Le Japon commémore ces derniers jours les 70 ans des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki. Le choix des villes visées a toujours été sujet à débat et les différentes hypothèses développées donnent à s’interroger sur la symbolique d’un bombardement totalement destructeur. L’atome, sel des temps modernes ?
Lorsque les Romains ont détruit Carthage en 146 avant J.-C., ils l’ont salée afin que rien ne repousse et qu’on oublie ces Carthaginois qui leur avaient fait si peur. Malgré cela, ils reconstruiront plus tard la ville pour son importance stratégique. Le 9 août 1945, les États-uniens ont ciblé la ville de Nagasaki. Pour quelle raison ?
Nagasaki, l’européenne
En 1543, un bateau portugais va s’échouer sur les côtes de la Préfecture de Kagoshima et des commerçants vont commencer à y faire du commerce. Ce qui était un village de pêcheurs va devenir une ville prospère d’où s’organiseront les échanges entre Cipango (le Japon) et l’Europe. La ville sera concédée aux Portugais en 1571 puis aux Jésuites en 1580 jusqu’à 1587.
Nagasaki la chrétienne
C’est aussi là que les premières conversions au christianisme vont avoir lieu. Et malgré que le pays se referme progressivement et revienne au Moyen-Âge, dont le sortira Meiji en 1868, les chrétiens vont subsister à hauteur de plusieurs milliers. Nagasaki sera alors un centre culturel, capitale intellectuelle du Siècle chrétien. La ville reste aujourd’hui encore croyante.

Sans Nagasaki, le très fermé Japon redevient une terre vierge
En éliminant Nagasaki, le Japon qui ne s’était pas rouvert à l’Occident à l’image de la Chine et n’avait concédé que des ambassades au lieu de concessions redevenait à déflorer. Et c’est l’armée américaine qui pourrait violer ce territoire puisque les autres armées européennes n’étaient plus en l’état de venir l’occuper.
Nagasaki, l’usine d’armement épargnée
Les Américains auraient visés pour les bombardements atomiques des villes protégées des bombardements incendiaires de manière à pouvoir tester les effets réels de la bombe, à une capacité dix fois plus importante que le test effectué à Los Alamos. Deux usines actives étaient visées : Kokura et Nagasaki. Mais la météo aurait forcé à privilégier la seconde.
Les villes épargnées du Japon
Pendant la seconde guerre mondiale, les États-uniens se sont abstenus de bombarder les lieux culturels japonais de manière à ne pas exciter plus une population déjà suffisamment fanatisée, capable de tout pour son empereur Shôwa. Si l’on comprend donc que Kyoto (capitale historique) et Tokyo (capitale impériale) aient été sauvés, la culture était aussi à Nagasaki…
La théorie du complot maçonnique
Puisque le président TRUMAN et un certain nombre de généraux américains dont MAC ARTHUR auraient été francs-maçons, une hypothèse souvent avancée est qu’ils auraient voulu détruire ce qu’il restait du catholicisme au Japon. Cela reste une hypothèse. Toujours est-il que c’est étrange à l’image de leur obstination à ce que l’empereur japonais renonce à sa nature divine…
Selon les sources, les villes à bombarder ne sont pas les mêmes et leur priorité s’inverse même parfois. Les Américains cherchaient à faire des coups d’effet et ils ont réussi. De là à dire qu’ils avaient un projet, rien n’est moins sûr. Le résultat fut le même : les Japonais capitulèrent.

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