Il est malheureux de voir que ses dessinent les mêmes passions qu’en janvier, après les attentats, et les mêmes dérives. La différence est que la France a peur car Vigipirate au maximum ne peut pas empêcher plus les attentats et qu’à la différence de janvier, il ne suffit plus d’être journaliste, policier ou militaire, ou de confession juive, pour être ciblée par des criminels qui veulent juste tuer du Français.
Aussi beaucoup de personnes ont-elles besoin de s’exprimer, et finalement de véhiculer des contre-messages qui servent le jeu des terroristes qui n’attendent que cela, et se réjouissent de ce qui leur offre la preuve qu’ils ont gagné et déstabilisé le pays. Mais un autre problème est surtout l’État qui ne se montre pas à la hauteur et qui communique pour dire qu’il va tout régler alors qu’il va mal voire ne rien faire.
Les rassemblements de soutien
Les photos pullulent sur les réseaux sociaux. Mais est-ce sincèrement parce qu’on souhaite manifester sa solidarité avec les victimes ou parce qu’on veut dire qu’on y était. C’est comme tous ceux qu’on entend dire qu’ils étaient à Paris vendredi soir, qu’ils auraient pu aller au concert du Bataclan, qu’ils étaient au lieu de l’attentat la veille… Merci de faire de si bonnes cibles pour d’éventuels terroristes en réserve.
La relativisation des victimes et des terroristes
On entend encore dire que ce sont les musulmans les premières victimes. Non, ce sont d’abord les personnes qui ont perdu la vie vendredi soir (moins les terroristes). Ensuite, on assure que le suicide kamikaze est lâche. Pourquoi donnait-on à boire du saké (alcool de riz) aux pilotes japonais avant la guerre ? Il faut beaucoup de courage pour accepter de perdre sa vie. Les terroristes sont des criminels qui méritent la pendaison (ou la décapitation).
Le discours politique
En Essonne, on trouvera bien un nouveau Jérôme GUEDJ qui viendra nous expliquer que l’Essonne compte le meilleur (la BRI et le RAID à Bièvres) et le pire (machin dont il ne faudrait pas retenir le nom, originaire de Courcouronnes). Ensuite, on nous annonce qu’on va renforcer la sécurité intérieure. Or, nous sommes déjà au maximum de ce que nous pouvons faire avec Vigipirate avec combien de ratés (plus de 1000 agressions de soldats Vigipirate depuis janvier) ?
L’union nationale de façade
On fait l’union mais on écoute pas trop François HOLLANDE à cause de la présidentielle qui est dans 18 mois. Et puis, on invite l’extrême-gauche mais beurk, pas l’extrême-droite. On est d’accord sur rien ; la droite vient donner des leçons sur ce qu’elle n’a pas fait quand elle était au pouvoir. On appelle cela « unité nationale » en temps de guerre (dixit VALLS). Heureusement qu’ils étaient un peu plus sérieux en 1914 !
Le contre-message militaire
Ne faisons pas semblant d’ignorer que la seule solution est une alliance syro-irano-russo-européenne. Donc avec Bachar AL-ASSAD. Alors quand HOLLANDE fait bombarder Raqqa, il donne le message qu’on va gagner en renforçant les bombardements. Mais les chefs sont cachés dans les montages sinon enterrés, à l’abri des bombes, non il faut envoyer des hommes. Ensuite viser les chefs ne fera que permettre leur remplacement par d’autres…
La surinformation en boucle
Voilà trois jours que les éditions et émissions spéciales se multiplient alors qu’elles n’apprennent rien ! Au contraire, elles ne font que renforcer les sentiments de peur chez les citoyens qui en viennent à paniquer dès lors qu’une ampoule casse ou qu’un pétard éclate. Elles donnent la parole à des experts qui disent ce qu’on sait déjà et dressent des commentaires des commentaires. Qui peut encore regarder ces chaînes ?
Devenir terroriste en quelques leçons
Maintenant que l’on sait le mode opératoire des terroristes, on peut comprendre comme ils ont fait et donner des idées aux autres dérangés idéologisés et fanatisés. Comme le pilote de la Germanwings qui voulait mourir et qu’on parle de lui. Eh bien, c’est fait et comme on donne les noms, on en fait aussi des héros. Enfin, on leur indique même comment se camoufler, ce qui est très pratique lorsqu’on a un mandat d’arrêt international.
Les solutions populistes
Ce sont des musulmans donc on entend des appels à fermer les mosquées salafistes. Oui, privons-nous des renseignements que l’on a, de personnes que l’on arrive à surveiller ainsi, pour favoriser un islam radical des caves caché de tous. On entend aussi « Mettons toutes les personnes qui ont des fiches S en prison ». Pourquoi machin a t-il eu 8 condamnations sans les faire ? Parce que les prisons sont pleines et qu’on veut pas payer pour en construire…
La multiplication des perquisitions
Qu’est-ce qu’on y trouve ? Des armes. Et si on régulait effectivement le contrôle d’armes sur le territoire en allant chercher celles que l’on sait être dans beaucoup de quartiers populaires et qui resortent à l’heure des règlements de compte ? Faut-il attendre un attentat comme celui-là pour aller les confisquer ? Demain, avec les imprimantes 3D, tout le monde pourra s’en imprimer… Donc c’est de l’hypocrisie. Soit elles sont interdites soit on les tolère…
Tous ces réflexes rendent les Français à cran et capables de gober n’importe quoi. Attendons de voir ce que va proposer le président au Congrès de ce lundi 16 novembre, mais faisons surtout attention à ne pas recréer un effet 11-janvier qui ne sert finalement à rien. Oui, nous sommes solidaires. Et après, tout seul, face à la kalachnikov du terroriste, que fait-on ?

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