En 2015, chaque série générale passant l’épreuve du bac dispose de sujets à réflexion politique, que j’aurais certainement pris étant à la place des bacheliers. Je trouve intéressant de répondre à ces sujets (sommairement) à partir de mon vécu à Savigny-sur-Orge et des événements récents de ces derniers mois.
Série scientifique : « La politique échappe-t-elle à une exigence de vérité ? »
Thèse : Les électeurs préfèrent voter pour des menteurs (cf le programme d’Éric MEHLHORN aux élections départementales) – Ils ont peur de la vérité et se rassurent dans le mensonge.
Antithèse : Les citoyens se révoltent devant trop de contre-vérités (cf le collectif SEDS – Sauvons l’enfance de Savigny) qui s’est mobilisé face à un budget artificiel et non sourcé.
Synthèse : Qu’est-ce que la vérité ? La politique livre une vérité qui n’est pas la même selon les individus. Pour les pro-MEHLHORN, il est dans la vérité en coupant le budget. Pour les anti, la vérité est ailleurs. La vérité de la Cour régionale des comptes (et des administrations comme celle de la Justice) est-elle infaillible ? Non, car elle est humaine.
Série économique et social : commentaire de texte de Baruch Spinoza, Traité théologico-politique (1670)
« Dans un Etat démocratique, des ordres absurdes ne sont guère à craindre, car il est presque impossible que la majorité d’une grande assemblée se mette d’accord sur une seule et même absurdité. Cela est peu à craindre, également, à raison du fondement et de la fin de la démocratie, qui n’est autre que de soustraire les hommes à la domination absurde de l’appétit et à les maintenir, autant qu’il est possible, dans les limites de la raison, pour qu’ils vivent dans la concorde et dans la paix. Ôté ce fondement, tout l’édifice s’écroule aisément. Au seul souverain, donc, il appartient d’y pourvoir ; aux sujets, il appartient d’exécuter ses commandements et de ne reconnaître comme droit que ce que le souverain déclare être le droit. Peut-être pensera-t-on que, par ce principe, nous faisons des sujets des esclaves ; on pense en effet que l’esclave est celui qui agit par commandement et l’homme libre celui qui agit selon son caprice. Cela cependant n’est pas absolument vrai ; car en réalité, celui qui est captif de son plaisir, incapable de voir et de faire ce qui lui est utile, est le plus grand des esclaves, et seul est libre celui qui vit, de toute son âme, sous la seule conduite de la raison. »
Thèse : Les élus des Républicains- MODEM- DLF à Savigny se soumettent volontairement (se font esclaves) à la consigne de leur parti et à la solidarité municipale.
Antithèse : Les consignes des partis sont implicitement celles des électeurs qui ont porté le parti au pouvoir.
Synthèse : La raison du plus fort n’est pas toujours la meilleure. L’Homme peut faire le choix de la dictature, pourvu qu’elle serve ses intérêts immédiats. Le choix de MEHLHORN avait des conséquences prévisibles de la part d’un homme qui a très peu travaillé en 18 ans.
Série littéraire : commentaire de texte d’Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, (1840)
« Les croyances dogmatiques sont plus ou moins nombreuses, suivant les temps. Elles naissent de différentes manières et peuvent changer de forme et d’objet ; mais on ne saurait faire qu’il n’y ait pas de croyances dogmatiques, c’est-à-dire d’opinions que les hommes reçoivent de confiance et sans les discuter. Si chacun entreprenait lui-même de former toutes ses opinions et de poursuivre isolément la vérité dans des chemins frayés par lui seul, il n’est pas probable qu’un grand nombre d’hommes dût jamais se réunir dans aucune croyance commune.
Or, il est facile de voir qu’il n’y a pas de société qui puisse prospérer sans croyances semblables, ou plutôt il n’y en a point qui subsistent ainsi ; car, sans idées communes, il n’y a pas d’action commune, et, sans action commune, il existe encore des hommes, mais non un corps social. Pour qu’il y ait société, et, à plus forte raison, pour que cette société prospère, il faut donc que tous les esprits des citoyens soient toujours rassemblés et tenus ensemble par quelques idées principales ; et cela ne saurait être, à moins que chacun d’eux ne vienne quelquefois puiser ses opinions à une même source et ne consente à recevoir un certain nombre de croyances toutes faites. Si je considère maintenant l’homme à part, je trouve que les croyances dogmatiques ne lui sont pas moins indispensables pour vivre seul que pour agir en commun avec ses semblables. »
Thèse : La démocratie représentative du Conseil municipal est le meilleur régime possible pour exprimer des idées communes.
Antithèse : Un élu ne représente que lui-même et ne porte que ses idées, qui peuvent ne pas être partagées avec l’ensemble de ses électeurs. Les élus d’opposition ne font pas le poids pour être entendu en démocratie représentative.
Synthèse : Les structures politiques (partis, mouvements…) permettent l’expression d’un dogme dans la diversité des opinions. Mais elles abrutissent ceux qui s’y soumettent et en font des idéologues.

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