Depuis ce dimanche 21 juin 2015, la presse française commente le refus de l’État de Caroline-du-Sud (États-Unis) de mettre en berne le drapeau confédéré sur leur Parlement. Avec moults éléments de désinformation qui m’incitent à venir rétablir quelques vérités rompant avec la bienpensance communément admise.
Récemment, j’assistais au Club de l’Horloge à une conférence d’Alain SANDERS, écrivain et journaliste français d’extrême-droite, ancien rédacteur en chef du quotidien Présent qui traitait des « mensonges pendant la guerre de Sécession« . Je vais d’abord en rendre compte brièvement puis je m’attaquerai à dénoncer les mensonges de ces derniers jours.
Quelques chiffres en 1861 :
– 22 millions de Nordistes (55 % nés sur place) qui dénomment le conflit « guerre civile »
– 5 millions de Sudistes (85 % nés sur place) qui dénomment le conflit « guerre entre les états »
– 3,8 millions d’esclaves noirs en sus répartis dans le Nord et le Sud, majoritairement au Sud
– 1/6e des Sudistes possédaient des esclaves en 1860. En tout, ils étaient 385 000 soit 4,8 % de la population des états esclavagistes à en posséder.
– La guerre a fait 700 000 morts et 1 500 000 blessés.
La conférence d’Alain SANDERS
Dans l’imaginaire collectif, le Nord a fait la guerre pour libérer les Noirs tandis que le Sud luttait pour maintenir l’esclavage. Il s’agit plutôt d’un conflit économique entre un Nord riche et industriel, aidé des banques, contre un Sud pauvre et agricole. L’Union essayant dans les années 1860 d’imposer un nouveau droit de douane sur les textiles en Caroline-du-Sud.
La cause de l’esclavage aurait été mise en avant dans le conflit vers 1863 alors que la France et le Royaume-Uni préféraient soutenir le Sud dans la guerre qui l’opposait au Nord, de manière à réduire la puissance de ce premier état. Pour autant, le Nord ne souhaite pas d’égalité sociale entre les noirs et les blancs, comme le prouve plusieurs textes émanant du Gouvernement.
La plupart des chefs de la Confédération avaient eux-mêmes libéré leurs esclaves, tandis que l’esclavage était aussi pratiqué dans certains états de l’Union. La situation au Sud ne peut pas être vu telle que dans « La case de l’oncle Tom« , écrit par une femme, Harriet Beecher STOWE, n’ayant jamais mis les pieds plus au Sud de la ligne frontière Masson-Dixon.
Les blancs étaient majoritairement pauvres (« white trash« ) même si en habitant à la campagne, ils pouvaient parfois mieux vivre que les ouvriers du Nord. Les noirs ne réclamaient pas tous l’abolition immédiate de l’esclavage. Ainsi, en 1859, l’ultra-abolitionniste John Brown va attaquer un arsenal pour donner des armes aux esclaves mais ne sera suivi par personne…
Si le Sud était prétendument raciste, il est paradoxal de constater qu’il possédait un général amérindien et combattait avec des bataillons amérindiens et d’autres composés d’esclaves affranchis. Tandis que le Nord n’avait que des généraux blancs et n’intégra de bataillons composés de non-blancs (« colours troops« ) à son armée qu’à partir d’août 1862.
Les raisons de ce recrutement tiennent au fait que le Nord commençait à manquer de soldats au début de la guerre, malgré la promesse de naturalisation faite à tous les migrants européens qui auraient servi pendant la guerre. Je vous invite à la lecture de cet article qui ne me semble pas totalement faux dans ce qu’il annonce.
