Les films d’horreur avec des zombies ne sont pas mes films préférés. Mais j’ai eu envie l’autre dimanche soir de regarder celui que nous proposait D8 après Hunger Games : Dead rising Watchtower. C’est un navet terrible avec de grosses incohérences et des acteurs qui jouent mal, mais c’est aussi un film qui rend hommage au journalisme et à nos libertés individuelles. J’ai finalement bien aimé au point de lui consacrer un article.
Je suis d’habitude très bon public, et au contraire de beaucoup de films de zombies (celui-là est pourtant interdit aux moins de 16 ans), je n’ai absolument pas eu peur, ne sursautant à aucun instant. Alors au-delà du scénario qui tient en cinq lignes, et des points de vue complétement inutiles (par exemple pris des armes qui vont frapper ou tuer) qui n’avait pour autre but que de faire durer le film 2 h 05, il surnage vaillamment une invitation à la réflexion.
Le scénario (attention spoiler)
Aux États-Unis, un quartier a connu plusieurs épidémies de « zombisation« . Les humains mordus doivent tous les jours s’injecter un vaccin pour ne pas se transformer. Mais un jour, le vaccin ne fonctionne plus. Il a en fait été rendu inefficace par le Gouvernement qui cherche à injecter une puce GPS dans une chambre d’implantation sur toutes les personnes mordues afin de les tracer. Deux journalistes enquêtent au cœur du quartier bouclé par l’armée.
Un tableau des comportements humains
Dans le quartier ainsi bouclé, des groupes d’humains se mettent en place. Certains se réunissent, s’organisent et fabriquent des armes pour se battre. D’autres sont complétement perdus et vont se livrer en espérant obtenir de l’aide. Certains se mettent à piller (tandis que d’autres qui ne sont pas du quartier viennent aussi pour devenir les nouveaux chefs de ce territoire perdu). Enfin, d’autres restent cachés et ne sont libérés qu’à la fin.
Épidémie, endiguement et contamination
Au départ, le confinement est assuré par une agence de santé que l’armée met en difficulté en lui fournissant de faux vaccins pour la décrédibiliser. Puis l’armée menace d’utiliser la bombe atomique pour détruire le quartier afin de mieux arriver à proposer la solution des puces. Il y a alors un savant plan de communication qui est mis en place avec des politiques complices. Mais ce film nous interroge sur notre capacité à endiguer des épidémies comme Ébola.
Des moments inutiles et loufoques
Il y a toujours un moment où des membres du groupe se font tuer car comme dans Résident Evil, la logique des personnages est toujours de se séparer pour trouver une sortie. Ensuite, devenir zombie prend plus ou moins de temps selon les personnes ce qui est incohérent (de quelques minutes à 24 heures). Ces zombies sont plus ou moins vifs de ceux qui titubent à d’autres qui peuvent courir et sauter… Enfin, les scènes sur le plateau TV n’apportent rien…
L’adaptation d’un jeu vidéo
Bien que je ne connaisse pas les jeux vidéos Dead Rising, je sais qu’ils n’ont jamais atteint les ventes des blockbusters des jeux de zombies tels la série des Resident Evil. Je ne peux donc pas juger du fait qu’ils soient aussi mal faits que le film. Toujours est-il que le scénario se tient et qu’on tient jusqu’au bout du film sans s’ennuyer ou avoir l’impression de perdre trop son temps. Mais au contraire du jeu, la part de combats est très limitée dans le film.
Bref, un film que j’ai pleinement apprécié en raison de mes convictions politiques puisque ce sont les journalistes qui sont ici les seuls à interroger et à enquêter sur les libertés individuelles qu’on nous retire progressivement toujours avec de bonnes raisons.
Rappelons qu’en France, il y a déjà eu 16 lois anti-terroristes votées depuis 1986 qui à chaque fois nous retire un petit peu plus de liberté. Mais qui s’en rend compte et le dénonce ? Soit des citoyens engagés qui font un travail journalistique, soit la presse.
Ce navet qui joue aussi avec la théorie du complot, doit nous interroger, en lien avec ce que certaines armées ont parfois fait, notamment en Afrique. La santé oui, la liberté oui, mais à quel prix ? Mais n’allons pas non plus fantasmer sur les vaccins que les gens refusent désormais…

Laisser un commentaire