et présidentiables de Xavier BERTRAND et de Christian ESTROSI. Tous préparent la primaire en misant sur le temps qui joue contre SARKOZY en baisse constante dans les sondages depuis son retour.
Le bipartisme n’est pas mort
La France ne sera pas tripartite tant que la présidentielle ne permettra pas trois candidats au second tour. On peut dire qu’il y a une alliance des centristes contre les extrémistes ou des vrais républicains contre les nationaux-patriotes, cela ne fait toujours que deux camps d’autant que gauche et droite votent très souvent ensemble… Et c’est un danger.
Car l’alternance est un fait qui se produit au plus tard tous les trente ans en moyenne. Et depuis quelques années, la gauche et la droite tendent de plus en plus à se ressembler, ce qui pousse naturellement tous ceux qui veulent autre chose aux extrêmes. Alors peut-on imaginer le FN monter plus loin ? Il est déjà à 30 % alors qu’on ne le disait pas pouvoir dépasser 25 %…
La formule à trois partis politiques est utile dans notre système puisqu’elle permet d’éliminer un gêneur au premier tour. Mais à vouloir manger à tous les râteliers, certains se cassent les dents : la gauche en oubliant son électorat populaire qui part à l’extrême, la droite en allant trop tirer au centre ou à l’extrême-droite, et ce dernier en allant trop à l’extrême…
Rien n’est encore joué et chacun des trois partis peut encore tirer son épingle du jeu politique. En Île-de-France, la personne de BARTOLONE peut laisser imaginer un renouveau par rapport à HUCHON et ainsi écarter PÉCRESSE. Ou le désir d’alternance peut être plus fort. Quelque soit le résultat, il aura de grandes conséquences pour les différents partis en vue de 2017.

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