En référence au livre de Frédéric BEIGBEDER, L’amour dure trois ans, interrogeons nous dans cet éditorial de savoir si l’information dure plus d’une journée. Cette semaine, la réponse fut négative, non pas tant parce que les informations étaient creuses qu’à cause des journalistes qui ne veulent pas lasser le public, donc le sous-estiment. Voici, comme tous les lundis, mon éditorial pour la semaine du lundi 18 au dimanche 24 août 2014.
Les Français se disent de plus en plus dégoûtés par la politique. Cela n’aurait rien d’étonnant au regard du traitement de l’information politique de la semaine : mercredi, cela n’a tourné qu’autour d’Alain JUPPÉ que beaucoup voient comme le futur président de la République. Jeudi, on ne parlait que du livre-brûlot de Cécile DUFLOT, vendredi de la démission de Jean-Luc MÉLENCHON de la co-présidence du Parti de gauche. Et dimanche, des piques de MONTEBOURG et de HAMON contre la politique du Gouvernement VALLS… Mais où est le travail journalistique d’analyse ? Qui rappellera que JUPPÉ a mis la France en grève en 1995 ? Que DUFLOT ne fait que se venger de ne plus être ministre ? Que le PC court à sa disparition sans MÉLENCHON ? Que MONTEBOURG, la grande gueule, devrait commencer par démissionner pour arrêter de faire le contraire de ce qu’il dit et que HAMON renonce aux rythmes scolaires avant de dire que le Gouvernement fait mal ?
On retrouve la même inconstance médiatique dans le traitement de l’actualité internationale, à commencer par celle de l’efficacité du sérum-vaccin qui a permis la guérison de plusieurs personnes contaminées par le virus Ébola. Sa mise en service a été précipitée. Il est impossible d’en connaître d’éventuels effets secondaires. Mais il guérit ! Or, on l’a appris jeudi en fin d’après-midi et on n’en parle déjà plus depuis vendredi matin. Nous avons pourtant affaire, avec Ébola, à une des plus grandes catastrophes sanitaires de cette dernière décennie, qui devrait pouvoir se résoudre dans les prochaines années, en attendant la prochaine grande épidémie d’ici 10 ans.
Par contre, il y a des informations dont les journalistes se moque éperdument comme la destruction enfin terminée des armes chimiques syriennes non-conventionnelles. Ce qui n’empêche Bachar AL-ASSAD de continuer à bombarder les rebelles avec des armes plus perverses et plus destructrices mais cette fois conventionnelles. Et de soutenir l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui le débarrasse des rebelles dans l’Est du pays. C’est vrai qu’il est tranquille maintenant que la communauté internationale est en guerre avec le prétendu califat… Et qu’elle ne peut plus se taire depuis l’assassinat du journaliste James FOLEY par l’EIIL. Mais ce meurtre est d’abord la conséquence du refus des États-Uniens à payer des rançons pour leurs otages donc à financer le terrorisme. Un principe dont la France pourrait s’inspirer, puisque même en payant systématiquement, nos otages sont quand même parfois exécutés…
Bonne reprise à tous et bon courage dans la préparation de la rentrée.
Retrouvez ici mon précédent édito ou dans la catégorie Éditorial.

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