Ces 12 et 13 septembre 2015, je me suis rendu au salon des jeux de société de Savigny-sur-Orge et je m’y suis trouvé fort mal à l’aise par rapport à la mentalité développée face au jeu de société nouveau. Je m’attendais à retrouver les madeleines de Proust ayant amusé mon enfance, et surprise, je me suis retrouvé avec des jeux dont je n’ai pas compris comment ils pouvaient procurer un divertissement stimulant.
Je n’écris pas que ces jeux étaient nuls ou mauvais ou pas amusants. Je n’ai simplement pas apprécié le discours tenu par certains des animateurs présents rejetant en bloc les jeux de ressources (à l’allemande), crachant allègrement sur le Monopoly, Risk ou Diplomacy. Et par là la vision libérale du jeu de société ressemblant sûrement trop à la vie réelle avec des vainqueurs qui jouissent et des perdants qui déchantent.
La vision des animateurs
Ceux-ci mettaient en avant les jeux de réflexion qui représenteraient le summum des jeux de société. Je trouve cette vision légèrement élitiste, l’important pour moi étant l’amusement individuel des joueurs. Ensuite, ils donnaient une place sacrée au respect de la règle. Pour moi, dans le cadre du jeu, qu’importe qu’on adapte la règle, pourvu qu’on se divertisse. Enfin, ils réclamaient que la partie ne soit pas trop vite pliée pour que tous s’amusent le plus longtemps… Je ne lie pas les deux derniers éléments : temps et agrément.
Pourquoi ce serait socialiste (ou soviétique) ?
Voilà pourquoi l’économie russe n’a fait que se dégrader sous l’URSS : Un professeur des écoles souhaite récompenser l’effort de ses élèves par rapport à la qualité de leur travail. Il décide alors de mettre la moyenne générale à chacun soit un B. Ceux qui auront fait 6 heures d’effort et auraient mérité A vont trouver cela injuste. On ne les y prendra plus. Ceux qui n’ont travaillé qu’une heure et auraient mérité C vont se réjouir. Ils vont continuer.
Le devoir suivant, ceux qui avaient travaillé 6 heures sachant comment le professeur va les noter vont un peu moins travailler. Ainsi la moyenne générale sera tirée vers le bas d’autant que les autres, travaillant moins n’auront pas de « carotte » les incitant à travailler plus. De fait, la moyenne générale, note de tous les élèves va diminuer à « C ». Puis « D ». Enfin, le goût de l’effort sera tué puisque la moyenne sera toujours plombé par les plus mauvais.
Tu nous expliques le rapport ?
À vouloir des jeux de société sans prédominance des uns sur les autres et qui refoulent le désir de victoire, on tue l’intérêt du jeu. On se fait « esclave du hasard » et on exclut l’idée de lutte des petits qui naturellement s’allient pour combattre le fort. Au final, on « nihilise » la société, qu’on aseptise de ses comportements sociologiques naturels. Il est normal de vouloir tout écraser pour dominer, cela s’appelle l’instinct de survie et participe à la conservation du milieu.
Je ne comprends toujours pas
Les nouveaux jeux de société ne s’appuient pas sur des ressources au contraire de notre économie physiocratique (je ne peux pas me passer d’eau, de produits agricoles, de pétrole, d’argent, d’or…). Ils s’appuient sur des éléments immatériels qui imposent un « bonheur » collectif et ne dessinent une victoire qu’à la toute fin du jeu. Elle n’est donc ni préparée ni gonflée par le sentiment d’euphorie et de puissance liée à l’approche de la victoire.
Et alors ? La réponse se trouve dans notre cerveau
Les neurologues ont établi un parallèle entre l’augmentation des maladies neurologiques et le développement des maladies neurodégénératives, avec l’avènement de la société de consommation à partir des années 1950. Tout avoir (comme dans un monde ultralibéral) ou avoir tous la même chose (comme dans un monde soviétique) ne fait pas fonctionner notre cerveau, qui ne secrète pas d’endorphines (hormones du plaisir).
Tout ce que tu écris n’a aucun rapport
Tout comme le cerveau humain a besoin de sucre et de graisse pour fonctionner, il a besoin d’être stimulé. De désirer ce qui produit certaines hormones puis d’obtenir une récompense ce qui synthétise de nouvelles hormones qui se conjugueront avec les premières et renforceront l’état de bonheur. Avec les nouveaux jeux de société, pas de désir puisque pas d’enjeu et pas de récompense puisque pas de victoire ou alors une victoire tardive et modeste.
Le soviétisme des pensées et des consciences n’est pas loin. Restons vigilants. C’est avec des masses qui ne font plus travailler leur cerveau et parmi lesquels aucune tête ne veut sortir du rang qu’on fabrique les meilleures dictatures. L’Histoire nous l’a déjà prouvé !!!
Il faut donc jouer pour s’amuser mais aussi pour gagner !


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