Mes relations se réchauffent de trop avec le collectif « Sauvons l’enfance de Savigny ». Hâtons-nous de gâcher cela car ils commencent à déconner à plein tube en se mettant au révisionnisme historique. Qu’ils laissent donc cela aux marxistes lyssenkistes. Mais suis-je le seul tordu à m’apercevoir de cela ? Est-ce qu’ils ne sont pas suffisamment nombreux pour s’en rendre compte d’eux-mêmes ?

Commencer une communication, pour une réalité de 2015, par les mots « juin 1940 » n’est pas anodin. La période de la seconde guerre mondiale marque en France une fracture politique dont les cicatrices ne sont toujours pas refermées ainsi que peut nous prouver l’émotion suscitée par chacun des sorties du « Menhir » (LE PEN). Le collectif « Sauvons l’enfance de Savigny » (SEDS) a tenté de jouer sur cette même corde sensible mais se vautre lamentablement.
Qu’est-ce que le révisionnisme en Histoire ?
C’est une démarche critique qui remet en cause l’Histoire (des faits historiques) telle qu’admise par le grand public et la communauté scientifique des historiens. Elle propose alors une nouvelle interprétation de l’Histoire qu’elle réécrit. Ici, c’est écrire qu’on a envoyé les enfants à La-Tranche-sur-Mer pour les protéger de la « répression » et de la « barbarie » alors que c’était pour les protéger de la guerre, et c’est faire de la Savinière un lieu de « lutte contre l’intolérance ».
L’Histoire et ses sources
Admettons que les enfants de 1940 aient eu 20 ans de différences avec leurs parents, ils ne sont plus très nombreux les Saviniens nés avant 1920 (mais il y en a encore, je l’ai vérifié sur les listes électorales). Je ne sais pas si le SEDS est donc allé les interroger, sinon à rencontrer quelques uns des 150 enfants évacués à La-Tranche-sur-Mer, je doute que les acteurs de la période leur ait répondu qu’ils voulaient les protéger de la « répression et de la barbarie« .
Répression et barbarie : une reductio ad hitlerum de l’Allemagne
Feu mon grand-père maternel a fait la drôle de guerre. Il était dans la logistique et devait conduire des chevaux à l’armée des Alpes. Il avait été mobilisé comme « tous » les Français et comme « tous » les Allemands de 18 à 40 ans. Il n’avait pas eu le temps de recevoir une grande formation militaire ou paramilitaire et ce n’est pas à lui, comme ce n’est pas à l’armée régulière que l’on aurait demandé de faire preuve de « répression » ou de « barbarie« .
Car même s’il ne faut pas nier les pillages et les viols, qui sont le lieu commun de ces hommes qui se sentent enfin vivre au travers de la mort des autres ou de leur capacité à la donner, la répression et la barbarie en temps de guerre ne sont pas du sort des militaires du rang (qu’il ne faudrait pas décourager). Mais plutôt des unités spéciales comme le furent les SS en Allemagne qui en 1940 étaient intégrés à l’armée pour arriver le plus vite possible à conclure la guerre.
La guerre est barbare mais si j’écris cela je suis un fachô car les territoires sur lesquels elle est absente aujourd’hui relèvent de mêmes ensembles civilisationnels… Elle ne se fait pas sans répression. Mais elle ne se fait pas non plus dans cette volonté. L’armée allemande de 1940, composée majoritairement de citoyens qui n’avaient rien demandé à personne (mais avaient quand même élu HITLER pour 1/3), avait surtout pour but d’arriver à Paris le plus vite possible.
Il y a eu 21 000 morts civils français suite aux bombardements, aux exécutions sommaires et aux massacres en mai-juin 1940. Sur une population de 40 690 000 Français. Les bombardements alliés entre 1940 et 1944 ont fait plus de 67 000 morts. Qui sont les barbares ? Si la comparaison de ces deux chiffres n’a aucun intérêt, les actes de répression et de barbarie ont été accomplis, après, par des forces spéciales (les SS en nombre dans la Gestapo).
