Chaque fois que je lis un article sur l’Ukraine, il s’agit toujours des gentils Ukrainiens (qui ont juste commencé en voulant supprimer l’usage de la langue russe dans la partie russophone du pays, sous pression des imbéciles d’Européens qui s’imaginaient faire reculer l’influence russe dans ce pays) contre les méchants russophones et Russes.
Déjà il y a vingt ans, l’Europe connaissait une autre guerre civile : celle des « méchants » Serbes contre les « gentils » Kosovars. Aujourd’hui, les langues notamment celles des militaires qui étaient partis en OPEX (opérations extérieures) dans ces pays, commencent à dire que les positions n’étaient pas si manichéennes que cela.
Le Kosovo, ce territoire serbe
Le Kosovo est la plaine qui se trouve à l’Est de l’Albanie, pays de montagne donc déversoir naturel de ceux qui veulent quitter le pays. Si elle est historiquement serbe donc catholique orthodoxe (cf la célèbre bataille contre les Ottomans en 1448), elle s’est progressivement peuplée d’Albanais musulmans. Et les relations éthnico-religieuses se sont tendues, chaque groupe à peu près autant présent, revendiquant le contrôle du territoire.
La victoire des Kosovars, ou de la communauté internationale
Dès les premières velléités de révolte (1994), la Yougoslavie d’alors refuse une sécession de son territoire et l’armée yougoslave, majoritairement serbe, se dépêche d’aller aider à la résistance les Kosovars serbes historiquement implantés. Sur le terrain, les Serbes gagnent alors. Mais voilà que s’en mêle alors l’ONU (et l’OTAN) au nom du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes« . L’armée serbe recule et enfin, on proclame un état libre et indépendant en 2008.
La Russie commence en Ukraine
Historiquement, l’Histoire de la Russie commence à Kiev avec l’ethnie Rus qui se développe vers le Nord-Est dès le IXème siècle. Mais pour garder un accès aux mers chaudes, la Russie ne va jamais renoncer à cette région est-ukrainienne. En 1917, les Soviets indépendatisent l’Ukraine puis elle sera rattachée à l’URSS. Jusqu’à ce que pour avoir une voix supplémentaire à l’ONU, les Soviétiques lui rendent son indépendance, définitive en 1991 à la chute de l’URSS.
Des populations majoritairement russes
En Crimée et dans la région du Donbass, et même dans les régions de l’Est du Dniepr (Kharkiv, Dnipropetrovsk, Marioupol) plus dans la région d’Odessa, la langue et la culture russe sont majoritaires. Un référendum donnerait donc mathématiquement la part belle aux indépendantistes voire à ceux qui désirent un rattachement à la Russie, « riche » (c’est vite écrit avec 2 % de PIB), pour quitter une Ukraine globalement pauvre mais surtout très corrompue.
Du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
La Russie de POUTINE peut donc fanfaronner : « Et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ?« . Ici, la communauté internationale estime qu’il est préférable d’avoir une Ukraine forte pour contrebalancer la Russie. Sauf que la Russie décide de l’approvisionnement énergétique de l’Ukraine et d’une partie de l’Europe, et que lorsqu’elle dit arrêter de faire crédit à l’Ukraine, ce sont les impôts des Européens (de l’UE) qui arrivent à la rescousse (13 milliards € en 2014).
Pourquoi déteste-t-on toujours autant la Russie ?
Selon les pays, la raison est différente. Donald TUSK, Polonais et président du Conseil européen, comme Angela MERKEL, Allemande, n’aime pas la Russie pour des raisons historiques (satellisation et occupation communiste de 1945 à 1989). Pour les États-Unis, c’est parce que POUTINE refuse de reconnaître la superpuissance américaine et également pour bloquer les relations russo-chinoises dont les Américains redoutent le rapprochement.
La communauté internationale soutient donc fermement l’Ukraine pour contrer l’influence russe dans la région comme elle soutenait le Kosovo pour contrer l’influence serbe (donc un peu russe) en Europe-du-Sud. Elle sait certainement que les gentils ne sont pas si gentils que cela, mais cela ne la dérange pas d’agir en contradiction avec ses valeurs, pourvu qu’à court terme, les équilibres de 1991 soient préservés. Jusqu’à quand ?

Laisser un commentaire