J’ai été réellement surpris d’apprendre que l’émission n’avait pas fonctionné alors que je trouve que ce n’est pas une mauvaise télé-réalité. Certes, elle est à la sauce M6, qui rappelons-le, sont les pionniers du genre avec le Loft. En fait, j’ai l’impression que c’est le thème du travail qui est tabou et n’a pas fait envie aux téléspectateurs.
En quarante ans, le chômage est passé de 3 à 11 % et le Code du travail de 600 à 10 000 articles de lois. Je pense, en tant que candidat aux législatives de 2017, qu’il faut réformer le travail en facilitant tant la création que la cession d’entreprise. Mais qu’il faut aussi réformer le chômage et les contrats de travail qui ne sont plus adaptés aux réalités économiques.
Une télé proche de la réalité
Si on peut reprocher à l’émission de ne pas avoir de candidats séniors, le monde du travail est une compétition géante dans laquelle, maintenant que 85 % d’une génération possède un diplôme dévalué, la différence se fait sur des à-côtés. En cela, les épreuves de l’émission sont intéressantes car elles demandent aux candidats de faire preuve d’esprit pratique.
La travail est tabou
Les Français sont un peuple jaloux. Ils ont des scrupules à parler de leur salaire (ce qui est une négation de la valeur de leur travail) de peur que l’autre gagne plus qu’eux. Ou d’afficher leurs diplômes de peur qu’un autre en ait un qu’ils n’aient pas réussi à avoir. Alors certes les candidats du jeu veulent réussir et ils ont pour certains d’excellentes bases, mais ce n’est pas une raison pour les détester.
La version française est pourtant légère
Mais si la mayonnaise ne prenait pas parce que Bruno BONNELL ne se comporte pas comme un Donald TRUMP avec son célèbre « You’re fired ! » (Vous êtes virés). Si les Français voulaient juste voir le plus mauvais de la relation du patronat au salariat… Je crains que c’est parce que l’émission soit trop humaine, trop paternaliste, trop « christianiste social » qu’elle ne fonctionne pas.
Le paradoxe des candidats jeunes
Miser sur un jeune, c’est espérer qu’il aura le temps de grandir dans l’entreprise. Or, aujourd’hui, peu de monde vit sa carrière au sein de la même entreprise. Ayant moi-même du mal à trouver des stages, des contrats, des alternances, je ne peux que me réjouir que certains se fassent remarquer à la télévision et qu’un gagne le super travail promis au vainqueur.
De toute façon, on ne me fera pas dire du mal de Bruno BONNELL qui a bercé ma jeunesse avec ses jeux vidéos Infogrammes. Mais je ne comprends pas comment s’il n’y a eu que 1 million de téléspectateurs (ce qui est déjà la preuve que 95 % de l’audimat ne s’est pas intéressée à l’émission), tous les médias ont pu le condamner aussi vite… J’aime cette émission qui me repose, et je le dis.

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