Au catéchuménat, les demandes de sacrements proviennent de personnes de sensibilités bien diverses, qui ressemblent dans leur début de cheminement parfois plus à du paganisme (notamment de l’animisme) qu’à du christianisme. Malheureusement, les sensibilités de leurs accompagnateurs sont aussi parfois limites, à cause de leur culture religieuse populaire des fois trop envahissante.
Depuis le concile Vatican II (1965) qui aura permis une pratique religieuse moderne aux territoires convertis avec la colonisation (Amérique, Afrique, Océanie) on assiste à un phénomène d’embourgeoisement du catholicisme européen. Un comble pour une religion centré sur un Dieu (Jésus) qui fréquente ostensiblement les putes et les agents du fisc, tout en crachant abondamment sur les riches. Mais peut-être aussi un signe de compréhension ?
Le mystère de la foi
La religion chrétienne est basée sur des mystères. Dieu est un (saint) mystère. L’Amour est un mystère. La Vie est un mystère. La mort est un mystère. La résurrection est un mystère. Si je mets ma casquette de policier ou de journaliste et que j’éclaircis ce mystère, alors ce n’en est plus un. Or, jusqu’à présent, on ne peut toujours pas expliquer pourquoi les questions métaphysiques (la vie, la mort, l’amour…) donc il faut admettre que l’on vit sans comprendre.
100 % + 100 % = 100 % ?
La raison cartésienne ne peut pas expliquer que Jésus puisse être 100 % Homme et 100 % Dieu parce qu’on ne peut pas être 200 % à soi tout seul. Certains veulent alors bien imaginer que Jésus soit 50 % Esprit saint (qui serait assimilé à un « sperme de Dieu ») et 50 % « ovule de Marie ». Ben oui, mais non. Jésus est 0 % humain dans sa conception (car toujours 100 % Dieu) et 100 % humain dans sa naissance, sa vie et sa mort. Car il a deux natures qu’il vit pleinement.
Si 2 = 3 alors je suis un cauchemar mathématique
Si 2 = 3 alors on peut retrancher 1 de chaque côté et l’équation est toujours valable.
Donc 2 – 1 = 3 – 1 ie 1 = 2. Or, 2 = 1 + 1.
Si je suis un cauchemar mathématique, je n’en reste pas moins Olivier VAGNEUX.
Donc 1 Olivier VAGNEUX = 1 Olivier VAGNEUX + 1 cauchemar mathématique = 2 personnes
Dieu a trois natures ou trois personnes (Père, Fils-homme et Esprit) qu’il vit toutes les 3 à 100 %.
Dans un autre style
Prenez un diamant finement taillé (je n’en ai pas sous la main). Prenez alors un cristal de roche (je n’en ai pas non plus). Vous avez un gros caillou dans les doigts dans lequel vous pouvez vous voir. (On peut aussi faire cela avec une cuillère mais cela se limite à deux faces). Tel côté vous renverra toujours votre image, mais de manière différente. Et pourtant, cela reste le même objet et vous restez la même personne. Bref, c’est toujours autant compliqué.
Tout cela pour rappeler que Jésus est aussi humain
Donc si Dieu a pris la peine de descendre par delà les nuages pour se faire trucider par ceux qu’ils venaient déranger en leur donnant un peu plus que des leçons de morale, et mettre le doigt sur leurs faiblesses (des choses dont ils avaient honte), ce n’est pas pour qu’en 2015, on rajoute des intermédiaires. La Vierge Marie, les saints du Ciel et ceux plus proches de nous, c’est bien gentil mais cela ne vaut pas la ligne directe que Dieu nous a installé dans le cœur.
« Il vaut mieux s’adresser au Bon Dieu qu’à ses saints«
Alors pour une fois que la sagesse populaire tient un discours réellement chrétien, n’hésitons pas à la suivre concrètement en nous rappelant que l’Incarnation de Dieu dans le Christ avait aussi pour but de permettre à Dieu de comprendre sa créature avec qui il se dispute souvent dans le Premier testament. Et Dieu a choisi de venir vivre auprès des plus pauvres, et il nous invite à l’imiter en focalisant nos attentions là où il y a besoin.
Alors arrêtons de créer artificiellement des barrières et de la distance avec Jésus, quand les barrières plus que concrètes qui existent dans nos vies, sont les distances que nous mettons en répugnant d’imiter le Christ. À aucun moment de l’Évangile, Jésus nous demande d’en faire autant que Lui. Mais Il nous invite à tendre vers l’idéal qu’Il représente et pratique, et à nous interroger sur l’essentiel : qu’est-ce que je veux faire de ma vie ? Où est-ce que je veux donner ?

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