J’ai ouï dire que les protestataires anti-budget de Savigny, ceux-là même qui se prétendent apolitique, confondant manifestement le mot avec celui d’indépendance, veulent analyser le budget de la Ville. Ils sont touchants de naïveté et me rappellent mes jeunes années lorsque rêveur utopiste (ce que je reste malgré tout), j’avais entrepris cette démarche que je poursuis plus sérieusement depuis 2012. Sans réel succès mais cela permet au moins de se faire des idées…
Afin de ne pas briser leurs espoirs, mais en étant lucide, expliquons brièvement la succession des empêchements auxquels vont être confrontés nos amis, et sur lesquels j’ai moi-même chutés. Après, beaucoup d’autres villes sont peut être un peu plus transparentes que Savigny-sur-Orge et facilitent peut-être le travail. Il n’empêche que l’étude d’un tel cas est extrêmement chronophage et que je leur souhaite bon courage car il leur en faudra pour faire autre chose que des tableurs et des suppositions…
I. La présentation du budget
Les communes ont le choix entre plusieurs modèles de présentations de budget. Savigny n’a pas choisi celui qui est la plus simple aux yeux des économistes, mais au moins un que je comprends. Tout le problème étant que ce modèle (qui s’il est le plus lisible est aussi celui qui permet de cacher au mieux d’éventuels détournements de fonds), n’apprend rien si à côté on ne connaît pas les services et les délibérations du Conseil municipal.
II. L’accessibilité des documents
Pour analyser un budget, il convient de savoir ce qui a été dépensé et dans quelle colonne est-ce que cela a été placé. La MJC relève-t-elle de la colonne « jeunesse » ou de la colonne « culture » ? Mystère. Ensuite, si nos amis ont le temps d’aller photographier, comme je fais, les centaines de décisions qui ont été prises par le Conseil (souvent représenté par le Maire), alors ils ne trouveront qu’environ la moitié des dépenses.
III. Les informations introuvables
Si la connaissance des délibérations du Maire permettrait de proposer plusieurs centaines de milliers d’euros d’économies (comme je le fais ici ou que je l’avais fait sur le site de VSA pour Savigny avec ma commission Finances), les fonds alloués aux services restent de l’ordre de l’inconnu. La seule solution reste alors de faire ami-ami avec le directeur général des services, en espérant son indépendance politique (ce qui est rarement gagné)…
IV. L’agglomération
Depuis 2013, la connaissance d’un budget communal doit nécessairement s’étudier au regard du budget intercommunal à laquelle la commune apparait. Mais plus sadique, des transferts qui ont déjà été faits (et de leur état d’avancement), à analyser au regard du lissage des taux des différents impôts directement versés à l’agglomération dans le cas d’une fiscalité propre. Mais là aussi, il faut avoir toutes les délibérations et la complicité du DGS pour y voir clair.
V. La surcharge de personnel
Enfin, si nos amis sont lucides, ils se rendront compte que le problème de Savigny est son personnel. En 2015, nous consacrerons un minimum de 58 % de notre budget pour les salaires de nos employés. Alors faut-il licencier quand nous combattons pour préserver des emplois ? Peut-être aurait-il fallu penser la réforme des rythmes scolaires et ne pas embaucher des personnes lorsqu’on aurait pu en reformer d’autres déjà en place ?

Quelles solutions pour s’en sortir ?
I. S’entourer de pros : il y en a, dans le cas de Savigny, potentiellement trois, outre l’actuel DGS, M. PATAUT et à la rigueur Annick BAUDANT, DGS adjointe, sans oublier Bernard MÉRIGOT pour tous les documents qu’il publie depuis des années :
– SPICHER-BERNIER, grâce à son ancien DGS Jean ARNAUD-GODDET (qui était aussi celui de MARSAUDON), parce qu’elle connaît la situation dans laquelle elle nous a plongée.
– SÉNICOURT, le meilleur d’entre-nous qui est le seul à avoir une vision et un regard comptable, à savoir analyser tous les documents en notre possession.
– DEFRÉMONT parce qu’il bosse et qu’il possède les documents municipaux (et aujourd’hui intercommunaux) et un regard sur plusieurs années de gestion.
II. Se plonger dans tous les documents : audits privés et publics, comptes administratifs, budgets primitifs, budgets supplémentaires, délibérations communales, délibérations intercommunales, conventions qui lient la Ville, compte-rendus des conseils municipaux…
III. Bosser : il n’y a pas de secret. J’ai commencé à 18 ans, j’en ai aujourd’hui 23. Je me suis entouré de personnes compétentes, sinon qui pouvaient m’apporter des aides et des documents. J’ai pris des cours d’économie et aujourd’hui, je m’en tire à la peine.
Au bout de plusieurs années, je commence enfin à comprendre à peu près comment fonctionne la Ville de Savigny parce que j’ai un regard sur 30 ans de budgets et une mémoire qui m’est bien utile. Alors je souhaite encore bon courage à tous les fous qui tenteront de proposer un contre-budget 2015. Mais à part spéculer sur des colonnes et des lignes budgétaires qui paraissent trop fournies, je ne sais pas ce qu’ils pourront faire…

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