Il aura fallu attendre la fin de journée de ce mardi 26 août 2014 pour connaître la composition du nouveau Gouvernement, VALLS II. Une équipe toujours aussi nombreuse, que certains qualifient de « droitière », doit donc appliquer la politique du président. Mais sans renouvellement des cadres et avec des marges de manœuvre toujours aussi faibles, leurs chances de succès restent minces.
Quatre départ pour six nouveaux ministres. La France se dote donc de deux secrétaires d’État supplémentaires, une mesure difficile à saisir en temps de crise. Mais à la lecture de la composition du nouveau Gouvernement, il est frappant de voir que certains n’ont aucune visibilité médiatique donc ne servent à rien. En effet, le travail dans les ministères est accompli par des fonctionnaires dont les ministres sont chargés de rendre compte. Alors un peu plus, un peu moins…
Quel bilan de VALLS I ?
Manuel VALLS n’aura pas trompé grand monde dans son intervention au journal TV de 20 heures du 26 août sur France 2. Son bilan est quasi-nul. Les principaux ministres ont continué les réformes précédemment initiées (Réforme pénale ou Transition énergétique). Certains ont lâché du lest tel HAMON qui a assoupli l’application du décret sur les rythmes scolaires. VALLS a divisé le PS en officialisant le groupe des « Frondeurs » et heurté la France avec la réforme territoriale. (Il aurait d’ailleurs prévu de la vider de sa substance en maintenant la majorité des Conseils généraux, selon Jean-Michel BAYLET.) Les 50 milliards d’économies ne sont pas encore votés. Enfin et surtout, VALLS a baissé les impôts pour les classes populaires, après deux ans d’augmentation massive. En réalité, ce passage, indispensable, de 53 à 48,5 % de contribuables à l’impôt sur le revenu prouve un appauvrissement des Français.
Une équipe née dans la douleur
Beaucoup de noms étaient annoncés ainsi que des ouvertures au centre et à l’extrême-gauche ; il n’en fut rien. Les écologistes (Barbara POMPILI et Jean-VIncent PLACÉ) s’attendaient naïvement à obtenir le Ministère de l’Écologie et de l’Énergie) ; VALLS leur a refusé alors ils ont rompu les négociations. Jean-MIchel BAYLET voulait un ministère régalien. Il n’en a pas eu et a donc refusé d’entrer au Gouvernement. Même motif pour Robert HUE qui voulait un ministère important que VALLS lui a refusé. Les traîtres du centre aux vestes réversibles ont été ignorés tandis que les communistes restaient dans la critique, jusqu’aux prochaines élections où ils réclameront des alliances. Triste constat de voir que ces gens ne veulent pas s’engager au service de la France mais de leurs intérêts propres.
Les deux symboles du nouveau Gouvernement
– Najat VALLAUD-BELKACEM est une provocation adressée aux Français classés à droite ou engagés dans la Manif pour Tous. Le Président espère, par cette nomination, conserver le soutien des Français qui ont lutté en faveur du Mariage pour Tous aux côtés de Pierre BERGÉ et de nombreux artistes. Ses propos sur les contenus éducatifs devraient aussi heurter les parents lorsqu’il s’agira de passer à l’acte avec les ABCD de l’égalité et la théorie du genre, dont elle est partisane et défenseure.
– Emmanuel MACRON est un pied-de-nez aux Français de gauche et un reniement du socialisme. Qui peut croire en effet qu’un banquier puisse être anticapitaliste, ce qui est la condition d’appartenance au PS ? Il devrait au moins rassurer les partenaires internationaux de la France et permettre à la France de frauder allègrement sur les conditions de convergence ou critères de Massatricht (3% de déficit public autorisés chaque année). Mais il coupe plus HOLLANDE de sa base électorale…
Quelles attentes ?
Ce nouveau Gouvernement, possédant une nouvelle orientation sociale-libérale, doit en priorité résoudre les problèmes économiques et financiers du pays. La France doit en priorité réduire son déficit tout en laissant respirer ses contribuables et ses entreprises. L’industrie française doit être relancée par un encouragement de entrepreneuriat. Puis il conviendra de mener les réformes justes et nécessaires, en matière de modernisation du pays. Une tâche qui ne sera pas aisée, avec le basculement certain du Sénat à droite dans un mois.
Dire que tout cela est arrivé à cause du sondage paru dans le JDD ce dimanche 24 août : HOLLANDE y était à 17 % d’opinions favorables et VALLS à 36 % (après avoir été à 45 % fin juillet 2014 et à 60 % en avril 2014). Avec ce remaniement, Manuel VALLS devrait logiquement regagner quelques points (autour de 40 %) avant de probablement rechuter, tant qu’il n’y aura pas de résultats, vers les 22-23 % de Jean-Marc AYRAULT en fin de mission.

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