En revanche, le gouvernement du Nord pratiquait une politique antisémite comme l’atteste l’ordre général n°11 du général GRANT et la présence de zones d’isolement dans le Nord… Enfin, regardons aussi que le Sud avait des ministres de confession israélite dans son gouvernement, mais pas au Nord durant la guerre qui craignait un complot…
La controverse du drapeau en Caroline-du-Sud
Un attentat a eu lieu dans une église de Charleston (Caroline-du-Sud) faisant neuf morts (noirs). Il s’agit d’un attentat raciste commis par un homme (WASP – White anglo saxon protestant) qui se réclame du suprématisme blanc et revendique son acte. Il y a eu un deuil local et les drapeaux officiels ont été mis en berne, à l’exception du drapeau confédéré.
Le dixie flag est un morceau de l’ancien drapeau de guerre des États de la Confédération au cours de la guerre de Sécession (1861-1865). Paradoxalement, il ne fut jamais le drapeau officiel de l’État confédéré mais reste dans la mémoire collective américaine, comme le symbole du Sud sécessionniste, donc un héritage culturel régional fort.
Ce drapeau fut instrumentalisé dans les années 1960 par des extrémistes (du Ku Klux Klan ou des suprématistes blancs) qui voulaient conserver la ségrégation. En cela, il peut être compris comme un symbole ségrégationniste, sauf qu’il était bien avant cela un symbole d’un certain Sud américain, déjà présent dans de nombreux foyers américains.
Il y a eu un référendum pour savoir s’il fallait supprimer ce drapeau de l’espace public et les habitants de l’État ont majoritairement refusé. La loi américaine dit donc depuis 2001 que c’est au Gouverneur de l’état de Caroline-du-Sud de faire le choix de mettre en berne le dixie flag lorsque le drapeau américain l’est aussi (si 2/3 de l’assemblée de l’état est d’accord avec cela).
Qu’à dit la presse ?
Les médias ont ainsi évoqué :
– « un drapeau raciste qui symbolise le passé esclavagiste«
==> La Confédération était d’abord un état qui refusait le diktat de l’Union. Peut-être faudrait-il rappeler aux Étatsuniens que c’est comme cela qu’ils se sont libérés des Britanniques… Le passé esclavagiste était aussi bien au Nord qu’au Sud…
– « un symbole de l’oppression des noirs«
==> Est-il politiquement incorrect d’affirmer que dans le Sud, des noirs affranchis possédaient des esclaves noirs ? Pourtant, ce fut le cas. Et pourquoi ne parle-t-on pas des esclaves amérindiens ? Qui peut encore nous prouver que les noirs n’étaient pas opprimés au Nord ?
– « un ancien Etat esclavagiste, autrefois capitale du commerce d’esclaves«
==> Voici la carte des états esclavagistes pour y voir un peu plus clair. Mais les esclaves arrivaient par bateau dans le Nord à Newport puis étaient vendus au marché de Rhode Island. Et ensuite la Caroline-du-Sud était une plaque tournante pour le Sud, mais pas une capitale.
– « un symbole de la rébellion et du racisme », une pétition en ligne en appelle à « de meilleurs États-Unis d’Amérique ».
==> Essaie-t-on de nous dire que la sécession américaine est une rébellion raciste ? Ou cela ne renvoie-t-il qu’à la réaction des suprématistes dans les années 1960 ? Le mot « rébellion » est difficile car les Américains sont des rebelles par nature.
– « le drapeau confédéré appartient au musée ». (Barack OBAMA)
==> Il s’agit là d’un jugement partisan visant à apaiser la situation hyper tendue des États-Unis où des policiers blancs peuvent impunément tuer des civils noirs. Mais le patriotisme américain ne suivra pas OBAMA sur ce coup car le Peuple américain assume son Histoire.
Évidemment, la plupart des politiques et notamment les présidentiables s’écrasent et dénoncent le vilain drapeau. Voilà qui n’est pas sans nous rappeler quelques histoires de « racines chrétiennes« , ou de présence de crèches ou de crucifix dans certains lieux… Attention au révisionnisme !!! Et à conserver l’identité des peuples, symbole des états puissants !

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