Après concertation de leur base de fidèles, les églises protestantes ont approuvé la bénédiction de couples de personnes homosexuelles. Qu’ils sont biens ces parpaillots, ouverts et tolérants au contraire des vilains catholiques réactionnaires, qu’écris-je christiano-fascistes. Bref, s’il n’en restera qu’un, je serai celui-là, je suis opposé au mariage des personnes homosexuelles et je soutiens la réécriture de la Loi.
Mais c’est un scandale, pendant qu’on parle de ces faux-sujets, on oublie de parler d’économie, d’emploi, de logement… Et puis entre-nous, pourquoi remettre des gens dans la rue (même si je doute qu’il y ait autant de personnes du côté des partisans de la Loi que du côté du million -voire plus- qui a défilé dans la rue) ? Mais que va-t-on faire des personnes déjà mariées ? Et puis c’est comme le PACS, cela va rentrer dans les mœurs, il faut juste le temps de s’y habituer…
Du « mariage » chez les protestants
Les protestants n’ont que deux sacrements : le baptême et la Cène (l’équivalent de l’eucharistie chrétienne). Le « mariage » chez les protestants se résume de toute façon à une bénédiction, donc la portée symbolique de l’élargir aux personnes de même sexe, reste limitée. D’autant que dans l’Église catholique, certains prêtres célèbrent des bénédictions, en tenue civile, tant que pour les personnes divorcées que pour les personnes homosexuelles…
D’un détournement sémantique du mot « mariage »
Le mot provient de « maritus » et possède un sens étymologiquement religieux. Parler de « mariage républicain » est une oxymore, même si ses créateurs avaient vraiment pour intention en 1791 de créer une religion républicaine avec l’Être suprême pour dieu. Aujourd’hui, le dictionnaire de l’Académie française (comme les dictionnaires courants) marient deux personnes de sexe différents ou deux paires d’objets.
Puisque les personnes homosexuelles ne sont pas des objets (à moins qu’on ne nous dise pas tout ?), alors elles peuvent s’unir mais elles ne peuvent pas se marier. Alors oui, il arrivera le jour où nous changerons la définition du mot « mariage ». À cet instant-là, nous aurons appauvri un peu plus la langue française et nous utiliserons le terme à tort comme lorsque nous parlons de « stress« ante les études psychologiques qui le démontrent. Ou encore lorsque les journalistes de France 2 emploient le terme d’ « opus » (pas le groupe) en parlant d’un ouvrage ou d’un film…
De l’absence d’avantages fiscaux supplémentaires
Aujourd’hui, nous ne nous marions plus par amour, puisque Frédéric BEIGBEDER a prouvé qu’il durait trois ans et que la science nous a expliqué que l’homme n’était pas « programmé » pour passer sa vie avec la même personne. Mais bien pour l’argent et n’avoir plus qu’un seul foyer fiscal au lieu de deux (allons dire cela à notre président HOLLANDE qui s’est déclaré en concubinage avec Mme TRIERWEILER alors qu’il ne l’était pas officiellement…).
Parano comme je suis, j’y vois une « œuvre » de déstructuration de la société. Si tout le monde divorce, alors tout le monde est « dégoûté » du mariage (la robe blanche, le prince charmant…). Donc on ne se marie plus. Donc il y a deux logements. Donc on gâte deux fois plus les enfants. Donc on perd les avantages fiscaux. Donc l’État s’enrichit. Bref, tout cela pour dire qu’on ne gagne rien de plus fiscalement à être marié qu’à être pacsé. Tout le problème résulte dans la sécurité du contrat juridique, en cas de rupture du contrat quelle qu’en soit la raison.
De la question de l’adoption
En France, pour pouvoir adopter, il faut posséder un agrément qui est valable 5 ans. Chaque année, il y a environ 30 000 Français qui possèdent cet agrément et peuvent légitimement adopter. Problème, en 2007 par exemple, il n’y a eu que 3217 enfants adoptés (soit environ 10 %). Vous voulez des chiffres plus récents ? En 2014, il n’y en a eu que 1069 à l’étranger pour un peu plus de 18 000 agréments. Et les nombres d’agréments comme d’enfants adoptables sont en diminution à cause des législations pro-mariage homosexuel.
Moi, Olivier Vagneux, hétérosexuel à ce jour (désolé, jusque-là, mes hormones s’activent en présence de jeunes femmes), si demain les ondes de mon portable m’ont rendu stérile, alors ça me ferait sincèrement mal qu’un couple de personnes homosexuelles puissent me passer devant dans un cycle d’adoption légal et légitime. Alors que 10 % des couples en demande d’adoption sont satisfaits, pourquoi créer plus d’inégalités ? C’est ça la gauche ?
Du mariage, des enfants et de la nature
Dès lors que le niveau de vie et de soins a permis d’aller autrement que de léguer autre chose que la terre, les gens se sont mariés par amour et pour créer un foyer dans lequel élever les enfants. C’est ce qu’on fait mes grands-parents trop influencé par leur milieu et leur culture judéo-chrétienne gréco-latine. Et c’est aussi ce qu’on fait mes parents, certainement trop bourgeois pour casser le schéma mental dans lequel ils ont grandi.
C’est parce qu’ils étaient hommes et femmes qu’ils ont pu avoir des enfants. Parce qu’il y avait rencontre de gamètes différentes lors de la fécondation. Je continue donc de penser que, puisqu’il faut obligatoirement un homme et une femme pour créer une vie (sinon une vie fonctionnelle), alors il faut un homme et une femme pour élever des enfants.
Oui, deux hommes ou deux femmes ou un parent seul pourront aussi bien élever (et aimer) un enfant, mais cela me semble mieux, par rapport à la construction psychologique dans le modèle de l’altérite homme-femme, qu’un couple homme et femme prenne en charge, en priorité l’éducation des enfants.
Du mariage et de la Loi
Pourquoi ne pourrait-on pas revenir sur une loi qui a été votée ? Le problème de la lâcheté de l’UMP est que jamais elle ne reviendra dessus… Il ne faudrait pas choquer l’opinion publique qui massivement soutient le mariage pour tous, selon des sondages faits par téléphone qui affirment que les Français de droite approuvent massivement Manuel VALLS qui les a accusés du retour du terrorisme en France (Jean-Paul DE LA MATA, je te dédicace cette pensée).
D’autant que nous faisons semblant de ne pas voir qu’avec cette loi, les conventions internationales sur l’enfance, notamment la Déclaration des droits de l’enfant de 1959 ou la Convention internationale des droits de l’enfant de 1989, que notre Constitution nous demande de respecter, sont bafouées. Mais bon, continuons de nous fâcher politiquement avec les pays qui nous permettaient d’adopter, ce sont les adoptants qui trinquent…
Pour toutes ces raisons, en plus du débat philosophique dans lequel je m’inscris et qui rejoint celui dont Élisabeth BADINTER est à la tête, je suis opposé au mariage pour tous. Je demande l’abrogation possible de la Loi et sa réécriture, afin de laisser des droits aux personnes homosexuelles, mais ni celui du mariage ni celui de l’adoption qui ne constitue pas une fin, mais un caprice d’une société qui cherche de l’argent, de l’argent et de l’argent.

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