Savigny-sur-Orge fait partie de ces villes que l’on considère comme dortoirs. De fait, les municipalités successives n’ont jamais eu le réel besoin (ni le réel souci) d’occuper la population par des politiques à destination des jeunes et des loisirs, qui peuvent se vivre en dehors de la ville. Sauf que ces politiques, aujourd’hui dévolues à l’agglomération, sont nécessaires pour appliquer sereinement le réforme des rythmes scolaires.
Ces derniers jours avant l’application de la réforme des rythmes scolaires à Savigny, Éric MEHLHORN se montre très présent dans les médias : Le Figaro, Le Monde, France Bleu, Essonne Info… Mais il semble avoir oublier qu’il a dévolu la question des affaires scolaires à Anne-Marie GÉRARD que l’on n’entend pas. La fameuse transparence de la Charte des élus.
Éric MEHLHORN à la base du problème savinien
Toute la difficulté vient du fait que le Maire ne semble pas avoir compris la réforme. Dans une récente interview, parue dans le Monde du 30 août, Éric MEHLHON indiquait que les enfants auraient 45 minutes de temps d’activité par jour. Dans les villes où l’on est un peu logique, on groupe ces 45 minutes en 2 fois 1 heure 30 le mardi et le vendredi. Il est vrai qu’il est stupide de vouloir payer des animateurs sur 4 jours au lieu de 2 et on comprend alors pourquoi cela devrait coûter si cher. Ensuite, la vision qu’il développe des temps périscolaires (« coller des gommettes ») prouve sa méconnaissance du sujet.
Pourquoi cette réforme fonctionne à certains endroits ?
83 % des maires socialistes ayant appliqué la réforme en 2013 s’en disaient satisfaits. Un chiffre corroboré par le peu de plaintes sur les forums Internet. Mais alors si cette réforme peut fonctionner, pourquoi échoue-t-elle en certains endroits ? Simplement, parce que les parents et les enseignants ont été convaincus du bien de la réforme. Mais surtout parce que les temps péri-scolaires sont bien découpés et surtout bien occupés.
Animateurs, financements et activités
Certes, tout le monde n’a pas les moyens de la Mairie de Paris et ne peut pas proposer 770 activités différentes sur sa ville. De plus, il faut disposer de lieux de pratique et de personnels d’animation. Mais tous ces problèmes sont résolus lorsque les villes disposent déjà d’infrastructures réfléchies et de personnels employés par les services éducatifs, enfance et jeunesse, sportifs, culturels et associatifs. De plus, le fonds d’amorçage de 50 € par enfant, qu’Éric MEHLHORN a oublié de demander, est presque suffisant dans la plupart des villes, où le coût global se situe à un peu plus de 60 € par enfant. Mais voyez-vous, à Savigny qui comporte 16 millions d’emprunts toxiques, on est incapable d’anticiper 15 € (65-50) * 3600 élèves = 58 000 € de dépenses…
À Savigny, comment s’porte la culture ?
La commune dispose de trop peu d’infrastructures sportives qui ne lui permettent pas de proposer grand chose. Elle manque aussi considérablement de salles. Mais elle possède plus de bâtiments culturels qui sont souvent vides et surtout elle dispose déjà d’un personnel de plus de 900 personnes qui pourraient partiellement se substituer aux animateurs nécessaires à l’encadrement (à hauteur de 20 %). À titre d’exemple, où sont les 53 agents employés du secteur animation et les 118 du secteur culturel de la mairie de Savigny ? (À distinguer de ceux des services du même nom) Quelques uns pourraient déjà se mettre au service de la réforme.
La CALPE se moque de Savigny
En principe, c’est désormais la communauté d’agglomération qui gère désormais le sport et la culture. Jusqu’à présent, ils n’ont rien fait pour la ville. Gageons que le 1er vice-président de la CALPE saura y remédier. Mais là encore pourquoi les enfants de la commune ne peuvent-ils pas profiter des infrastructures des autres villes, ou se joindre à d’autres activités périscolaires proposées dans les villes voisines ? Aujourd’hui, Savigny ne peut plus rien envisager pour le sport et la culture sans l’agglo, sauf qu’elle ne propose rien et attend les projets surgelés de la CALPE.
Qu’attendre des associations ?
Ne pensons pas au Complexe olympique, autrefois deuxième plus riche de France, qui agit essentiellement pour faire du fric. Mais regardons du côté des petites associations avec des bénévoles. Ceux-ci ne demandent qu’à se faire découvrir (et essayer de ramener des adhésions) et à partager leurs passions. Alors plutôt que de distribuer aveuglément les subventions, c’est à ce moment qu’il aurait fallu envisager de donner plus pour profiter des services associatifs auprès des enfants : une publicité valorisante.
Rêvons un peu
Imaginons donc un bénévole de l’épicerie sociale qui montre aux enfants ce que c’est 1 mardi dans l’année. Il prend 10 enfants sur l’heure et demie et en 30 semaines d’écoles a occupé 300 enfants une fois. Inventons des rencontres intergénérationnelles avec 1 heure 30 de visite dans les maisons de retraite de la ville. Organisons 1 heure 30 de marche pédestre sur les bords de l’Orge ou des initiations urbaines à la bonne circulation à vélo…
Une réflexion d’ensemble est aujourd’hui nécessaire pour rattraper notre retard. Elle a été promise en septembre, nous sommes le 2 à la rédaction de cet article. Espérons qu’elle débouche sur des actes constructifs pour la suite. Il en va de l’avenir de nos jeunes…

Laisser un commentaire