Comme chaque année, le Beaujolais nouveau est arrivé le troisième jeudi de novembre. En 2013, une bouteille sur deux avait été exportée. Principale destination : le Japon. Son succès ne se dément pas depuis la sortie internationale du manga « Les gouttes de Dieu », éloge du vin français.
Décembre 2013. Un hélicoptère s’écrase dans la Dordogne et cause la mort de ses quatre occupants. À son bord, un milliardaire chinois, Lam Kok, qui venait d’acquérir un vignoble bordelais et désirait survoler son nouveau domaine. Derrière cette tragédie se trouvait un des plus gros investissements chinois en France. Aujourd’hui, le luxe pour un pays développé est au mieux de produire, sinon d’avoir accès aux trois grandes catégories d’alcools : les vins, les bières et les spiritueux. Avec le développement économique des pays du Sud, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) constate une augmentation mondiale de la consommation d’alcool (30 % entre 2001 et 2011), surtout chez les jeunes.

En 2013, l’exportation de vins et spiritueux a rapporté plus de 10 milliards d’euros à la France, soit 2,1 % des exports totaux, selon les données du site Ubifrance, établies par le ministère du Commerce extérieur. Un chiffre en progression constante, bien qu’il cache une diminution des volumes exportés. Ces dernières années, la Chine et la Russie ont volontairement réduit leurs importations d’alcools européens.
Les nouveaux producteurs bouleversent l’ordre établi
Cette désaffection des vins et spiritueux européens profi te à l’Amérique du Sud qui a développé de grands programmes de production d’alcools, notamment vinicoles. En Argentine, le plan Vitivinicole 2020 promeut les vins nationaux à l’étranger avec pour objectif de multiplier par 10 les exportations d’ici 2020. Au Chili, le ministère de l’Economie considérait en 2010 le commerce de vins comme l’activité la plus porteuse pour l’avenir. Des tensions au niveau international
expliquent également le recul des commandes étrangères. La fédération des exportateurs des vins et spiritueux de France dénonce un embargo chinois provoqué depuis
2013 par les taxes sur les panneaux solaires européens. De son côté, Christophe Navarre, son président y voit aussi l’effet de la politique « anti-extravagance » (contre la consommation ostentatoire de luxe) des dirigeants chinois. En Russie, les importations d’alcools européens ont commencé à diminuer à partir du deuxième trimestre 2014 et de l’annexion russe de la Crimée. Un consultant français en Russie qui tient à rester anonyme explique que le vin fait partie des principaux produits agro- alimentaires mis à l’index par le régime de Vladimir Poutine. Contacté, le ministère du Commerce extérieur n’établit pas de liens entre la situation géopolitique internationale et la baisse des exportations d’alcool avec la Chine et la Russie.
Trafic et fabrication artisanale : un fléau mondial
Les statistiques de l’OMS ne tiennent pas compte de la contrebande. Pourtant, près de 30 % de l’alcool mondial est produit illégalement, selon l’Observatoire géopolitique des drogues. Ces alcools artisanaux, souvent frelatés (spiritueux libyens, bières iraniennes…) sont responsables d’une forte mortalité. Ce marché noir est responsable du décès d’une personne sur 9 en Russie, 1 sur 10 dans certains pays d’Amérique. Des chiffres accablants sur lesquels alertent régulièrement de nombreux
rapports de l’OMS. L’institution rappelle d’ailleurs que l’alcool tue 1 personne sur 25 dans le monde. Des chiffres qui donnent mal à la tête…



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