Il y a un an jour pour jour, le samedi 10 août 2013, je procédais à mon premier rasage. Un acte symbolique marquant mon entrée dans la vie publique (en politique). Mais aussi la fin d’une attente incomprise par nos contemporains qui voient le poil comme animal et sale. Conséquence de la pornocratisation de notre société hyper-sexualisée.
Ce 10 août 2013, je devais rencontrer Bernard MANTIENNE, ancien Maire de Verrières-le-Buisson (Essonne) pour évoquer ma candidature aux élections municipales de Savigny. L’occasion me semblait bonne pour faire le pas symbolique de quitter une sorte d’enfance pour un monde plus adulte. Tel nos ancêtres civilisationnels Grecs et Romains.
Le rasage comme acte initiatique
Sociologiquement, le rasage en dit beaucoup sur un peuple. Certaines civilisations asiatiques ont d’ailleurs parfois été complexées par leur absence de poils et ont inventé des rites similaires à cette épilation. Les jeunes Grecs (aisés) se rasaient en signe d’acquisition de la citoyenneté. Les jeunes Romains (aisés) à 17 ans lors de l’acquisition de la majorité ou avant en cas d’achat d’un bien ou d’un titre, en signe de respectabilité.
Le rasage comme acte de notabilité
Le rasage a toujours été pratiqué y compris du temps des hommes préhistoriques. Le perfectionnement des outils au XVIIIème siècle et leur généralisation au XIXème a permis un rasage net qui est devenu la norme. Les réactions des années 1960 (hippies, hipsters et autres beatniks) ont installé un contre-modèle pileux, qui est depuis associé à la marge, bien que la barbe de trois jours soit une nouvelle mode venue d’ailleurs. On conseille par exemple de se raser pour aller à un entretien d’embauche ou rencontrer un officiel.
Le rasage aux épreuves des codes
La mode pileuse occidentale s’est modifiée récemment avec la banalisation de l’homosexualité et l’immigration de masse qui ont revu nos manières de penser nos poils. Certaines communautés homosexuelles portaient haut et fier leurs pelages soigneusement entretenus comme signe de reconnaissance communautaire. Par ailleurs, tant juifs que musulmans s’épilent intégralement le corps par tradition ; le port de la barbe ou des papillotes relevant de lois religieuses (respectivement la sunna et les mitsvot).
Le rasage, marqueur de sexualité
De nos jours, la chasse aux poils est de mise et l’épilation intégrale de plus en plus choisie en instituts. En cause, la banalisation de la pornographie notamment à cause des films « pubis rasé » tant pour l’homme que pour la femme. Important pour les sensations ! Pourtant, le poil est par nature érotique puisque le freudisme nous dit que les poils sous les aisselles créent le fantasme autour des poils pubiens. Le porno a tué l’érotisme !
Finir sur mon histoire
Quelle galère de mon côté pour trouver un blaireau en poil de blaireau, du vrai savon à barbe et pas une mousse à raser obscure. Et surtout un vrai coupe-chou, qu’on a refusé de me vendre plusieurs fois et pour lequel j’ai dû mentir, prétextant qu’il n’était pas pour moi, afin de l’obtenir. Et comme j’ai une chance énorme, il fallait qu’une coupure de courant interrompe ce moment solennel qui s’est bien terminé puisque je ne me suis coupé qu’une fois à mon deuxième rasage pour les obsèques de feu Jean-Claude CAILLEAU. Quant à l’apprentissage du maniement de l’appareil, autodidactisme quand tu nous tiens !
Conclusion en trois temps
1. Me raser me permet aussi de ne pas voir que je suis bizarrement foutu avec des cheveux bruns qui ont foncé toute ma jeunesse, une moustache aux reflets blonds et une barbe aux reflets roux.
2. Me raser me permet de penser aux élections auxquelles je me présenterai et aux idées que je pourrais mettre en oeuvre si j’étais élu.
3. Me raser me permet de déplorer la sexualisation de la société, malsaine puisqu’elle ramène tout aux enfants qui n’ont pas de poils (danger pédophilie). Mais surtout la négation de notre animalité constituante de notre humanité : on chasse les poils par le rasage, on chasse les odeurs par le déodorant, on chasse le naturel… Attention au retour au galop !

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