L’alcool vient du mot arabe « al-kûhl » (« esprit du vin »). Contrairement à l’idée répandue, il n’existe pas d’interdit formel sur la consommation d’alcool dans le Coran. D’autant que le verset 15 de la sourate 47 (Muhammad) donne une description précise du paradis promis aux musulmans :« Il y aura là des fleuves dont l’eau est incorruptible, des fleuves de lait au goût inaltérable, des fleuves de vin, délices pour ceux qui en boivent. »
En revanche, l’ivresse est interdite, au verset 43 de la sourate 4 (Les Femmes) : « Ô vous qui croyez ! N’approchez pas de la prière, alors que vous êtes ivres — attendez de savoir ce que vous dites ! ». De fait, la plupart des législations en pays d’islam interdisent juridiquement la consommation d’alcool, exception faite pour les étrangers. Ce qui n’empêche pas la production pour autant. Le Maroc l’a bien compris, premier producteur d’alcool dans le monde arabe, avec 37 000 hectares de vignobles dans le royaume chérifien.
En tête des consommations dans la région, c’est désormais le whisky qui domine depuis 2011. Jean-François Fiorina, directeur de l’école supérieure de commerce de Bordeaux, corrèle ce fait avec la mise sur le marché d’un whisky garanti « hallal ». Mais clandestinement, de nombreuses distilleries à domicile produisent un alcool, souvent frelaté. Le ministère iranien de la Santé recense ainsi 200 000 cas d’alcoolisme dans le pays.
Les pays d’islam restent la partie du monde qui consomme le moins d’alcool (moins de 1,5 litre d’alcool pur par an et par personne). Toutefois, entre 2001 et 2011, cette donnée, qui confond l’origine des consommateurs, a augmenté de 72 %, selon l’OMS. Un chiffre trop important pour être réduit aux seuls non-musulmans.

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