Il nous quittait le 18 septembre 2008. Dans mes voeux 2015, je réclamais un inventaire du marsaudonisme. Je ne pensais pas que Eric MEHLHORN me prendrait réellement au mot en détruisant tout ce que l’ancien député-maire de Savigny avait pu aimé et construire dans la ville. Un homme qui a été capable du meilleur comme du pire pour Savigny.
Il y a quelques mois, un dessinateur de presse représentait François MITTERRAND sur un petit nuage en train d’observer les socialistes actuels avec ce commentaire laconique : « les cons« . Aujourd’hui, je pense au même dessin avec Jean MARSUDON se moquant de ses successeurs car ayant réussi son combat : rester la dernière grande figure politique de Savigny-sur-Orge.
Qu’est-ce que l’héritage marsaudonien ?
Une vague idée d’un Savigny respecté et influent en Essonne, mais en réalité plus grand chose, ses successeurs s’étant chargé d’enterrer cette idée et cette réputation par leur incompétence et leur comportement. Aujourd’hui, il continue de susciter admiration et haine chez ses partisans et ses opposants. Geneviève MARSAUDON, sa dernière femme, s’est imposée gardienne du Temple ou plutôt des sommes que lui avaient prêtés certains pour financer des campagnes électorales et qu’elle n’a toujours pas remboursée sur l’héritage.
Les trois erreurs politiques de Jean MARSAUDON
La première remonte à 1998 lorsque responsable RPR de l’Essonne, il a négocié des retraits contre des soutiens avec le Front national au second tour des élections cantonales (Juvisy-Morsang). La deuxième fut celle de choisir Éric MEHLHORN pour succéder à Simone DUSSART. La dernière fut de choisir Laurence SPICHER-BERNIER pour continuer sa tâche à la mairie.
Un homme à l’égo démesuré
Il ne voulait pas que ses successeurs puissent faire mieux que lui. Aussi s’est-il entouré des plus incapables qui n’étant pas capable de gérer un mandat, se sont dépêchés de vouloir en cumuler et ont perdu. La circonscription est à gauche. La ville est divisée et le canton est resté à droite à cause du contexte national et de la platitude des candidats de gauche.
Un homme qui avait tout gagné très (trop) vite
Profitant des erreurs de gestion de Michel BOCKELANDT qui n’avait eu besoin que de trois ans pour faire oublier le bilan de Raymond BROSSEAU et mettre la Ville sous tutelle, MARSAUDON avait été élu maire et Conseiller général en 1983 après l’invalidation des cantonales de 1982. Puis en 1993, à la suite du désastre socialiste, il était facilement entré à l’Assemblée. Il était en tout cas un brillant tacticien qui maintenait la gauche divisée en instrumentant l’extrême-gauche (de Jean ESTIVILL à Savigny par exemple).
Que retient-on de ses mandats ?
Il y a trois périodes dans le mandat savinien de MARSAUDON : la conquête de 1983 à 1989 à l’issue de laquelle il se débarrasse de tous ceux qui l’ont aidé, l’exercice du pouvoir de 1989 à 2001 et la décadence à partir de 2001 lorsque MARSAUDON se pense intouchable. Au-delà de Savigny, où les mauvaises pratiques financières et démocratiques des années 2000 ont vite fait oublier le redressement spectaculaire du premier mandat, il aura marqué de sa présence et des services clientélistes qu’il aura rendu à de nombreuses personnes. Le couvre-feu également. À l’Assemblée, on retient surtout sa proposition d’installer le drapeau français sur tous les bâtiments publics.
Le maître de la droite en Essonne
Ayant toujours entretenu des liens très forts avec CHIRAC et étant arrivé au pouvoir relativement jeune et sans obstacles, il a traversé les années. C’est lui qui a réconcilié le balladurien Georges TRON et l’a placé à la tête de la fédération UMP de l’Essonne. Sept ans après son décès, il est toujours autant respecté étonnamment plus à Athis-Mons qu’à Savigny.
Ses combats, sa façon d’être
Il était aussi dictatorial que ses successeurs mais d’une certaine manière cela passait auprès de la population au regard de tout ce qu’il avait fait. Il n’avait pas été tendre en 1983 pour purger la fonction territoriale de ses éléments communistes. Mais il avait une ambition pour Savigny, y compris celle de refuser l’intercommunalité, ce qui ne posait pas de problèmes avant 2009. Une chose est cependant certaine : jamais il n’aurait accepté de se débarrasser de la Savinière.
La face cachée de Jean MARSAUDON
Mais l’homme avait aussi ses parts d’ombre sur lesquels il m’aurait plus d’enquêter : ses liens avec le SAC (Service d’action civique) ou le MIL (Mouvement indépendance et libertés), ses voyages réguliers au Sénégal, son amitié avec Jacques CHIRAC, ses rapports avec la franc-maçonnerie. Et puis il faut voir la manière dont il se servait des autres et tous ceux qu’il a « épuisé ». Reste à comprendre pourquoi il a toléré la présence de certains à ses côtés qui pouvaient risquer de lui faire de l’ombre et ne s’en est pas débarassé.
Aujourd’hui encore, un aspirant au poste de maire est forcé de se positionner dans la lignée de Jean MARSAUDON pour l’emporter. Et maintenant que la commune ne représente plus rien dans le Grand Paris, il risque en effet de rester le dernier grand maire de Savigny… Mais à quel prix ? « Après moi le déluge. »


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