Puisque tout le monde s’essaie de donner des raisons de l’échec français de 2015 à l’Eurovision (25e place sur 27), à mon tour de rentrer dans la danse et d’essayer d’expliquer pourquoi nous avons perdu. J’espère toutefois le faire de manière moins pitoyable que Laurent FABIUS qui accuse la vilaine Russie et ses « satellites » du résultat.
Le résultat de l’Eurovision est-il vraiment artistique ou est-il le fait de la géopolitique actuelle ? Sûrement un peu des deux. Toujours est-il que contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, ce ne sont pas la Russie ou les anciennes républiques soviétiques qui l’emportent systématiquement, loin de là. Même si comme tous les autres pays, ils donnent plus volontiers leurs points à leurs voisins.
Souvenirs, souvenirs
En 1977, notre dernière victoire avec Marie MYRIAM.
Une belle voix mais surtout un beau texte avec la force d’un orchestre.
En 2014, notre pire défaite avec les TWIN TWIN.
En les réécoutant, ce n’est pas si mal mais le texte est pauvre et le refrain assez mal bâti
En 2015, la vidéo du clip de Lisa ANGELL qui n’a pas mieux dans le concours.
Les dix derniers gagnants
2006 : Finlande
2007 : Serbie
2008 : Russie
2009 : Norvège
2010 : Allemagne
2011 : Azerbaidjan
2012 : Suède
2013 : Danemark
2014 : Autriche
2015 : Suède
Le choix des candidats
La France fait partie des cinq pays qui contribuent économiquement à financer l’UER (Union européenne de radio-télévision), l’organisme international qui diffuse l’émission à travers le monde. Elle est donc dispensée d’éliminations et au contraire de nombreux autres pays, ne fait pas choisir son candidat par sa population. Ce qui ne l’empêche pas de perdre lorsqu’elle s’essaie malgré tout à la démocratie participative.
Le choix de Lisa Angell
Cette année, la candidate française fut choisie notamment par Nathalie ANDRÉ, directrice des divertissements de France 2. Faut-il s’étonner que des candidats choisis par des fonctionnaires de la télévisions publique soit complètement hors-sol alors que le service public de France télévisions est géré de manière catastrophique ? On m’aurait demandé mon avis que j’aurais déconseillé sinon la candidature, la chanson.
Un concours européen
Dans une émission où le principe est de faire voter environ vingt quatre pays européens, peut-être la France doit-elle prendre conscience que les Européens ne parlent pas français. Alors si par fierté nationale on se refuse à chanter en anglais, peut-être ne faut-il pas prendre une chanson à texte, qui si elle est bien écrite et raconte une jolie histoire, ne sera comprise par personne…
Une émission en 2015
Je ne dis pas qu’il faut faire comme dans « The Voice » sur TF1 où l’on passe plus de temps à regarder (dans mon cas) plus les danseuses effectuant des poses lascives autour des candidats qu’à écouter les voix. Je me dis simplement qu’on ne s’est pas foulé cette année au niveau de la mise en scène et je peux comprendre que les pays votants aient pu penser qu’on se foutait d’eux avec une vidéo en fond d’écran et quelques tambours.
Si peu de joie dans notre participation
Chanter à propos de la mémoire de la première guerre mondiale, à la rigueur. Mais pas un truc pénible qui nous rappelle que l’Europe s’est sacrifiée dans cette guerre… Si l’Europe est un continent sur lequel on déprime déjà pas mal, peut-être peut-on ne pas accentuer l’effet dépressif ? Donc les votants ont rejeté la morosité de la France et l’ont sanctionné en la reléguant. Le culte de la repentance perpétuelle et du « devoir de mémoire » n’existe qu’ici…
La rumeur de la défaite volontaire
Le sabordage français pour ne pas organiser l’édition suivante sur son sol en cas de victoire (une tradition de 1958) est un mythe. L’Eurovision coûte mais pas si cher même s’il ne rapporte rien. À qui veut-on faire croire que le premier pays touristique au monde ne possède pas les structures pour accueillir les quelques dizaines de milliers de personnes qui font le déplacement ? Et après, on veut faire les Jeux olympiques ou la Coupe du monde de football ?
Donc selon moi pour gagner l’année prochaine…
La France doit faire choisir ses candidats aux Français dès la base sans leur proposer de trancher entre trois groupes déjà mal choisis par des technocrates. Prendre un texte assez léger, un rythme « entrainant », une mise en scène soigné, une chorégraphie qui ne masque pas l’artiste… Sans oublier pour la France de soigner ses relations internationales et peut-être d’aller vendre les porte-hélicoptères commandés par les Russes…
Pour finir, Lisa Angell ne vous rappelle-t-elle personne (physiquement uniquement) ?


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