Il y a dix ans, les Français rejetaient majoritairement le projet de Constitution européenne. Deux ans plus tard, Nicolas SARKOZY se faisait élire sur la promesse de ratifier ce traité, ce qu’il fit peu après. Dix ans ont passé et la lutte entre europhiles et eurosceptiques ne s’est pas essoufflée. Bien au contraire.
Si le FN a un risque un jour d’arriver au pouvoir, c’est bien parce qu’il reste le dernier « grand » parti français à rejeter l’Union européenne en l’état. Moi-même, je pense qu’il faut qu’il existe une Union des pays européens mais je ne veux pas de celle-là qui nous fait perdre de notre souveraineté politique, économique et judiciaire, donc je suis europhobe.
Ne pas tout confondre
Le gaullisme est pourtant europhile par nature : l’Europe des nations, l’Europe de la paix. Sauf qu’aujourd’hui, nous nous retrouvons avec l’Europe des groupes de pression et l’Europe uniformisée qui ne peut bouger que si les 28 sont d’accord, en anglais dans le texte. Nous sommes sur le chemin d’États-unis européens fédérés que je rejette.
L’Europe ne me fait pas vibrer
Les jeunes seraient tous pro-européens, à l’image de cette génération de l’Auberge espagnole de Cédric KLAPISCH. Ils rêveraient tous de faire Erasmus et d’avoir une ligne internationale sur leur CV. Ce n’est pas mon cas, cette aventure ne m’intéresse pas, je suis très bien en France où je ne connais déjà pas mon département voisin…
Cette Europe du dumping social et salarial
Quand je veux imprimer des tracts politiques, je vais en Allemagne. Cela me coûte 40 % moins cher mais ce n’est pas très moral car je pratique alors le dumping social (je fais travailler des gens qui sont moins bien assurés qu’en France) et dumping salarial (pour des salaires qui sont inférieurs à ceux qu’obtiendraient un travailleur français).
Je n’aime pas quand on décide à ma place
J’ai déjà l’habitude de l’État policier en France où l’État socialiste est si réactionnaire qu’il légifère sur le droit des gens à tarifer leurs rapports sexuels : c’est la pénalisation de la prostitution. Eh bien, c’est pareil en Europe dans laquelle je ne peux pas faire le budget déficitaire que je veux, ou faire voter telle loi, ou de commercer librement avec la Russie de M. POUTINE…
Je déteste les groupes de pression et la corruption
Les parlementaires européens et les technocrates étaient 27 % en 2014 à reconnaître « travailler » avec des lobbies. Déjà que je n’aime pas les francs-maçons, en rajoutant à cela le système des partis, nous avons affaire à une assemblée qui se mêle de tout, ne comprend rien et décide à mes destinées. Pas d’accord.
La légitimité et le conflit
Les parlementaires européens sont élus par moins de 43 % des Européens (57,46 % d’abstention en 2014). Parmi les élus se trouvent déjà un dixième d’eurosceptiques, à quel moment regardera-t-on qu’ils ne sont pas représentatifs des Européens ? Car peut-être ceux-ci n’approuvent pas que le pays A puisse décider pour le pays B si en plus la population A ne veut pas.
« In varietate concordia« , je veux bien mais pour quelle diversité alors que nous devenons tous des adeptes uniformes du politiquement correct. La concorde, oui pour l’instant, avant la sécession du Sud plus pauvre opposé au Nord plus riche. Et si on revenait s’occuper d’économie avant toute chose ?
Et si on s’intéressait plus aux vrais problèmes des gens plutôt que de vouloir régler les flux migratoires. Un bateau de migrants quelque soit leur origine et la raison de leur arrivée en Europe, c’est un bateau de voix pour les eurosceptiques. Recommençons plutôt en 2015 avec un nouveau projet pour les europhiles qui écoute et entende les eurosceptiques.

Laisser un commentaire