C’est ce jeudi 28 août 2014 que sera dévoilée la première carte des métropoles franciliennes. On avait donné au Préfet de région une carte de l’Essonne et on lui avait demandé de regrouper les 17 intercommunalités en 6 ensembles de 200 000 habitants environ. Mais ce suppôt de la mondialisation a décidé d’aller vite et de ne pas regarder que ce redécoupage n’était plus à visage humain. France, ton administration te tuera.
Je veux comparer cette nouvelle carte à celle issue de la Conférence de Berlin de 1885. La cohérence territoriale de certains regroupements est plus que douteuse, pour ne pas dire politicienne, comme l’éclatement des Lacs de l’Essonne qui met la gauche avec la gauche. Quant à l’avis des populations concernés, et de leurs élus, on s’en moque. Les villes n’ont déjà pas la culture des intercommunalités à 100 000 habitants, passons à 300 000 l’année prochaine.
Une volonté de reconnaissance mondiale
Créer un pôle universitaro-scientifique avec Orsay-Saclay-Saint-Quentin est plutôt une bonne idée. Mais pas sous la forme d’une intercommunalité. Créer une zone à la limite de l’Île-de-France urbaine et rurale, avec des territoires disponibles pour des industries et des zones d’activités, pourquoi pas ? Mais pas avec une seule administration pour 500 000 habitants ! À ce propos, que deviennent le Nord et le Sud du département ?
L’intercommunalité Nord-Essonne est un désastre
300 000 habitants sans pôle d’emploi (Rungis, Orly, Évry, Saclay) se retrouvent enfermés entre Paris-Métropole et les intercommunalités Essonne-Seine-et-Marne et Essonne-Yvelines. En fait, ces territoires urbanisés à outrance n’ont plus aucune marge de manœuvre de développement et ne servent à rien. Ce sont les boulets de l’Essonne qu’il fallait caser quelque part et que l’on a regroupé en un tas informe dans un bloc ridiculement petit, comparé à ses voisins qui l’étouffent.
Quelle gouvernance ? Quelles compétences ?
Bon, c’est pas tout ça, mais ça gagne combien le président d’une agglo de 800 000 habitants ? Ben oui, puisque c’est lui qui va devoir gérer à des destinées immenses. (Avec combien d’élus et de vice-présidents ?) Il aura d’énormes responsabilités selon ce que les communes et les agglomérations existantes lui transféreront de compétences. Cela va être amusant vu que chaque agglo du Nord-Essonne possède déjà des compétences différentes. Mais au fait, que va-t-il rester aux communes ? Et puis un seul service technique pour 30 km²… Économies, économies…
Et Savigny ?
Sur ce coup, on ne peut ni accuser Jean MARSAUDON ni Laurence SPICHER-BERNIER de quoi que ce soit. Savigny va se retrouver coupé de Wissous, pourtant membre du nouveau canton, cherchez la cohérence. Mais tout va bien, nous sommes encore avec la CALPE qui n’ira pas avec Orly (donc ne percevra pas de manne financière) et nous devrions nous retrouver avec Georges TRON comme nouveau président. Nous ne savons pas encore quelles compétences nous allons transférer au 1er janvier 2015 de Savigny à la CALPE mais nous nous réjouissons que la CALPE transfère ses compétences à cette métropole. Mais tout de même, quel bordel !
Restons positifs sur cette première carte hypothétique : c’est Sénart-Val-de-Seine qui va payer nos dettes lorsque nous serons unis à eux. Mais enfin, c’est n’importe quoi. Comment les citoyens pourront-ils adhérer s’ils ne comprennent pas la logique inventée de ces découpages ? Il ne serait alors pas étonnant, lorsque viendra le moment d’élire les représentants de cette instance, que l’abstention soit massive et que la population se détourne toujours plus de la politique.

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