Donc je trouve insupportable de comparer l’avancée allemande de juin 1940 (les Français n’avaient qu’à s’armer plus tôt s’ils voulaient gagner la guerre. Maudit Front populaire !) à l’avancée de la « répression » et de la « barbarie » alors que sémantiquement pour réprimer, il faut d’abord un mouvement de contestation. Quant à la barbarie, elle se trouvait par le fait de la guerre tout autant dans les comportements des Français que dans ceux des Allemands.
Un lieu de lutte contre l’intolérance ?
Un centre de vacances qui accueille des enfants par la guerre devient-il pour autant un lieu de lutte contre « l’intolérance » ? De quelle intolérance faisait preuve l’armée allemande de 1940 alors qu’il y avait en France des soldats allemands là pour gagner une guerre ? Les Allemands n’étaient d’ailleurs peut-être pas aussi intolérants que les Français qui devenaient schizophréniques de peur des ennemis de l’intérieur et préférait les interner en camps ?
De l’utilisation de la mémoire à des fins politiques
Nous nous trouvons en présence de la même absurdité qui satisfait tant nos personnels politiques de droite et en même temps rassure nos anciens combattants : celle dudit « devoir de mémoire« . L’Histoire et la mémoire ne sauraient être des devoirs car elles sont profondément subjectives et qu’elles touchent à notre intimité. Si la Savinière doit être considéré comme un « lieu de mémoire« , alors peut-être faudrait-il aussi le faire vivre comme tel ?
La danger de l’amalgame qui consisterait à dire que MEHLHORN serait un nazi
Il n’aura échappé à personne que le nom du maire de Savigny est de consonance allemande. Je trouve qu’il est réellement tendancieux de parler en ce jour de commémoration des conséquences d’un combat franco-allemand. Personnellement, je ne peux pas m’empêcher de faire l’amalgame MEHLHORN = du côté des Allemands = du côté de la « répression » et de la « barbarie » (sa politique municipale) = national-socialiste.
Aggravons nos relations avec le collectif sur le collage.
Les panneaux d’expression libre de la Ville de Savigny-sur-Orge ont été pensés pour comporter 4 affiches au format A1 : deux dans le sens de la longueur et deux dans le sens de la largeur. En collant au centre de gravité du panneau, il est certain que le collectif SEDS empêche quiconque de coller après lui. Moi-même, avec mes affiches A1, je suis obligé de partiellement les recouvrir pour ne coller qu’une seule affiche !
Mais ce dont il faudrait que le collectif prenne conscience est que les Occidentaux que nous sommes, ayant appris à lire dans des livres (codex) selon un sens allant de gauche à droite, avons notre œil (nos yeux généralement) habitué(s) à lire ce que nous voyons en forme de « F ». (Quand on dit cela la première fois, on se dit que non et qu’on voit tout toujours pareillement. Avec le temps, on s’aperçoit qu’on commence toujours pas regarder en F).
Si les membres du collectif SEDS veulent donc être vus, il faudrait qu’ils arrêtent de faire comme les enfants qui prennent des photos en cadrant et en zoomant sur leur objet, sans tenir compte des lignes de force qui serviront de point de lecture. Donc qu’ils arrêtent de coller au milieu et qu’ils collent sur le F (je leur ai fait un dessin). Évidemment qu’on voit aussi sans coller sur le F, mais le cerveau ne le retient pas tout autant… (Vivent les sciences de la communication).

Le collectif SEDS s’est malgré tout rattraper le 8 mai avec deux autres affichettes
Mais leur présence a été globalement mal perçue de la population. Certes, pour beaucoup des braves gens qui pensent que le Maire a forcément raison parce qu’il a été élu. Mais sans cela, que leur reste-t-il pour s’exprimer et tenir leur combat dans le temps ?




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