France 2 diffusait ce dimanche 12 octobre 2014 le fils « Inglourious Basterds » de Quentin TARANTINO. Une sorte de réadaptation moderne des « Douze salopards » où une poignée de gentils Alliés (américains) vient dégommer des centaines de nazis. Je n’ai pas du tout accroché à ce film, trop caricatural pour moi. Mais c’est là l’occasion d’étudier de plus près le complexe américain vis-à-vis du personnage de Adolf HITLER.
Dans ce film uchronique (on refait l’Histoire et on la modifie), une jeune juive voit sa famille se faire massacrer en France pendant l’Occupation, mais elle parvient à fuir. Elle monte à Paris et devient gérante d’un cinéma. À l’occasion de la diffusion du dernier film de GOEBBELS auquel doit assister HITLER, elle projette de faire sauter le bâtiment pour tuer ses occupants, aidée en cela d’un groupe de miliciens américains en mal de meurtres de nazis.
TARANTINO a dû y prendre son pied
Petite remarque en écho au fétichisme du réalisateur américain. La plupart de ses fans y voient son meilleur film, je ne suis pas un grand fanatique de son cinéma. Mais il est vrai qu’on ne peut rien dire d’un point de vue technique. C’est sanglant à souhait. Il y a plein de combats et d’explosions. Les gentils gagnent et les méchants sont explosés dans d’atroces souffrances. Une des dernières scènes du film dans laquelle HITLER est déchiqueté sous les balles doit en faire jouir plus d’un.
Une revanche américaine ?
Inutile de rappeler qu’aucun des deux camps (anglo-saxon ou soviétique) n’a pu juger et condamner HITLER puis récupérer son corps, pour autopsier les racines du mal. HITLER a choisi sa mort en se suicidant et en ordonnant de brûler ses restes à l’essence. Une réalité que de nombreux politiques ou états-majors n’ont pas supporté. De bout en bout, des armées se sont affrontés par la volonté d’un homme qui au final disparaît. Le film est un exutoire à cela et propose une vengeance.
La barbarie comme seule réponse ?
Au début du film, le chef des « bâtards » demande à ce qu’on lui rapporte des scalps de nazis. Petit problème en regardant le film : tous les soldats allemands sont des nazis, ce qui est loin de la réalité… Du coup, c’est un déchaînement de violences de la part de miliciens juifs qui veulent venger leurs coreligionnaires persécutés et génocidés. Finalement, il en ressort le goût amer que ces juifs ne valent pas mieux que les nazis puisqu’ils sont aussi barbares qu’eux.
Quel impact sur le public ?
Aux États-Unis, beaucoup de jeunes ignorent l’Histoire de la seconde guerre mondiale, qu’ils confondent avec la Guerre Froide. Si donc ce film situe bien les camps, il en donne une caricature qui est historiquement fausse. Très moraliste et manichéenne avec les gentils et les méchants, mais des gentils qui ont le droit de se venger en étant méchant. Et puis des méchants très méchants comme HITLER qui apparaît comme totalement fou. Au moins, TARANTINO ne prend pas le risque de l’humaniser comme dans l’excellent film La Chute.
À la fin de ce film, il me reste un goût amer dans la bouche. L’Histoire s’accompagne de convictions, bonnes ou mauvaises. Or, cette uchronie renverse les valeurs d’une époque encore sensible, d’où le fait que je sois mal à l’aise avec cela. Le traitement de l’Histoire au cinéma reste un sujet délicat.

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